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Les filières énergétiques clés d'ici 2015 selon le ministère de l'Economie

Le ministère de l'Economie a analysé 85 technologies stratégiques pour 2015. Dans le secteur de l'énergie, les 17 filières identifiées concernent les ENR mais aussi le nucléaire et les énergies fossiles, dont les gaz non conventionnels.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Les filières énergétiques clés d'ici 2015 selon le ministère de l'Economie
   

En marge de l'actualité sur le nucléaire, le ministère de l'Economie a publié la quatrième édition de son étude sur les technologies clés. Il s'agit d'une analyse stratégique et prospective des technologies ''les plus prometteuses et créatrices de valeur et d'emplois'', qui contribueront ''au développement économique de la France sur un horizon à moyen terme de cinq à dix ans''. 17 technologies clés sont identifiées dans le domaine de l'énergie pour un développement à l'horizon 2015. Parmi elles, des énergies renouvelables mais aussi fossiles et nucléaires.

 
Les financements publics de la R&D selon les filières La filière nucléaire (fission, fusion et gestion des déchets) constituait en 2008 près de la moitié des financements R&D publics, contre 15 % pour les énergies fossiles, 14 % pour l'efficacité énergétique, 10 % pour les énergies renouvelables (prioritairement solaire et biomasse), 6 % pour l'hydrogène et les piles à combustible.
 
''La France possède un savoir-faire indéniable dans le domaine du nucléaire et des hydrocarbures. S'agissant des « nouvelles » filières, qui ont connu entre 1986 et 2000 une période de relative mise en sommeil, l'enjeu est d'être en mesure de se positionner rapidement, du moins dans le cas des filières n'ayant pas encore atteint un degré de maturité technologique suffisant et pour lesquelles, du point de vue des acteurs, le paysage international n'est pas encore très structuré'', note l'étude. Ces filières émergentes sont le captage et le stockage de CO2, les énergies marines, mais aussi le solaire photovoltaïque de nouvelle génération. ''Enfin, dans des filières telles que l'éolien ou les piles à combustibles, on peut penser que la France pourra se positionner parmi les outsiders''.

Les énergies renouvelables prometteuses

Si le potentiel hydroélectrique des pays développés est largement exploité et offre une marge de manoeuvre limitée, le potentiel énergétique des mers est significatif, note l'étude, notamment en France. Parmi les énergies marines clés, est identifiée la filière des hydroliennes qui pourrait atteindre une maturité suffisante à court-moyen terme, avec un inconvénient : elle porte sur des puissances faibles. Les technologies de conversion de l'énergie thermique des mers ou de l'énergie de la houle pourraient de leur côté s'inscrire dans une perspective à moyen-long terme. ''Il est nécessaire de maintenir un effort de R&D régulier sur une longue durée (horizon 2020), incluant la mise au point de démonstrateurs. Les investissements doivent être prévus en fonction de la capacité à industrialiser des acteurs privés'', note l'étude.

La valorisation de la biomasse, déjà significative en France, pourrait emprunter d'autres voies que la combustion pour la production de chaleur. Méthanisation et agrocarburants de deuxième et troisième génération (respectivement à partir de ressources lignocellulosiques et de microalgues, à vocation non alimentaires) sont particulièrement envisagées. Avec quelques freins. Pour les agrocarburants, si la France maîtrise certaines étapes clés des procédés et affiche un potentiel de ressources exploitables, elle est marquée par un lancement tardif de projets pilotes de démonstration par rapport à ses voisins européens et aux Etats-Unis et un faible degré de structuration des filières d'approvisionnement.

L'énergie éolienne terrestre, tout en aillant atteint une certaine maturité, doit connaître des améliorations techniques incrémentales afin de mieux maîtriser son caractère intermittent. De nombreux obstacles techniques doivent encore être levés pour le développement de l'éolien offshore, plus récent. L'étude identifie plusieurs atouts pour la France : un gisement éolien offshore significatif et la présence de grands groupes dans les activités prépondérantes de la filière (construction des fondations, raccordements au réseau électrique, installation, exploitation et maintenance) et une grande faiblesse : celle de la filière éolienne en général face à une concurrence étrangère importante.

Si le solaire thermique et photovoltaïque a atteint une certaine maturité, l'étude estime que le développement de cellules photovoltaïques à partir de matériaux organiques et du solaire thermodynamique constituent des voies d'avenir.

En matière de géothermie, ''la France possède un cumul d'expérience significatif dans le domaine de la géothermie, [mais] elle n'a pas su valoriser de façon notable ses compétences à l'international. Certaines d'entre elles, comme le développement de réseaux de chaleur couplés à la géothermie, ou la production d'électricité dans les zones insulaires volcaniques, pourraient toutefois permettre à la France de se positionner parmi les leaders mondiaux''.

