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Fukushima : premières éclaircies sur le front de la catastrophe

S'il est trop tôt pour évoquer une stabilisation de la situation, des progrès ont été enregistrés en vue d'établir une boucle de refroidissement fermée. Reste que la contamination aérienne impose de nouvelles mesures.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
   
Fukushima : premières éclaircies sur le front de la catastrophe
© Tepco
   

L'évolution de la situation à la centrale de Fukushima dépend actuellement d'un élément clé : la décontamination des quelque 110.000 m3 d'eau radioactive accumulés sur le site de la catastrophe. En premier lieu, cette étape est indispensable pour permettre l'accès des travailleurs aux bâtiments hébergeant les réacteurs en perdition afin d'y rétablir le circuit de refroidissement. Ensuite, l'injection de l'eau retraitée dans le système temporaire de refroidissement, établissant ainsi une "boucle fermée", est essentiel pour limiter l'accumulation d'eau radioactive sur le site et son déversement vers le Pacifique. Le plan de stabilisation présenté par Tepco le 17 avril, prévoyait que ces opérations soient achevées en trois mois, soit d'ici mi-juillet. Si, à deux semaines de l'échéance, le délai semble difficile à tenir, deux bonnes nouvelles attestent cependant que ce processus suit son cours sans inflexion majeure.

L'eau ne s'accumule plus

Première bonne nouvelle, Tepco annonce que, malgré plusieurs arrêts imprévus, l'usine de traitement de l'eau radioactive, construite par Areva et l'américain Kurion et mise en route le 17 juin, fonctionne correctement.

Le 23 juin, Goshi Hosono, qui suit l'évolution de la situation pour le gouvernement japonais, déclarait que l'usine "[traite] plus d'effluents que le volume d'eau nouvellement contaminée" et que "les risques de débordement ont baissé." Ainsi, près de 5.000 m3 d'eau auraient été retraités depuis le début de l'opération. À terme, l'usine devrait traiter environ 1.200 m3 par jour, alors que 500 m3 d'eau s'ajoutent quotidiennement au volume accumulé sur le site.

"Un système comme celui-là devrait prendre un an pour être construit" a expliqué Goshi Hosono, soulignant la rapidité de sa mise en œuvre. De même, si la mise en route a été émaillée d'arrêts, le responsable gouvernemental a indiqué qu'en temps normal les réglages d'une telle installation nécessitent deux mois de travail.

Autre bonne nouvelle, la mise en œuvre d'une boucle fermée, avec l'injection de l'eau décontaminée dans le système de refroidissement provisoire des trois réacteurs, a débuté le 27 juin. Comme pour l'usine de traitement, cette opération a dû être rapidement interrompue suite à une fuite. Cependant, selon l'Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle (Nisa), l'installation fonctionne maintenant sans interruption depuis mardi après-midi.

Une couverture PVC

Reste que ces progrès importants, s'ils valident en partie la stratégie défendue par l'opérateur, n'occultent pas les difficultés rencontrées par ailleurs. En particulier, malgré les mesures prises depuis plusieurs semaines, le confinement de la radioactivité reste problématique. Le programme de stabilisation de Tepco prévoyait de limiter la dispersion aérienne des particules radioactives en vaporisant de la résine sur les installations pour les fixer sur place. Or, cette option n'est pas suffisamment efficace, obligeant l'opérateur à modifier son programme.

Depuis le 27 juin, Tepco a entrepris la construction d'une "couverture" du réacteur 1. Selon le rapport présenté le 24 juin, il s'agit de construire une structure métallique qui surplombe le bâtiment réacteur pour y fixer des membranes imperméables en PVC qui retiendront les particules radioactives. Cette couverture protégera aussi le réacteur des intempéries, limitant ainsi l'accumulation d'eau qui pourrait remettre en cause le travail entrepris par ailleurs pour évacuer l'eau stagnante. Enfin, cela permettra de mieux évaluer les dégâts en mesurant la concentration des matières radioactives qui s'accumuleront entre le bâtiment et la couverture.

Avec une hauteur de 54 m et des largeurs allant de 42 à 47 m selon les côtés, la tache s'annonce ardue. D'autant plus que l'édifice devra résister à la saison des typhons et à l'accumulation de neige. Si les travaux se déroulent comme prévu, le confinement de la radioactivité devrait être effectif à la fin du mois de septembre, voire fin novembre au plus tard. Or, le programme de stabilisation faisait de la limitation de la dispersion de la radioactivité, l'une des trois priorités du premier trimestre. Un objectif qui ne sera donc vraisemblablement pas atteint.

Quant aux réacteurs 2, 3 et 4, ils devraient être couverts dans un second temps. En l'occurrence, un niveau d'humidité de l'ordre de 99% interdit l'accès au bâtiment du réacteur 2 et les alentours des réacteurs 3 et 4 doivent encore être déblayés avant d'entreprendre la construction de la couverture.

Une amélioration précaire de la situation des piscines

Enfin, la situation des piscines contenant le combustible usé reste précaire. Le système d'injection de secours a permis d'abaisser la température de l'eau de la piscine du réacteur 2 à un niveau proche d'une situation normale. La piscine du réacteur 4 a, quant à elle, été étayée avec des piliers en acier afin de prévenir un risque d'effondrement.

Cependant, de nombreux assemblages ont chuté au fonds des bassins, menaçant ainsi de percer les piscines. Une menace qui ne pourra être écartée avant que le combustible usé ne soit totalement retiré des piscines.

