Robots
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Bretagne sud : l'éolien flottant ne parvient pas à s'affranchir des questions d'acceptabilité

Le débat public sur les projets d'éolien flottant au sud de la Bretagne n'a pas permis d'établir un consensus sur des zones d'implantation. Les questions de paysage, de partage des usages et d'opportunité de l'éolien ont été au centre des discussions.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com

 

La Commission nationale du débat public (CNDP) a présenté, le 22 février, les conclusions du débat public sur l'éolien flottant au sud de la Bretagne. Il s'agissait de consulter les citoyens sur un premier projet de parc commercial éolien flottant, d'une capacité de 250 MW, initialement prévu par la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour 2021, et sur un deuxième projet ultérieur de 250 à 500 MW à l'horizon 2024.

Une macrozone de 1 130 km2 a été définie auparavant. Le débat devait permettre d'identifier une zone d'implantation de 600 km2 permettant d'accueillir les deux projets avec un raccordement mutualisé. Mais le débat public, organisé de juillet à décembre 2020, n'a pas permis d'établir un consensus.

Un besoin de planification et de transparence

Une grande majorité du public a rejeté les zones les plus proches de Groix, Belle-Île-en-Mer et de la presqu'île de Quiberon, là où les parcs sont les plus visibles. Les professionnels de l'éolien sont quant à eux favorables à une implantation dans la zone économique exclusive (ZEE). Les pêcheurs bretons se sont prononcés pour une zone à cheval sur la zone territoriale et la ZEE…

Le débat n'a donc pas permis d'aboutir à une zone consensuelle de projet d'une taille suffisante pour l'accueil de deux parcs éoliens. « Devant cette impossibilité, la maîtrise d'ouvrage devra définir les priorités objectives qui devraient permettre de concilier au mieux les intérêts concernés et mettre cette analyse bénéfices-risques à la disposition du public », analyse la CNDP.

Les discussions ont également été troublées par le fait que la Conférence régionale de la mer et du littoral, réunissant les parties prenantes bretonnes, avait déjà planché sur la question et aboutit à la définition d'une zone consensuelle de 516  km2. « Une partie du public, parmi les opposants, a mis en doute la sincérité de l'État : le débat ne serait que de principe, la décision serait de toute façon déjà prise », regrette la CNDP.

Les différentes réunions ont également mis en évidence une demande de planification à long terme, comme d'autres débats publics sur l'éolien en mer l'avaient fait auparavant.

Un manque de retour d'expériences et de données

Le public a également questionné une nouvelle fois la pertinence de l'éolien en mer dans la transition énergétique française et le manque de données environnementales sur ce types de projets. « Le débat a confirmé les enseignements des débats publics précédents sur des projets éoliens : les données environnementales sont beaucoup trop parcellaires, quel que soit le segment étudié (avifaune, ichtyofaune, habitats benthiques…), pour pouvoir être utilisées comme critères de localisation des projets », indique le compte rendu de la CNDP.

Enfin, alors que les quatre fermes pilotes d'éolien flottant n'ont pas encore été construites, des interrogations ont été émises sur la pertinence de lancer des projets industriels avant tout retour d'expérience. « Le public n'a pas compris que l'on n'attende pas les enseignements d'un projet présenté comme expérimental avant de lancer un projet commercial, qui plus est de grande ampleur ».

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager