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Eco-innovation : un engagement nécessaire pour conserver la compétitivité économique

La raréfaction des matières premières et la hausse des prix incitent les entreprises à se tourner vers l'éco-innovation, selon l'Eurobaromètre. L'OCDE de son côté analyse les soutiens publics, nécessaires pour impulser un véritable changement.

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Eco-innovation : un engagement nécessaire pour conserver la compétitivité économique
   

75 % des entreprises européennes ont été confrontées à une hausse du coût des matières au cours des cinq dernières années et 90 % d'entre elles s'attendent à des augmentations de prix dans le futur, révèle l'enquête Eurobaromètre sur l'éco-innovation, publiée le 22 mars. Près d'un quart des entrepreneurs européens interrogés (petites et moyennes entreprises) ont déclaré que les coûts des matières constituaient 50 % ou plus des coûts totaux supportés par leur entreprise. Les secteurs les plus concernés seraient l'agriculture, la restauration, la construction et la manufacture. La raréfaction des matières premières et la hausse des prix constituent donc pour eux un moteur de changement et une incitation à se lancer dans l'éco-innovation afin d'être davantage économes en ressources. Cependant, ''nombre d'entreprises ne sont toujours pas tout à fait conscientes des effets potentiels que peut avoir la raréfaction des ressources naturelles sur leurs activités futures''. Des leviers politiques et réglementaires sont donc nécessaires pour impulser une véritable dynamique. L'OCDE (Organisation de cooperation et de développement économiques) vient d'ailleurs de publier un rapport afin de comparer les différentes stratégies de soutien public à l'éco-innovation et leur efficacité.

''Passer de l'évolution à la révolution''

Plus de la moitié des PME interrogées auraient introduit, au cours de ces cinq dernières années, des technologies destinées à améliorer l'efficacité des matières. Les secteurs de l'agriculture, de l'eau et de la manufacture ont davantage mis en oeuvre des éco-innovations liées aux processus de production tandis que dans le secteur de la construction, les investissements portent sur des produits ou services plus vertueux. Les entreprises de la restauration innovent quant à elles plutôt dans leurs pratiques organisationnelles.

Parmi les PME ayant introduit une éco-innovation au cours des deux dernières années, 40 % déclarent que ces changements ont permis de réduire l'utilisation de matières jusqu'à 20 % par unité produite. ''Nous assistons aujourd'hui à ce qui est certainement un changement dans la bonne direction, mais en matière de ressources, notre attitude doit passer de l'évolution à la révolution'', estime Janez Potočnik, membre de la Commission en charge de l'environnement.

Plusieurs obstacles empêchent encore les entreprises d'investir dans l'éco-innovation, indique l'enquête. Le principal frein est d'ordre financier.De ce fait, ''les autorités publiques peuvent jouer un rôle crucial pour aider les PME à surmonter ces obstacles et à adopter l'éco-innovation.La Commission encourage la mise en œuvre de l'éco-innovation par les entreprises au moyen de divers instruments, parmi lesquels l'instrument financier''.  Elle devrait d'ailleurs présenter d'ici l'été un plan d'action concernant l'éco-innovation.

L'OCDE, qui analyse dans une étude les différents soutiens publics à l'éco-innovation, dresse le même constat : ''les mécanismes de marché ne fourniront pas, à eux seuls, la quantité appropriée d'éco-innovation au bon moment, car il y a un risque que les inventeurs ne touchent pas les dividendes de leurs innovations et que les marchés ne valorisent pas correctement les bénéfices environnementaux d'une innovation. Par conséquent, les pouvoirs publics doivent intervenir''.

Quelle politique de soutien ?

L'étude de l'OCDE analyse les différents mécanismes mis en place dans le monde. Subventions à la R&D, étiquetage énergétique des appareils, réglementations et pénalités pour les produits les moins vertueux font partie des solutions mises en œuvre.

L'organisation met en lumière plusieurs difficultés dans la mise en œuvre de stratégies nationales de soutien à l'éco-innovation. Cette politique doit être transversale : elle nécessite une coordination entre les différents ministères concernés (recherche, industrie, économie, transport, énergie…) et les différents niveaux de pouvoirs publics. La stratégie doit prendre en compte la taille du marché national pour les biens et services environnementaux, la capacité du pays en matière d'innovation et la vitalité du capital risque du pays.

Autre difficulté : la détermination des trajectoires technologiques. ''Il est aussi important d'adapter des technologies mûres aux besoins du marché que de produire de nouveaux savoirs. L'innovation technique et l'innovation non technique sont également importantes''. Sans oublier ''les innovations nées en dehors du champ de l'environnement [qui] offrent de larges perspectives''.

Se pose ensuite le choix des trajectoires technologiques soutenues : soit l'effort public est concentré sur une trajectoire particulière (une technologie) au détriment de trajectoires alternatives, soit l'effort est fragmenté ce qui risque de retarder la diffusion des meilleures technologies. L'étude ne tranche pas et souligne ''la nécessité de coordonner les politiques de soutien à l'éco-innovation de multiples façons''.

Mais certaines technologies sont longues à émerger (voitures électriques par exemple) et les besoins et problématiques de la société peuvent évoluer. Cette incertitude complexifie les choix politiques.

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