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Démoustication : les épandages d'insecticide déséquilibrent les écosystèmes

Le Bti est le seul insecticide utilisé lors des épandages aériens en milieu naturel, considéré comme très sélectif et inoffensif pour le reste de la biodiversité. Or, des études ont prouvé le contraire. Reportage dans l'empire des moustiques, en Camargue.

Reportage vidéo  |  Biodiversité  |    |  Baptiste ClarkeActu-Environnement.com
Démoustication : les épandages d'insecticide déséquilibrent les écosystèmes

Le Bti (Bacillus thuringiensis israelensis), un bio-insecticide, a commencé à être utilisé en 2006 par l'Entente interdépartementale pour la démoustication (EID) en Camargue. En parallèle, un suivi scientifique a été mené pour évaluer les impacts de ce produit sur la biodiversité. Un suivi par plusieurs équipes de recherche et piloté par la Tour du Valat, centre de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes.

Résultats des études

Des résultats sans appel selon Jean Jalbert, directeur général de la Tour du Valat : "Les moustiques sont ciblés, certes, mais aussi un petit cousin du moustique qui n'est pas piqueur. Ces chironomes étant affectés, leurs prédateurs et ensuite toute la chaine alimentaire l'est également : araignées, libellules, oiseaux…"

Mais le pire reste à venir. Selon la Tour de Valat, le Bti se multiplie. Bactérie à l'origine, elle est normalement inerte lorsqu'elle est mise dans le milieu naturel. Mais ses spores, formes de résistance, semblent se développer et multiplier cette bactérie une fois dans le sédiment. L'impact du Bti sur le moustique une fois qu'il est dans le sédiment est nul. En revanche, si ce Bti se multiplie, son impact sur les chironomes risque d'être encore plus important et rémanent dans le temps.

Aujourd'hui, les études menées depuis 2006 montrent que dans certains milieux traités au Bti, l'abondance des chironomes baisse de 30% à 80% comparativement au même milieu non traité. "On s'est aperçu que les libellules diminuaient de moitié… Pour les hirondelles, la nourriture accessible pour les jeunes est de moins bonne qualité parce que les chironomes ne sont pas là. Ils sont nourris avec d'autres espèces moins nutritives. Conséquence, leur mortalité augmente d'un tiers", détaille Jean Jalbert.

Moustique tigre et milieu naturel

La démoustication des zones naturelles a pour objectif de limiter la nuisance des moustiques qui peuvent parcourir des dizaines de kilomètres pour atteindre les centres urbains, des nuisances pour les habitants et aussi pour les touristes.

Toutefois, il ne s'agit pas vraiment de santé publique. Le moustique tigre, vecteur du Chikungunya, de la dengue ou encore du virus Zika, ne se développe pas dans ces zones humides. Il prolifère en milieu urbain, principalement dans les jardins, c'est pourquoi leur éradication est particulièrement difficile.

L'expérimentation du Sambuc

Partant du constat que le moustique tigre ne se développe pas dans les zones humides, pourquoi alors ne pas laisser vivre les autres moustiques dans leur milieu naturel et protéger les habitants particulièrement exposés en créant une ceinture invisible autour des centres urbains qui pourrait piéger ces moustiques.

Des machines émettent du CO2 comme les humains pour attirer les moustiques et grâce à un aspirateur, les piègent une bonne fois pour toute ! Moustiques des marais et aussi moustiques tigre, la machine ne fait pas la différence…

Emission de CO2 ? Pas terrible pour la planète tout ça… sauf si le CO2 émis a été capté ailleurs. Du CO2 recyclé selon Simon Lillamant, co-inventeur de la borne anti-moustique de la société Techno Bam. "Le CO2 est capté au niveau des serres de fermentation de blé et il est mis en bouteille". Du coup, pas de surplus de CO2 dans l'atmosphère…

L'expérimentation suit son cours pour la deuxième année mais déjà les résultats de la première année sont très concluants. (voir le reportage vidéo)

Réactions2 réactions à cet article

 

C'est intéressant de voir qu'on est en train de revenir des bio-insecticides qui semblaient, sur le papier, être des solutions bien plus vertueuses que la chimie traditionnelle (qui est certainement pire, on est d'accord). Mais encore une fois on a joué aux apprentis sorciers, avant de se rendre compte de conséquences inattendues et comme toujours avec Dame Nature, multiples !...
De plus en voyant un avion épandre des produits insecticides au dessus de zones protégées, on a quand même l'impression un peu dérangeante d'être dans un autre siècle ou un autre continent, non ?
Quant aux boites à moustique à 3000 euros plus la maintenance et le vidage des poches, ça ne semble pas encore être la panacée non plus...

Philippe | 25 juillet 2016 à 13h01
 
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Nous à la seyne sur mer, c'est pas du Bti qu'ils ont répandu, on a eu des nuages d'abeilles en train de crever sur les trottoirs au printemps, il y avait même des frelons dedans... Par contre les moustiques on en a toujours autant.

Asalia | 26 juillet 2016 à 11h26
 
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