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Le contenu carbone de l'électricité européenne en baisse en 2008

Selon la dernière étude de PricewaterhouseCoopers et Enerpress, la production d'électricité en Europe a émis moins de gaz à effet de serre que les années précédentes : 350 kgCO2 par MWh produit. Mais la tendance risque toutefois de ne pas durer.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Le contenu carbone de l'électricité européenne en baisse en 2008
© Danicek
   
Le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) et Enerpress ont présenté le 17 novembre les derniers résultats de leur étude annuelle sur le Facteur Carbone des principaux électriciens européens. Selon les données collectées auprès des institutions européennes, les 20 plus gros producteurs européens ont émis 760 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère européenne pour l'année 2008 soit 53% des émissions du secteur énergétique européen (UE 27). Ces émissions ont donc diminué de 7% par rapport à 2007. La production d'électricité est pourtant restée constante : 2.171 térawattheure (TWH) soit 0,4 % de plus qu'en 2007. Par conséquent le Facteur carbone de ces électriciens est en baisse : 350 kgCO2/MWh en 2008 contre 375 kgCO2/MWh en 2007.

Le Facteur carbone le plus bas depuis 2001

''La baisse du facteur carbone européen en 2008 est d'une ampleur jusqu'à présent inégalée depuis le lancement de l'étude en 2001'', explique Olivier Muller, directeur en charge du changement climatique chez PwC. Depuis 2001, ce facteur oscillait en effet autour de 370 kgCO2/MWh. Les entreprises dont le mix énergétique se compose principalement d'hydraulique et/ou de nucléaire présentent un facteur carbone inférieur à la moyenne européenne. C'est le cas de GDF Suez Europe, Iberdrola, PVO, British Energy, EDF, Verbund, Fortum et Statkraft.

Sur les 20 électriciens étudiés, 17 ont réduit leur Facteur carbone par rapport à 2007 et notamment le groupe RWE (-13%), Enel (-15%), Union Fenosa (-22%) et PVO (-29%). British Energy enregistre en revanche une hausse de 17 %.
Alors que les années précédentes, les variations du Facteur carbone traduisaient les évolutions des conditions météorologiques et par conséquent le taux de recours à l'énergie hydroélectrique, la baisse de l'année 2008 est imputable à un changement de mix électrique pour plusieurs électriciens avec une diminution du recours au charbon au profit du gaz naturel. L'année 2008 a en effet été marquée par des prix élevés des matières premières et notamment du charbon avec un pic historique en juillet (220$/tonne). Ainsi le groupe Enel a fortement réduit son recours au charbon tandis que l'Allemagne a privilégié le nucléaire, dont la part est passée de 18% à 27%.

Un impact marginal des EnR

Ces évolutions ne sont donc pas le fruit des politiques en faveur du développement des énergies renouvelables : ''notre analyse révèle que les énergies renouvelables ont contribué de façon marginale à la diminution du Facteur carbone en 2008'', précise Olivier Muller. Selon le cabinet PwC, les nouvelles unités de production éoliennes, phovoltaïques, géothermiques ou à base de biomasse servent pour l'instant à compenser les hausses de consommation et à limiter le recours à l'hydraulique trop dépendante des conditions météorologiques. Ainsi alors que l'hydraulique représentait 95% des sources d'énergies renouvelables en 1990, ce taux est passé à 73% en 2006.
Dans certains pays, la part d'énergie produite à partir d'énergies renouvelables a même diminué. Selon les données d'Eurostat, en Espagne par exemple, la part des EnR dans la consommation totale d'énergie a diminué de 11% entre 1997 et 2007. En France, 7% de la consommation totale d'énergie est assurée par de sources renouvelables, un taux globalement stable par rapport à 1997. En revanche, les énergies renouvelables ne produisent que 13,3% de l'électricité consommée alors qu'en 1997 ce taux atteignait 15,2%.

