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Le diesel domine encore le parc automobile des entreprises

Le parc des véhicules d'entreprise reste massivement diésélisé, constate le ministère de la Transition écologique. Une situation qui impacte l'ensemble du parc automobile, les entreprises revendant rapidement leurs voitures aux particuliers.

Transport  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Un rapport du Commissariat général au développement durable (CGDD) du ministère de la Transition écologique passe en revue le parc des voitures détenues par les personnes morales publiques et privées. Celui-ci représente un enjeu de taille pour progresser dans l'atteinte des objectifs environnementaux français. En effet, alors qu'elles ne représentent que 11 % du parc français, "les flottes des personnes morales ont généré, en 2017, plus de la moitié des immatriculations annuelles de véhicules particuliers neufs", relève le CGDD. Or, les personnes morales revendant rapidement leurs voitures aux particuliers. Une augmentation des ventes de voitures propres pourrait donc accélérer la diffusion des nouvelles technologies à l'ensemble du parc automobile.

Alors que le parc des voitures des particuliers est bien connu, peu d'information sont disponibles sur celui des entreprises et administrations. Pour y remédier les services du ministère de la Transition écologique ont donc mené une enquête auprès de 240 entités représentatives. L'objectif est de connaître les pratiques d'acquisition et les usages des entreprises, "en vue d'adapter les politiques publiques pour favoriser une diffusion plus rapide des véhicules propres", explique le rapport publié en août 2019.

79 % de voitures diesel

L'enquête montre que les véhicules des personnes morales sont récents, avec un âge moyen de 3,8 ans, et sont conservés en moyenne 4,8 années. Ils parcourent en moyenne 26.000 km par an. Mais leur utilisation varie beaucoup selon les motorisations (35.600 km pour une voiture diesel, 8.700 km pour une essence et 20.700 km pour une électrique) et les milieux d'utilisation (le kilométrage journalier maximum est de 115 km en milieu urbain, 200 km en milieu péri-urbain et 165 km en milieu rural).

Le CGDD constate que le parc des personnes morales est diésélisé à 79 % (contre 69,6 % pour l'ensemble des voitures circulant en France). Quant aux motorisations alternatives, "elle ne représentent que 4 % du parc (3 % de véhicules électriques et 1 % de véhicules hybrides essence), ce qui n'est pas significatif vu la taille de l'échantillon". Pour autant, le CGDD retient quelques enseignements. Tout d'abord, les motorisations alternatives sont présentes dans les secteurs de l'administration (4,5 % de voitures électriques) et des services (5,3 %). Ces motorisations sont absentes des structures moyennes et plus présentes dans les petites et grandes structures : les structures de 0 à 2 salariés et celles de plus de 50 salariés détiennent respectivement 6,6 % et 6,2 % de motorisations alternatives. Enfin, elles sont privilégiées en zone urbaine (11% en zone urbaine contre 0 et 1% en zone rurale et péri-urbaine), tout comme les véhicules essence (28 %).

Les mesures réglementaires suivies de près

Sans surprise, le CGDD explique ces chiffres par des critères de choix des véhicules qui restent centrés sur le coût (le coût d'achat reste le premier critère, suivi de la consommation) et les besoins liés aux métiers. "Dans les grands parcs, l'aspect environnemental est davantage perçu, mais souvent en lien avec la fiscalité, notamment avec l'impact du CO2 sur les montants de taxe sur les véhicules de société (TVS)", note l'étude. Quant à la motivation strictement environnementale, elle reste quasi absente : 8 % des gestionnaires prennent en compte les émissions de CO2 (en tant que telles, en dehors de leur implication fiscale) et seulement 4 % d'entre eux regardent les émissions polluantes (4 %).

Comment développer l'usage de motorisations alternatives dans les parcs de voitures d'entreprise ? Les mesures plébiscitées par les gestionnaires de flotte sont les aides financières à l'achat et le développement de bornes de recharge. Mais l'étude met aussi en avant la sensibilité des gestionnaires aux mesures règlementaires. C'est particulièrement vrai concernant les restrictions de circulation : "Je compose aujourd'hui la flotte qui va rouler encore jusqu'en 2021, le diesel sera limité dans les grandes villes. Je me positionne en avance pour éviter d'avoir un parc obsolète quand la règlementation tombera et pour pouvoir continuer à travailler dans les grandes métropoles", explique un gestionnaire de flotte.

Réactions2 réactions à cet article

 

On finit en général par récolter ce que l'on sème : cette diésélisation à outrance du parc automobile est le fruit logique de décennies de mesures fiscales très avantageuses des gouvernements successifs en la faveur quasi exclusive de ce carburant. Et pour le greenwashing, les communicants de Berçy usent et abusent depuis 20 ans de l'unique argument des émissions de CO2, mettant sous le tapis tous les autres "petits" défauts de la combustion du gaz-oil... Mais Berçy ayant toujours raison en ce bas monde, à nos poumons de s'adapter à la logique comptable et tant pis de toute évidence pour celles et ceux pour qui c'est fatal.
Tandis que le GPL, carburant certes d'origine fossile mais qui cumule les avantages de l'essence et du Diesel sans en avoir trop les inconvénients, est en passe de disparaître.
Attention au petites crises néanmoins : je me souviens de ces blocages de dépôts de carburants gaz-oil et essence par la FNSEA en septembre 2001 qui, au bout de 3 semaines d'épuisement des stocks de ces carburants, me laissaient rouler quasiment seul sur la route avec ma petite auto au GPL, les grévistes ne sachant sans doute même pas ce qu'était ce carburant et n'empêchaient ainsi pas le réapprovisionnement des pompes ! Probablement la seule et unique fois où la FNSEA m'a laissé une bonne impression !!!

Pégase | 22 août 2019 à 10h03
 
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Il faut se déciller : ce haro sur le diesel vient d'abord des pétroliers, qui n'ont plus assez de capacités de raffinage. Le problème n'est pas le diesel, il est l'explosion des transports et la mise sur le marché de bagnoles de plus en plus grosses et puissantes, absolument non contrôlée. Et ce n'est pas les dispositifs genre Crit'air qui vont corriger le problème. Exemple. Ma C3 diesel de 1200 kg fait moins de 5 litres aux 100 km. Un gros SUV récent de 2500 kg fait au moins 8 litres, et plus de 15 en ville. Ma C3 a une vignette 3, elle est bloquée au garage en période de canicule, le SUV a une vignette 2 voire 1 et parade sur le périph'. C'est absolument aberrant, mais c'est évidemment le résultat des pressions conjointes des pétroliers et des constructeurs auto... La vertitude des élus n'a rien à voir là-dedans.

dmg | 27 août 2019 à 23h01
 
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