Enfin, afin de s'adapter au développement des énergies renouvelables, les modalités de gestion des réseaux électriques et les infrastructures de réseaux sont appelées à évoluer: systèmes de pilotage intelligents, moyens de stockage de l'électricité…

Energies fossiles : gisements difficilement accessibles et captage/stockage de CO2

Les énergies fossiles font également partie des filières stratégiques selon cette étude. Les technologies identifiées comme prometteuses sont de deux ordres : soit elles permettent de ''repousser la date du pic de production'' pétrolier, via l'amélioration du taux de récupération dans les gisements déjà exploités, la production en offshore très profond et l'exploitation des réserves d'huiles extra-lourdes ou de ressources non conventionnelles, soit elles permettent d'optimiser la qualité des produits pétroliers. ''Le gaz et le pétrole représentent 60 % de l'énergie primaire. L'exploitation des ressources non conventionnelles est devenue un enjeu majeur, mais leur impact environnemental risque d'être très important'', note l'étude.

Celle-ci se penche également sur les technologies qui permettent de capter et de stocker les émissions de CO2 issues de la combustion des combustibles fossiles des centrales. Dans ces domaines, ''les compétences françaises (…) sont avérées, alors que, paradoxalement, les perspectives de mise en oeuvre sur le territoire national sont passablement limitées. (…) Il s'agirait donc d'un « marché potentiel à l'export », avec des acteurs majeurs tels qu'Alstom ou Air Liquide, en remarquant toutefois que les principaux marchés géographiques visés à court terme (États-Unis, Chine) seront fortement concurrentiels et parfois protégés''.

Nucléaire : entretien et déconstruction de l'existant mais aussi technologies de demain

''En France le premier enjeu [du nucléaire] est l'indépendance énergétique et la contribution majeure à la réduction du déficit de la balance commerciale ainsi que la fourniture d'énergie à un prix modéré''. Le nucléaire est également ''une option possible dans la lutte contre le changement climatique'' et pour répondre ''aux besoins croissants en électricité dans le monde''. Deux types de développement sont identifiés dans l'étude : l'entretien et de la prolongation du parc actuel et les nouvelles générations (III et IV) susceptibles de prendre le relais à long terme.

Piles à combustibles et hydrogène

Les piles à combustibles peuvent également constituer une technologie clé mais ''il est délicat de prédire quelle sera à l'avenir la taille du marché des piles à combustible, tant les estimations passées se sont révélées hasardeuses''. Plusieurs applications sont déclinables : les stationnaires (installations de production décentralisée, de quelques centaines de kW utilisées dans le tertiaire et unités de petite puissance), les embarquées (transport, appareils électriques portables) et enfin le stockage tampon de l'hydrogène. Un bémol : la filière française est émergente alors que les principaux acteurs internationaux (Etats-Unis et Canada) ont vingt ans d'expérience.

Enfin, l'hydrogène pourrait ''être amené à jouer un rôle significatif dans le domaine des énergies décarbonées si une infrastructure adéquate est déployée à grande échelle, s'apparentant à une véritable transition énergétique vers une « économie de l'hydrogène » et s'inscrivant nécessairement dans le long terme. Alternativement, les applications de l'hydrogène en tant que vecteur énergétique pourraient rester cantonnées à des applications de niche''. À condition de lever les verrous technologiques et d'abaisser les coûts de production de l'hydrogène.

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Pour précision, si l'étude a bien été commandité par la DGCIS, elle a été menée par un consortium de cabinets conseils piloté par Erdyn Consultants (qui avait déjà joué ce rôle pour la version précédente "Technologies Clés 2010"). Notre cabinet a également pris en charge de manière spécifique la rédaction de certains chapîtres, en particulier ceux relatifs à l'énergie et à l'environnement.

ERDYN | 21 mars 2011 à 10h24
 
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Quelques rappels :
- le récent coup d'arrêt au photovoltaïque. Rappelons cependant que du point de vue industriel, le poids de la France dans le photovoltaïque est inexistant
- les barrières au développement de l'éolien. Rappelons l'absence d'entreprise française dans la production d'éoliennes de forte puissance
- le coup d'arrêt au financement des petites installations bois-énergie (l'ADEME ne finance plus ces installations) : on privilégie les projets pharaoniques avec des consommations démesurées et des rendements calamiteux, opérés par les filiales de Suez, Véolia et EDF...

À côté de ça, on nous parle de filières où la France est totalement absente (solaire thermodynamique), on fait l'amalgame entre géothermie et pompes à chaleur, on oublie le solaire thermique... On tente de nous faire croire que l'avenir (2015) est à l'hydrogène, à l'inutile stockage de CO2.

Le document rédigé par Erdyn est avant tout une compilation d'articles de lobbyistes des grands groupes, qui n'a pas d'autre intérêt stratégique que de dire "finançons ces grands groupes qui sont garants de notre futur énergétique". On a donc l'assurance que l'argent sera bien utilisé pour la recherche et le développement de filières pas toujours judicieuses - mais aussi pour rémunérer les actionnaires et favoriser les concentrations.

Merci EDF, Suez, Véolia, Aréva et Total.

La France est incapable d'imaginer un autre modèle de développement industriel que celui reposant sur de grands groupes existants.

brazz | 22 mars 2011 à 15h38
 
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