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EnR : en route vers les objectifs de 2020

La course aux énergies renouvelables a perdu en vitesse en 2012 surtout dans l'éolien et le photovoltaïque. Mais le Ser ne perd pas espoir et poursuit son lobbying dans un cadre politique rendu favorable avec le débat sur la transition énergétique.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
EnR : en route vers les objectifs de 2020

A l'occasion de son colloque annuel qui s'est tenu le 7 février à Paris, le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) a une nouvelle fois présenté à la ministre de l'Ecologie Delphine Batho les ambitions et les desiderata des industriels français des énergies renouvelables. Premier événement labélisé "débat sur la transition énergétique", cette conférence a été placée sous le thème de la transition : "Parler de transition énergétique doit se faire en articulant deux idées fortes : dessiner dans un premier temps des perspectives de long terme qui constituent le cap d'une politique et proposer ensuite des mesures à mettre en œuvre sans délai, cela veut dire réunir le temps long et le temps court", a déclaré Jean-Louis Bal, président du Ser.

La biomasse et l'hydroélectricité en bonne voie

Pour le "temps long" le syndicat garde en ligne de mire les objectifs de développement fixés lors du Grenelle d'ici 2020 : 19,7 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) de chaleur renouvelable contre 9,6 Mtep en 2005, 12,4 Mtep d'électricité renouvelable (5,6 Mtep en 2005) et 4 Mtep de agrocarburants (0,7 Mtep en 2005).

Avec une situation fin 2012 estimée à 11,7 Mtep pour un objectif 2012 de 12,7 Mtep, la filière chaleur renouvelable est en bonne voie : "le fonds chaleur donne toute satisfaction", estime Jean-Louis Bal. Le représentant de la filière biomasse au Ser, Cyril Le Picard, estime néanmoins qu'il serait nécessaire d'en augmenter le budget à 500 millions d'euros par an contre 220 M€ pour 2013. Mais l'urgence reste à ses yeux la "mobilisation du bois énergie". Pour Cyril Le Picard il est grand temps de solliciter les 3,5 millions de propriétaires forestiers français : "il faut qu'ils coupent pour le bois énergie et qu'ils replantent", estime-t-il, au risque de manquer de ressource d'ici 50 ans.

Côté électricité renouvelable, les tendances observées pour la biomasse et l'hydroélectricité sont encourageantes : 0,5 Mtep d'électricité ont été produites à partir de biomasse en 2012 soit l'objectif intermédiaire prévu. Prochaine étape, 2020, avec 1,2 Mtep attendues. De même pour l'hydroélectricité : 5,5 Mtep produites en 2012 pour un objectif de 5,3 et 5,8 attendues en 2020. Si le Ser semble confiant, les petits producteurs d'hydroélectricité le sont moins : ils craignent notamment le classement des rivières en cours dans les bassins hydrographiques français. Classement qui interdirait le développement de l'hydroélectricité.

Des appels d'offres pour relancer les filières

 
16 GW d'éolien d'ici 2020 selon Xerfi Dans son étude intitulée "Le marché français de l'éolien à l'horizon 2020" le cabinet de prospective Xerfi estime que le parc éolien français devrait atteindre 16 GW d'ici 2020. Le cabinet mise sur la simplification partielle de la réglementation, la mise en service des parcs offshore en 2016-2017 et la fixation d'un nouveau tarif d'achat validé par Bruxelles pour justifier son scénario. Encore faudra-t-il que le gouvernement notifie dès aujourd'hui un nouvel arrêté tarifaire à la Commission européenne comme le demande France Energie Eolienne. "Cette solution rassurerait incontestablement la filière et les investisseurs en débloquant le financement bancaire", explique Xerfi. La ministre de l'Ecologie Delphine Batho a annoncé que le gouvernement avait d'ores et déjà initié des discussions avec la Commission.
 
Les inquiétudes du Ser se focalisent depuis de nombreux mois sur les filières de l'éolien terrestre et du photovoltaïque. Alors que l'objectif 2012 prévoyait 10.500 MW d'éolien installés, la filière constate fin 2012 que seuls 7.564 MW sont réellement montés. "L'année 2012 a été une petite année pour l'éolien terrestre", confirme Jean-Bapiste Séjourné, récemment élu président de la commission éolienne du syndicat. "Pour reprendre un bon rythme nous avons besoin de simplification et de stabilisation [de la réglementation]", a-t-il martelé. Rappelons que des mesures d'allégement réglementaires sont en cours d'étude au Parlement dans le cadre de la loi Brottes.

Les chiffres avancés par le Ser pour l'éolien offshore confirment le retard pris par cette filière. 2.000 MW issus du 1er appel d'offres devraient être mis en service à partir de 2016, 1.000 MW supplémentaires issus du second appel d'offres viendraient s'y ajouter quelques années après. Selon Yvon André du Ser, le gouvernement leur a promis un 3e appel d'offres pour fin 2013 début 2014. Permettra-t-il d'atteindre l'objectif de 6.000 MW prévu par le Grenelle ?

Du côté du photovoltaïque en revanche, l'atteinte des objectifs est une évidence : "les prévisions [de 5.400 MW d'ici 2020] sont fort timides. Nous misons sur un parc de 20.000 MW à cet horizon", prévient Arnaud Mine président de la branche solaire du Ser. Il n'en reste pas moins que, selon lui, les mesures d'urgence prises par le Gouvernement "ne sont pas à la hauteur des besoins de la filière" et certains détails administratifs et réglementaires retardent l'atteinte de la parité réseau. L'industriel se satisfait toutefois du lancement d'un nouvel appel d'offres dans les mois à venir et attend avec impatience les résultats des derniers appels d'offres qui pourraient être dévoilés fin février.

