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Etats généraux de l'alimentation : pas de cap clair sur l'environnement

Peu de mesures concrètes sur l'environnement, absence remarquée de Nicolas Hulot, un objectif de surfaces en bio à confirmer… De nombreux acteurs sont restés sur leur faim lors de la journée de clôture des Etats généraux de l'alimentation.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Il n'y aura pas eu d'annonces fortes en faveur de l'environnement. Et l'absence remarquée du ministre d'Etat à la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot aura renforcé le trouble... Les Etats généraux de l'alimentation se sont conclus ce 21 décembre en laissant un goût amer à ceux qui attendaient des signaux forts de la part du gouvernement pour engager l'agriculture et le monde agroalimentaire dans une transition écologique. Car finalement, le gouvernement fait le pari de l'intelligence collective en mettant face à leurs responsabilités les différentes filières agricoles et agro-alimentaires qui ont rendu, mi décembre, leurs plans de transition. Et leur donne rendez-vous chaque année pour constater les progrès accomplis.

Les filières attendent des signaux du marché

 
[Sur le glyphosate,] nous voulons aider les filières agricoles à trouver des alternatives d'ici trois ans. Je crois à la mobilisation des agriculteurs en la matière.  
Edouard Philippe, Premier ministre
 
La plupart de ces plans prévoient une montée en puissance des signes de qualité : bio, mais aussi made in France, Label rouge… Ils "mettent en lumière des ambitions fortes en matière de transformation" du secteur agricole, a souligné le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert. Seulement, la plupart des représentants des filières intervenant lors de cette journée de clôture l'ont suffisamment martelé : la montée en gamme de l'agriculture dépendra de la demande. A l'instar de Bruno Dupont, venu présenter les engagements de l'interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) : "On adaptera les chiffres [de la montée en gamme] en fonction de ce que le marché et les consommateurs demanderont". La future politique agricole portera donc sur une logique de la demande, alors que nombre de parties prenantes demandaient une politique de l'offre, pour entraîner une baisse des coûts et rendre ainsi accessibles les produits durables et de qualité. "D'une certaine façon, les consommateurs vont pouvoir voter chaque jour sur le modèle agricole de leur choix", a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe.

15% de la surface agricole utile en bio en 2022 ?

Mais en dehors des grandes déclarations en faveur des modes de production respectueux de l'environnement et d'une alimentation de qualité pour tous, le gouvernement promet peu de concret en la matière : un nouveau plan Ambition bio à la fin du premier trimestre 2018 et un objectif pour la restauration collective d'atteindre 50% de produits biologiques, locaux ou sous signes officiels de qualité d'ici 2022. "Le gouvernement est prêt à reprendre à son compte l'objectif de 15% de surface agricole utile en bio, mais avant de le confirmer (...) il faudra évaluer les risques de dérapage budgétaire", a indiqué le Premier ministre. "Il faudra également évaluer la contribution des filières et des consommateurs". Le gouvernement s'est également engagé à consulter, dès janvier, la société civile sur les plans de filières adoptés, et à mobiliser la recherche publique sur la transformation des systèmes agricoles et les alternatives aux produits phytosanitaires. Sur le glyphosate, "nous voulons aider les filières agricoles à trouver des alternatives d'ici trois ans. Je crois à la mobilisation des agriculteurs en la matière", a déclaré Edouard Philippe.

"Nous regrettons que les annonces concrètes ne portent que sur la première partie des Etats généraux, [concernant la répartition de la valeur]. Nous ne nous satisfaisons pas de simples annonces de forme, sans que les objectifs et les moyens soient précisés", a réagi Camille Dorioz, coordinateur du réseau Agriculture de France nature environnement (FNE). Ce dernier a regretté que les conclusions de l'atelier 11, qui fixaient des objectifs forts en matière de transition écologique de l'agriculture, ne soient pas reprises. "Certes les filières doivent s'engager, mais le cap doit être fixé par le gouvernement", a déclaré Léopoldine Charbonneau, présidente du CIWF, résumant ainsi l'opinion de nombreux participants.

Réactions4 réactions à cet article

 

Rien à espérer tant que la politique agricole sera dirigée par la FNSEA .Or aucun gouvernement , ni de droite ,ni de gauche ne se hasarde à contrarier ce lobby .

sirius | 28 décembre 2017 à 10h54
 
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Il faudrait arrêter de fantasmer sur la FNSEA qui, tout comme la FNE des zécolos voire bien davantage que cette dernière, est une fédération de nombreuses structures (les FDSEA) dont les postures sont très variées. Peu de choses en commun, par exemple entre la FDSEA du Gers et celle d'Alsace ou d'Eure-et-Loir...

Albatros | 04 janvier 2018 à 11h37
 
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Les aides à la conversion au bio coûtent beaucoup d'argent à l'Etat, tout le problème est là. Les consommateurs sont très demandeurs et si les prix du bio baissaient, tout le monde en consommerait; depuis le temps qu'on en parle, les populations ont eu le temps de s'instruire et de choisir, seuls les prix sont un frein, et la grande distribution se gave, comme d'habitude. Du coup, l'agriculture et l'élevage industriels profitent du créneau offert par le manque d'argent des consommateurs; les prix du bio doivent baisser par tous les moyens.

gaia94 | 06 janvier 2018 à 18h02
 
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La formation d'un prix est un phénomène économique très connu mais qui a cependant été parfaitement ignoré par une majorité de participants aux EGA... Et comme nous ne nous dirigeons pas vers des prix administrés.
Par contre, plutôt que "si tout le monde faisait du "bio"...", je propose l'hypothèse "si tout le monde connaissait le détail des dispositions pour l'attribution des labels et de celui du "bio" en particulier..." Les prix du "bio" baisseraient du fait de la chute de la demande.

Albatros | 08 janvier 2018 à 14h49
 
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