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Energie hydrolienne : les conditions du raccordement au réseau

Dans son étude prospective sur l'accueil de la production hydrolienne, RTE pointe du doigt les contraintes techniques et les schémas financiers à définir.

Energie  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
 Energie hydrolienne : les conditions du raccordement au réseau

Un renforcement nécessaire de la capacité du réseau terrestre, des zones de raccordement restreintes et un besoin de techniques spécifiques de pose et protection des câbles : RTE vient de publier son étude prospective sur l'accueil de la production hydrolienne.

Le précédent gouvernement, pour préparer le lancement d'un appel d'offres commercial du type de l'éolien offshore, avait en effet demandé à RTE d'expliciter les conditions de raccordement des champs d'hydroliennes au réseau électrique. Une consultation en ligne a également été initiée pour identifier des solutions techniques et schémas financiers à mettre en oeuvre.

Une première expérimentation est aujourd'hui en cours en France au large de Paimpol et de l'île de Bréhat (Côtes d'Armor). Le parc sera constitué de quatre hydroliennes de 16 mètres de haut, de 850 tonnes et de 0,5 mégawatt de puissance.

Selon une étude de l'Ifremer, le potentiel techniquement exploitable est estimé à 450 TWh/an au niveau mondial et entre 15 et 35 TWh/an à l'échelle de l'Europe. En France, le potentiel serait compris entre 5 et 14 TWh/an, selon EDF.

Un des premiers constats qui émergent de l'étude de RTE est la rareté des zones propices à l'amarrage des câbles de raccordement au réseau. Ces dernières se situent également dans des zones qui présentent une sensibilité environnementale. "La contrainte écologique et paysagère est particulièrement forte dans la pointe du Cotentin dont la quasi-totalité de la côte est classée en espace remarquable au sens de la loi du littoral. En outre, la zone du Fromveur est un espace important pour la reproduction de mammifères marins", pointe dans le document RTE. La filiale d'EDF préconise de lever l'insécurité juridique autour de la traversée des espaces remarquables en précisant le cadre législatif et réglementaire. Selon elle, cela encouragerait des solutions "à coût économique et environnemental réduit pour la collectivité".

Dans la proposition de la loi Brottes, l'article 12 ter prévoit que pourront être autorisés de manière exceptionnelle les dispositifs souterrains de raccordement des énergies marines renouvelables "de moindre impact environnemental" dans les espaces remarquables du littoral.

Autre difficulté : la pose et protection des câbles impliquent des techniques spécifiques liées aux conditions en mer et de forts courants marins. Le Raz Blanchard est ainsi le troisième courant de renverse le plus fort du monde.

Renforcement du réseau nécessaire au-delà de 2,5GW

Pour RTE, le renforcement du réseau s'avère indispensable au-delà de 2,5 GW de production hydrolienne. Il faudrait alors notamment créer une nouvelle liaison aérienne 400kV entre la Basse-Normandie et l'ouest de la couronne parisienne. "Dans la zone du Cotentin, le projet d'interconnexion France-Alderney-Grande-Bretagne (FAB) peut également influer sur l'apparition des contraintes : à la baisse, en situation d'exportation vers la Grande Bretagne, et à la hausse en situation d'importation", précise RTE dans son étude.

A partir de 1,5 GW, pour garantir la sécurité du système électrique, des mesures comme une limitation préventive de la production pourraient être nécessaires de manière exceptionnelle.

En dessous, RTE estime que seules des adaptations légères du réseau du Cotentin seraient nécessaires.

Toutefois, sur le Raz Blanchard, RTE aurait enregistré des demandes de raccordement qui saturent les capacités disponibles. " Si cette file d'attente n'évolue pas, des travaux significatifs sur le réseau de transport seront nécessaires, y compris pour accueillir des fermes expérimentales de faible puissance", souligne t-elle dans son rapport.

Une construction en deux temps

Dans une première phase, l'entreprise envisage que des parcs expérimentaux ou pré-commerciaux pourraient ainsi être raccordés par des câbles sous-marins à moyenne tension (HTA) jusqu'à un poste de transformation à terre. Ce dernier serait ensuite lui-même raccordé au réseau public de transport. Les délais de raccordement seraient conditionnés par le temps de réalisation des ouvrages HTA.

Dans un second temps, les parcs commerciaux de forte puissance pourront être raccordés sur un poste de transformation (raccordé au réseau public de transport via des câbles sous-marins alternatifs à 225 kV) situé sur une plate-forme en mer. " Il paraît peu envisageable de raccorder individuellement les fermes sur un poste terrestre compte tenu du nombre important de câbles HTA qu'il faudrait réaliser et du nombre des points d'atterrage associés", explique RTE. Selon l'entreprise, en l'état actuel des technologies, des câbles sous-marins de 225kV seraient installés entre les plates-formes et le poste de livraison à terre. La taille optimale de chaque ferme correspondrait à la capacité du câble de 250 MW.

Au-delà de 1,5 GW, le recours à des câbles en courant continu et à l'installation de stations de conversion en mer du courant alternatif à continu pourrait être envisagé.

Les délais de raccordement s'étaleraient dans cette seconde période de 6 à 7 ans selon RTE (4 à 5 ans de procédure administratives et 2 ans de travaux).

Dans le cas d'un renforcement du réseau 400kV, RTE estime le laps de temps nécessaire à une dizaine d'années.

Quels schémas de financement ?

Pour RTE, mettre en place un dispositif du type de l'éolien offshore en appel d'offres pour les parcs commerciaux serait moins risqué du point de vue financier.

Cette option "permet de répartir les risques entre les différents acteurs et d'adapter le plus étroitement possible le raccordement aux caractéristiques des projets lauréats de l'appel d'offre, avance RTE, si les ouvrages de raccordement sont mutualisables entre deux ou plusieurs lauréats, il conviendra de définir les règles de partage des coûts et des risques".

Pour l'entreprise, en raison des fortes incertitudes concernant le gisement et les coûts de réalisation des ouvrages, une approche de type schémas régionaux de raccordement aux réseaux des énergies renouvelables  ne serait en revanche pas adaptée pour la production hydrolienne.

Réactions1 réaction à cet article

 

A puissance équivalente à celle de l'EPR de Flamanville, ça ferait quoi comme câbles supplémentaires ?

Que faudrait-il comme hydrauliennes pour parvenir à une capacité équivalente à celle de Flamanville ?

Quelle comparabilité des coûts et des risques accidentels ?

Et si on s'amusait à imaginer à la place de Flamanville ?

C'est régulier et prévisible ça, si en plus on mobilise les courants d'air...

Si on donnait le choix aux particuliers et aux collectivités de co investir soit dans le nucléaire, soit dans le renouvelable : effet de levvier et démocratie financière avec reour du revenu énergétique sur le territoire de production.

Que va nous écrire Jean Marie le Corrector...

Théo courant ? Colombo, inspecteur spécialiste de la question bête... | 06 février 2013 à 19h59
 
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