Réactions7 réactions à cet article

 

d'accord ...mais la SER ne parle pas de rcherche fondamentale sur des sources d'énergie ENR à production régulière et contrôlable !!!
Elle parle d'hydroélecricité ..; a mon avis c'est la technoligie la mieux mais qui présente le défaut de changer l'environnement ...pas tjrs en mal d'ailleurs ...La SER ne parle pas de l'hydrolien pourtant déja plus intelligent que l'éolien .
raiseau chaleur renouvelable, biomasse , filiére bois... TB ...mais ne parle pas de la géothermie verticale ....c'est pourtant l'avenir ...au niveau des habitations en tous les cas .
Je note que la SER parle beaucoup de l'éolien et photovotaïque qui présentent a mon avis trop de défauts et qui sont souvent écologiquement et économiquement trés pervers ...irrégulier , aléatoire , chers , rendement faible / puissance , des milliards gaspillés, déficit commerce extérieur et pour le moins , usines à gaz , dénaturation de notre environnement concernant l'éolien ....
Bref ..je trouve pas la SER trés crédible
cordialement ; Un pro ENR mais pas anti nucléaire !

poisson | 08 février 2013 à 19h07
 
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L’Union Européenne est en retard de 2000 MW sur son plan de développement des énergies renouvelables. 18 États sont en retard comme la France, le Portugal, la Grèce, la Slovaquie, la République tchèque ou encore la Hongrie.

Les énergies renouvelables représentent 69 % des nouvelles capacités de puissance en 2012 alors que les énergies traditionnelles telles que le fioul, le charbon et le nucléaire voient leur capacité diminuer suite aux fermetures de sites.

Panorama des installations en Europe :
• Allemagne (2,4 GW, soit 21% de la nouvelle capacité éolien EU),
• Royaume-Uni (1,9 GW, soit 16%)
• ltalie (1,3 GW, soit 11%)
• Roumanie (0,9 GW, 8%)
• Pologne (0,9 GW, soit 8%)
• France (0,75 GW, soit 7%)

En termes de capacité totale installée, l’Allemagne est en tête avec 31,3 GW (30%), suivie par l'Espagne (22,8 GW, soit 22%), le Royaume-Uni (8,4 GW, 8%), l'Italie (8,1 GW, 8%) et la France (7,5 GW, 7%).

Concernant la France, deux mesures d’urgence restent absolument nécessaires pour relancer la filière ; faire en effet enfin notifier le tarif d’achat auprès de la Commission européenne et adopter la loi PPL Brottes. Le grand débat sur la transition énergétique devant lui durablement dégager la voie de l’éolien français.

France Energie EOlienne | 10 février 2013 à 15h17
 
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@ France Energie éoliennes ....vous défendez votre business et je comprend ..! vous parlez de capacité de puissance mais pas de production réelles ! d'irrégularité ! des nouvelles centrales thermiques qui marchent en paralelles avec les éoliennes ! vous ne parlez pas de paysages massacrés a cause de vos machines ....je suis un bon citoyens mais quand je vois le rapport nuisances / kwh produit ...je suis en droit de dire pas d'accord ....sachant, en plus, que tout l'argent mis dans l'éolien ne pourra aller ailleurs ...nous sommes donc en plein dans le gaspillage , l'inéfficacité et mauvais choix ...trés pervers tout ça ...et a plusieurs titres .

cordialement

poisson | 11 février 2013 à 11h59
 
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Il existe des énergies renouvelables, mais pas ou peu d’énergies propres.
La biomasse n’est une énergie propre que pour son bilan CO2, si l’on ne tient pas compte de l’énergie grise ignorée elle-même par le protocole de Kyoto. Sa combustion engendre des problèmes d’émissions de particules, principalement des particules très fines (PM1), si petites qu’elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons, franchir la barrière alvéolaire, passer dans le sang et le contaminer.

En France, les chaudières de puissance > 2 MW sont soumises à la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement et doivent être équipées de systèmes de dépollution pour retenir les particules et éviter qu’elles se répandent dans l’atmosphère.

Même les chaudières domestiques sont de plus en plus dans le collimateur des autorités de contrôle et devraient être, dans un futur proche, équipées de systèmes de filtration.

Suite...

vivarais | 12 février 2013 à 11h44
 
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Dernièrement, pendant une séance au Sénat retransmise par la chaîne France 3, Delphine Batho ânonnait encore son « bois énergie propre » et annonçait qu’elle voulait développer les petites et moyennes installations plutôt que les grandes centrales. Les normes en termes d’émissions de particules sont de plus en plus exigeantes et vont placer les cyclones (et muticyclones), peu performants, hors concours. Les petites installations auront-elles les moyens financiers de s’équiper de filtres à particules performants, type électrofiltres ou filtres à manches (ces filtres textiles sont détruits par les particules incandescentes, ce qui implique en outre des coûts de maintenance importants) ?

vivarais | 12 février 2013 à 11h47
 
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Batho ânonne: l'expression est bien trouvée... Tant d'ignorance et de vacuité chez une ministre de l'énergie laisse pantois. Elle dit qu'il faut éteindre la lumière (encore une jolie loi pour la postérité).
Le bilan CO2 de la biomasse n'est pas si "vertueux", tout comme ses émissions de particules.
Les zéoliens font leur pube, alignant des chiffres confondant puissance installée et production

Albatros | 14 février 2013 à 12h06
 
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pour faire de vraies économies "éteindre une lumière sur deux", puis recommencer.

Astuce avoir un nombre impair de lampes..

Bonnes lectures

audaces | 28 février 2013 à 17h03
 
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