Situation exceptionnelle ou tendance de fond ?

''Il est encore trop tôt pour affirmer que cette baisse du Facteur carbone reflète une tendance de fond qui se confirmera au cours des prochaines années'', analyse Olivier Muller. Il semblerait en effet, à première vue, que le choix des énergéticiens a été conduit par des considérations économiques et non écologiques. Le marché européen du carbone et l'entrée dans la seconde période de réduction des quotas d'émissions (2008-2013) ont pu toutefois influencer les électriciens.
''Il est prématuré de dire que cette tendance sera durable'', renchérit Didier Houssin, directeur des marchés et de la sécurité énergétique à l'Agence Internationale de l'Energie. L'AIE s'attend en effet à une baisse des consommations en 2009 pour cause de crise économique mais parallèlement le prix des matières premières pourrait remonter. Dans son dernier World Energy Outlook 2009 publié le 10 novembre, l'AIE table sur un accroissement de la demande mondiale d'énergie primaire de 1,5 % par an entre 2007 et 2030 si aucune politique de décarbonisation n'est mise en place. La demande mondiale d'électricité devrait croître à un taux annuel de 2,5 % d'ici à 2030, principal moteur de la demande de charbon et de gaz.

Réactions4 réactions à cet article

 
Comparaison des résultats par pays?

Cette étude montre bien que quoique l'on en dise, les "energies renouvelables" ne participent qu'à la marge à l'objectif prioritaire: réduction des gaz à effet de serre.
J'aurais aimé voir les résultats des "champions" des énergies renouvelables (Danemark, Allemagne) en comparaison des minables français.
On a peut-etre peur des vérités qui fachent.

VD69 | 19 novembre 2009 à 11h14
 
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Beaucoup d'efforts restent à faire.

Je dirais même plus : il faudrait sérieusement qu'on se réveille et qu'on se mette au boulot. Je ne crois malheureusement pas à l'hypothèse "tendance de fond" : elle a peut-être changé les mentalités de quelques uns d'entre nous, mais la réduction du contenu carbone me semble plus plausiblement imputable à la crise économique (vu ce qu'il s'est passé en 74, choc pétrolier, premier développement des EnR). Dans ces conditions, il faut vraiment espérer que les politiciens prendront des décisions fortes pour le développement des énergies nucléaire, renouvelables, et des économies d'énergies.

Ma conviction la plus profonde est qu'on peut vivre avec exactement le même niveau de confort, juste en remettant en cause certaines habitudes, et de plus en faisant des économies (au sens financier comme sanitaire et environnemental) considérables. C'est aux Etats de vaincre le verrou majeur qui empêchent beaucoup de personnes de se lancer dans ce changement : le surcoût de l'investissement, qu'ils ne peuvent pas se permettre de payer.

Umwelt | 19 novembre 2009 à 11h26
 
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Diminuer nos consommations !

On pourra faire tout ce que l'on veut en matière d'énergies renouvelables, tant que les consommateurs ne se rendront pas compte qu'il faut diminuer ses consommations, le schmilblick n'avancera pas.
C'est avant tout une question de sagesse. A-t-on besoin de produire toujours plus ? Cela se saurait si la quantité de biens possédés rimait avec le bonheur...

Fish08 | 19 novembre 2009 à 11h45
 
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attention aux confusions !

dire que les EnR ne contribuent pas à ce bilan est peut-être juste, mais en déduire que les EnR ne contribuent pas à diminuer les émissions de CO2 de l'électricité européenne est par contre faux ! l'étude ne porte "que" sur les 20 plus gros producteurs européens. le PV et l'éolien sont produits majoritairement par de "petites" structures (en tout cas plus petites que ces 20 champions de n'électricité) qui ne sont donc pas référencés ! je ne m'attends pas à une part importante du PV, mais pour l'éolien les chiffres devraient être nettement plus significatifs.

NBS63 | 19 novembre 2009 à 17h37
 
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