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Fessenheim 1 : l'ASN favorable à une poursuite de l'exploitation, sous réserve des résultats des stress tests

Au vu du bilan du 3ème réexamen de sûreté du réacteur n°1 de Fessenheim mais sous réserve des audits de sûreté engagés à la suite de Fukushima, l'ASN a donné un avis favorable à la poursuite d'exploitation de la centrale au delà de trente ans.

Risques  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Fessenheim 1 : l'ASN favorable à une poursuite de l'exploitation, sous réserve des résultats des stress tests
© Fleurival.fr
   

''Le réacteur [numéro 1 de Fessenheim] est apte à être exploité pour une durée de dix années supplémentaires après ce troisième réexamen'' à condition de respecter 40 prescriptions, dont deux majeures concernant le renforcement du radier et la création d'une source alternative de refroidissement. C'est la décision prise par l'Autorité de sûreté nucléaire ce lundi 4 juillet.

 
Deuxième avis sur un prolongement au-delà de 30 ans L'ASN s'était déjà prononcée en juillet 2009 pour une poursuite de l'exploitation des réacteurs de 900 MW au-delà de trente ans. Mais cette prise de position générique devait être confirmée par une étude au cas par cas. Après avoir rendu un avis favorable pour la poursuite de l'exploitation du réacteur numéro 1 de Tricastin en novembre 2010, l'ASN rend son deuxième avis sur Fessenheim 1, entrée en service en 1977.
La troisième visite décennale du réacteur numéro 2 de Fessenheim a démarré en avril 2011. L'ASN prévoit une prise de position fin 2012.
 
Attendue pour mars 2011, cette prise de position à l'issue de la troisième visite décennale est cependant suspendue aux conclusions des évaluations complémentaires de sûreté (ou stress tests) demandés par le Premier ministre et le Conseil européen à la suite de l'accident de Fukushima. Ces stress tests portent sur des conditions plus extrêmes que le réexamen de sûreté et sur le cumul de ces conditions extrêmes : inondations extrêmes, séismes extrêmes, perte de source d'alimentation électrique, perte de source de refroidissement et gestion de crise. EDF doit rendre les résultats de ces tests le 15 septembre. L'ASN prévoit une prise de position pour décembre 2011.

''Les stress tests posent des questions plus extrêmes donc on peut s'attendre à des conclusions plus extrêmes et peut-être à des conditions d'exploitation plus sévères. Il y a clairement un rendez-vous à la fin de l'année'', a déclaré André-Claude Lacoste, président de l'ASN. Interrogé sur la pertinence de l'avis rendu ce jour, ce dernier a affirmé : ''nous nous sommes posé la question de rendre un avis unique mais nous avons jugé préférable de distinguer les deux positions car elles ne relèvent pas du même processus''.

Renforcer le radier et ajouter une source de refroidissement

La visite décennale porte sur deux points : un examen de conformité destiné à examiner en profondeur l'état de l'installation et la réévaluation de sûreté.

La réévaluation de sûreté vise à apprécier la sûreté de l'installation et à l'améliorer au regard des exigences applicables à des installations plus récentes, de l'évolution des connaissances ainsi que du retour d'expérience national et international. L'ASN s'est intéressée à 21 thèmes techniques couvrant la gestion des accidents graves, les études probabilistes de sûreté, le confinement des réacteurs, les agressions internes et externes, les études d'accidents et de leurs conséquences radiologiques, la conception des systèmes et des ouvrages de génie civil et la gestion du vieillissement de l'installation.

''Les modifications matérielles définies lors de la phase d'étude du réexamen de sûreté et destinées à élever le niveau de sûreté du réacteur ont en grande majorité été mises en œuvre pendant la troisième visite décennale du réacteur (…), les autres devant être mises en place au cours des prochaines années'', précise l'ASN.

Ainsi, EDF devra renforcer le radier du réacteur avant le 30 juin 2013, ''afin d'augmenter sa résistance au corium en cas d'accident grave avec percement de la cuve''. Le corium est un mélange de combustible entré en fusion avec la gaine de combustible. À Fessenheim, le radier a la particularité d'être plus fin que celui des autres réacteurs du parc français : 1,5 mètres contre 2,5 à 3 mètres. L'intervention est jugée délicate par André-Claude Lacoste, qui estime qu'elle n'a jamais été réalisée à ce jour sur un réacteur en fonctionnement.

L'ASN demande également la mise en œuvre de dispositions techniques de secours permettant l'évacuation durable de la puissance résiduelle en cas d'accident grave de fusion du cœur. Autrement dit : une source de refroidissement supplémentaire doit être installée avant le 31 décembre 2012. En 2009, Fessenheim avait dû faire face à une perte partielle de source froide.

D'autres prescriptions concernent le combustible, la tenue au séisme, la piscine de stockage, le risque d'explosion.