Réactions8 réactions à cet article

 

Tout va bien Madame la Marquise, c'est magnifique alors que tout va MAL. Le corium a percé la dalle de béton, dernier rempart avant l'apocalypse nucléaire, mais à part cela, il y a une "amélioration précaire". La CRIIRAD, demande l'élargissement de la zone d'évacuation des population, mais à part cela une "amélioration précaire" ... ... ... La désinformation fait la joie des nucléocrates.
Aux USA, 2 centrales nucléaires ont les "pieds" dans l'eau, et une autre est entouré de flammes. Vive le NUCLEAIRE qui nous tuera TOUS.

En france, celle de Paluel donne des signes d'inquiétude et Civaux a une tranche d'arrêtée faute de débit de la Loire pour refroidir le réacteur. En Ecosse, une centrale arrêtée pour le bouchage d'entrée du système de refroidissement par des MEDUSES ! ! !
C'est une planète entièrement radioactive, du sous-sol au plafond qui nous attend, et ce, juste pour faire bouillir de l'eau, ça me rend malade.

Rémifasol57 | 30 juin 2011 à 09h15
 
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On ne nous dit pas tout. Le nucléaire pollue propre, c'est évident ! Pas de traces immondes sur les plages, pas d'épais nuage de cendres dans le ciel, l'invisible danger se répand insidieusement autour de Fukushima et rayonne irréversiblement sur le Japon. L'énergie du mal se propage. On entend plus parlé de ce danger ; l'information à pris le relais sur des sujets scandales, des faits divers sans importance vitale, des problèmes financiers ou des réjouissances sur d'infimes baisses du chômage... Mais le vrai scandale, le vrai danger sanitaire qui nous pend au nez, les dépenses irraisonnées engagées dans le choix du nucléaire, tout cela est occultés par les faux propos rassurants de nos élus concernant la machine infernale. Ce que l'on nous dit pas, c'est que stopper la machine coûte très très cher, et qu'il vaut mieux remettre le couvercle sur la marmite pour cacher l'ébullition - c'est plus discret... A bientôt donc pour un nouvel épisode catastrophe sur le sujet.
qu'il faudra se débarrasser des mortels déchets

Louis | 30 juin 2011 à 10h32
 
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Mon cher Remifasol157,

Garde à l'esprit que 2012 approche à grand pas ! Nous mourrons bien d'une façon ou d'une autre. En attendant, utilise ton écran plat comme table basse et fais la cuisine au charbon.
Bien à toi,

Ché

P.S. Pour avoir un autre avis sur le sujet : Jean-Marc Jancovici sort "Changer le monde, tout un programme!". Sans vouloir faire de pub, je conseille la lecture des résumés et interviews.

Ché | 30 juin 2011 à 10h37
 
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@ Ché : Les écrans plats sont en moyenne beaucoup moins consommateurs (de l'ordre de 2,3 fois moins) que les écrans cathodiques, bien que le cycle de vie soit tout aussi problématique. Je dis ça en passant.
D'autre part :
- A l'image d'un certains pays Européens, nous payons la déraison de nos digireants. 78% d'électricité d'origine nucléaire en Fr (World Nuclear Association) - On appelle ça mettre tout ses oeufs dans le même panier, quel intérêt, à part se mettre en position de faiblesse lors de négociation ? De plus, il est question de privatiser 21% du parc au profit de Bouyges (boursorama), des centrales financées publiquement puis privatisées une fois amorties ?! C'est raide.
- Entre 2001 et 2007, les prix de la matière première (uranium) ont bondi de 1000%. Attestant que les ressources sont insuffisantes quoi que les "zexperts" peuvent avancé. Ce qui a parallèlement provoqué les accords START1 & 2 : le démentellement de l'arsenal Américain et Russe pour approvisionner les centrales. Des solutions ... de raccro.
- Un mode de production opaque et tellement sensible qu'il devrait être déconnecté du principe de rentabilité qui gangrène sont fonctionnement. Comme le laisse présager la commission d'enquête sensé rendre son rapport en 2007 (toujours rien à l'horizon) chargée d'attester qu'EDF a provisionné suffisamment de fonds pour le démentellement des centrales vieillissantes.

Je ne dis pas que les décisions doivent être précipitées et frontales, mais à un moment...

Hannicare | 30 juin 2011 à 11h32
 
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et pendant ce temps là, la france fait le vrp du nucléaire civil dans le monde.Comment faire pour imposer une technologie létale aux populations qui n'en veulent pas....mais suis je bête les pôts de vin bien sûr.au pire on coulera un deuxième bâteau.

technocrate137 | 30 juin 2011 à 12h03
 
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A tout ceux qui veulent changer les choses, il existe une coopérative d'électricité en france qui fournit de l'électricité 100% renouvelable.renseignez vous! il faut taper là ou çà fait mal...le porte monnaie...

technocrate137 | 30 juin 2011 à 14h21
 
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Il faut mourir un jour, ça c'est évident malheureusement, mais le plus tard possible, si possible sans souffrance et en "choisissant" le moyen.
Le nucléaire, ce sont des souffrances à n'en plus finir, une impossibilité de se soigner, ce n'est le CHOIX d'aucun humain à part ces nucléocrates.
Qui veut du nucléaire ? PERSONNE. Cette "énergie" a été IMPOSÉE. Un génocide planétaire se prépare et personne n'en parle : TOUS COMPLICES. Tout en douceur, le nucléaire n'a pas de couleur, pas d'odeur, c'est un POISON INVISIBLE qui s'insinue partout en toute quiétude.

Rémifasol57 | 30 juin 2011 à 22h49
 
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Je n'ai pas le même optimisme que Philippe Collet. Greenpeace n'a pas la même analyse, si l'on prend la catastrophe globalement.
Et je pose simplement une question : l'eau qui a été "décontaminée", savez-vous à quel taux de radioactivité elle est encore ?

jef | 05 juillet 2011 à 17h26
 
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