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Télétravail : un levier de sobriété à géométrie variable

Les services d'Agnès Pannier-Runacher ont mesuré les économies d'énergie et de carburant imputables au télétravail. Elles peuvent être intéressantes, mais pas partout et à certaines conditions.

Energie  |    |  N. Gorbatko
Télétravail : un levier de sobriété à géométrie variable
Actu-Environnement le Mensuel N°435
Cet article a été publié dans Actu-Environnement le Mensuel N°435
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Le télétravail permet-il vraiment des économies d'énergie ? C'est ce que les services du ministère de la Transition énergétique ont cherché à éclaircir. Avec l'appui de l'Agence de la transition écologique (Ademe) et de l'Institut français pour la performance du bâtiment (Ifpeb), ces derniers ont mené une expérimentation de cinq mois, durant la période de chauffe, entre novembre 2022 et mars 2023, avec une centaine d'agents télétravailleurs volontaires habitant en milieu urbain et périurbain.

L'étude s'est centrée sur dix bâtiments des ministères de la Transition énergétique, de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, du secrétariat d'État chargé de la Mer, de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) et de l'Ademe, situés en Île-de-France, en Centre-Val de Loire et en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Trois régions au climat différent. L'expérience a consisté à mesurer les consommations d'énergie relatives au transport et à l'occupation des bureaux, puis à repérer les gains réalisés dans le cadre du télétravail, éventuellement contrebalancés par un rebond de consommation au domicile des salariés. Les bureaux ont été totalement fermés à deux reprises pendant quatre jours : du vendredi au lundi.

Transport : des économies variant selon les territoires

Première constatation : les économies liées au transport sont réelles, mais avec de fortes variations selon la localisation du site et la distance domicile-travail. À Paris, ces trajets étant plus courts et plus fréquemment réalisés à pied, à vélo ou en transports en commun, les résultats sont plus modestes. En régions, où la voiture est plus souvent utilisée, ils sont au contraire plus importants : deux à quatre fois plus longs que dans la capitale.

Deuxième observation : grâce à la baisse, voire la coupure du chauffage, mais également de l'éclairage et de la ventilation, fermer les bureaux durant plus de quarante-huit heures permet de réduire de 20 à 40 % la dépense énergétique moyenne sur une journée. En revanche, ce gain reste faible lorsqu'une partie des salariés seulement est absente. Un « potentiel » intéressant pour gérer les tensions sur le réseau électrique, estime Boris Ravignon, président de l'Ademe, mais qui se réduira à moyen terme avec la mise en place du Dispositif éco-énergie tertiaire. Le gain est évidemment supérieur, multiplié par trois ou cinq, lorsqu'il s'agit de bâtiments peu performants sur le plan énergétique et peu densément occupés. Quand le collaborateur travaille de chez lui, la hausse de sa consommation d'énergie reste minime : + 1,4 kWh pour une consommation journalière moyenne de 20 à 40 kWh.

D'autres volets pour aller plus loin

Les recherches se poursuivront au-delà de l'hiver 2022-2023, et à plus grande échelle, afin d'améliorer l'efficacité de l'inoccupation des locaux – en mettant en sommeil tout ou partie des bâtiments de bureaux par exemple – et de mieux cerner les comportements des salariés en termes de gestion de l'énergie au domicile. Baissent-ils le thermostat chez eux lorsqu'ils sont au bureau notamment ? Des économies complémentaires pourraient en effet être envisagées, via une mise en œuvre plus large de cette pratique. Une démarche qu'Agnès Pannier-Runacher aimerait encourager en incitant les entreprises à intégrer ce facteur dans leur stratégie télétravail, en particulier dans le cadre du dialogue social.

La ministre souhaite aussi analyser les impacts par vecteur énergétique et discerner les autres effets du télétravail en matière de mobilité. Mais pour être exhaustive, cette étude devrait aussi prendre en compte d'autres conséquences de cette organisation du travail, à plus long terme, étudiées par l'Ademe en 2020 : favoriser l'étalement urbain, par exemple, en poussant certains télétravailleurs à habiter plus loin, dans des surfaces plus grandes, augmentant leurs factures de chauffage comme celles de leur carburant quand ils se rendent physiquement à leur travail. Fruit des recherches du ministère, un guide méthodologique devrait voir le jour, à destination des entreprises qui souhaitent intégrer le télétravail dans leur politique RSE. Un appel à manifestation d'intérêt sera publié afin d'inviter les organisations intéressées à y contribuer.

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