L'ASN attend désormais les propositions d'EDF pour se conformer à ses prescriptions. Celle sur le radier est attendue pour fin 2011.

Six défauts de génie civil

L'examen de conformité est décliné en dix thématiques : retour d'expérience de l'inondation de la centrale nucléaire du Blayais en 1999, risque d'incendie, génie civil, tenue du tube transfert du combustible entre les bâtiments réacteur et combustible, ancrages, supportage des chemins de câble, ventilation, séisme, opérabilité des matériels mobiles appelés dans les procédures de conduite incidentelle et accidentelle et risque de criticité.

''L'ASN considère comme satisfaisantes les dispositions prises par EDF à la suite de l'examen de conformité. Des études complémentaires sont néanmoins nécessaires concernant le génie civil sans toutefois remettre en cause l'aptitude à la poursuite d'exploitation du réacteur'', note la décision. Six défauts de génie civil sont à résoudre d'ici fin 2012.

Réactions5 réactions à cet article

 

Ajouter un Radier sur une des plus anciennes centrales de France est quasi impossible, je sais que des miracles arrivent ... mais la ?????

A entendre France info ce matin la centrale serait en Allemagne, je suis Alsacien, j'habite a Une 50 aine de km de la centrale mais j'ai jamais vu de frontière ...

Serait-ce comme Tchernobyl ??? Tous restent à la frontière et même mieux on déplace des frontières ....

Ils sont tous très fort ces technocrates et politiciens.

tchougs | 05 juillet 2011 à 13h28
 
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J'ai déjà réagi sur la Newsletter du Journal de l'Environnement du 4.07,
et n'envisage pas de changer le contenu.
Merci

arthur | 05 juillet 2011 à 21h27
 
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Aujourd"ui la priorite N+1 est la reduction des emissions de CO2 émissions qui vont tres gravemant compromettre l'avenir de nos descendants

Arreter FESSEHEIM ? par quoi remplacer cette centrale sans émettre du C02 . La presse cite « La plus grande centrale solaire du monde » dont la puissance sera de 143 MW qui sera etablie sur un parc de 140 hectares et dont le coût s’élève a 430 millions a Toul
En tenant compte du soleil moyen en Lorraine (facteur de charge 15%) cette centrale fournira en un an une énergie de 200 GWh. La centrale de Fessenheim fournit en un an (facteur de charge 75%) 11.800 GWh c'est-à-dire qu’il faudrait 60 centrales photovoltaiques comme celle de Toul qualifiée par la presse de plus puissante du monde pour remplacer la centrale de Fessenheiions Ce n'est pas tout il faudra prevoir en hiver pour alimenter les besoins accrus des centrales a combustible fossile emettrices de C02?
Le soleil photovoltaique c'est beau c'est ideal... mais il est et sera incapable de reduire sensiblement les emissions de C02? Le subventionner c'est dilapider l'argent public.
Serions nous prfets a faire les economies d'énergie necessaires avec comme comme consequence un forte baisse du pouvoir d'achat ? Ce serait lameilleure solution pour preserver l'environement de nos descendants sinon seul le nucléaire civil empechera l'augmentation continue (+5% CETTE ANN2E°

FLEURENT | 11 juillet 2011 à 10h52
 
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les centrales nucléaires sont très puissantes c'est un fait, c'est d'ailleurs se qui fait leur dangerosité puisque la réaction de fission s'auto-alimente, créant un dégagement de chaleur peu contrôlable....les risques sont beaucoup trop élevés et une grande majorité de français l'a compris alors pourquoi une minorité de pronucléaires déciderait ce qui est bien pour notre futur? Les nucléocrates sont des menteurs ils l'ont prouvés ils le prouvent encore, plus personne ne vous croit.

technocrate137 | 19 juillet 2011 à 10h55
 
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@FLEURENT:
"par quoi remplacer cette centrale sans émettre du C02" : Depuis quand la production d'électricité nucléaire n'émet pas de CO2?
A raison de 2kgCO2/kg de béton et 50000tonnes de béton/réacteur + 200kt pour les structures de la centrale. Voila pour le béton uniquement, je vous laisse réfléchir pour le cuivre, les milliers de composés chimiques, les cuves en acier, les conduites, transformateur, etc.. Et puis venons en au combustible: 5000km de transport routier, 10000km de transport maritime et des milliards de litres d'eau polluées pour uniquement extraire et acheminer, viens ensuite l'enrichissement... qui consomme en énergie l'équivalent de 2 réacteurs pour alimenter le parc... puis ensuite vient le retraitement et la les cout en € et CO2 ne sont même pas quantifiables puisque cette opération va durer environ 1000ans pour les pauvres 50ans de production... Bref, tout est rentable dans le nucléaire, vous voyez bien, c'est écrit par EDF que ça n'émet pas de CO2 alors personne ne conteste!

kif | 15 avril 2013 à 17h16
 
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