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Exposition des femmes enceintes aux métaux : la cohorte Elfe livre de nouvelles données

Les 4.000 femmes enceintes de la cohorte Elfe ont permis de mesurer leur imprégnation par certains métaux et métalloïdes. La tendance est à la stabilité voire à la baisse. L'alimentation et le tabac restent les sources principales de contamination.

Risques  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

Le volet périnatal du programme national de biosurveillance a publié le tome 2 des analyses effectuées sur 4.000 femmes enceintes dans le cadre de la cohorte Elfe. Ces résultats donnent une image complète de l'imprégnation aux métaux et métalloïdes. "Les résultats de l'étude montrent que, à l'exception de l'uranium, les métaux et métalloïdes recherchés sont présents à des niveaux de concentrations quantifiables chez près de la totalité des femmes enceintes", conclut l'agence nationale Santé publique France. Ce tome 2 vient compléter le tome 1 publié en décembre 2016 et consacré aux polluants organiques.

Une contamination liée à l'alimentation et au tabagisme

Treize métaux et métalloïdes ont été dosés dans des prélèvements de sang du cordon, de cheveux et d'urines maternelles recueillis en maternité au moment de l'accouchement : aluminium, antimoine, arsenic total, cadmium, césium, chrome, cobalt, étain, mercure, nickel, plomb, uranium et vanadium. Les résultats pour l'aluminium étant très variables, les données n'ont pas été exploitées. "L'exposition à ce métal nécessiterait la mise en place d'études spécifiques", expliquent les scientifiques dans leur rapport final.

Globalement, toutes les femmes étudiées sont imprégnées d'arsenic, de césium, de chrome, de cobalt, de plomb, de nickel et de vanadium. Les proportions sont plus faibles pour l'antimoine, le cadmium, l'étain, le mercure et l'uranium. La contamination provient essentiellement de l'alimentation et de la consommation de tabac. Les taux sont similaires à ceux observés dans d'autres pays à part pour l'arsenic et le mercure. Les femmes françaises en sont plus imprégnées du fait d'une consommation accrue de produits de la mer.

La contamination aux métaux est stable dans le temps à part celle du plomb et du mercure pour lesquels les scientifiques observent une tendance à la baisse suite à la mise en place de réglementations plus strictes (limitations des rejets, interdiction de l'essence plombée, etc.).

Une recherche à approfondir

Les femmes intégrées à l'étude font partie de la cohorte du programme Elfe qui prévoit de suivre 20.000 enfants de la naissance à l'âge adulte afin de mieux comprendre les incidences de l'environnement sur la santé. A partir de ces mesures sur les polluants organiques (tome 1) et les métaux (tome 2), Santé publique France entend affiner ces données. En collaboration avec l'Anses, l'agence a initié une étude visant à décrire l'exposition des riverains de cultures agricoles aux pesticides, d'identifier une éventuelle surexposition de ces riverains et d'identifier les déterminants de l'exposition (par exemple distance de la résidence aux cultures, pratiques d'épandage) pour pouvoir la réduire. Une étude de faisabilité a débuté en 2017.

Cette étude donne une photographie de la contamination mais n'en déduit pas les effets sur la santé. Une analyse des liens entre les niveaux d'imprégnation par les pesticides est d'ores et déjà prévue dans le projet Popeye. L'acquisition de ces connaissances pourra permettre de développer des seuils sanitaires afin de proposer une prise en charge des personnes dépassant ces seuils.

Enfin, dans cette étude, la profession des femmes n'a pas été prise en compte dans les expositions. Or, certaines professions semblent particulièrement à risque : agents d'entretien, infirmières, aides-soignantes, autres professions paramédicales (travailleuses en crèche, etc.), coiffeuses et esthéticiennes, etc.

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