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Géothermie profonde : inauguration de la première centrale thermique

La centrale alsacienne de Rittershoffen est la première application de la géothermie profonde intégrée directement à un process industriel. La France compte sur cette vitrine et les projets en cours aux Caraïbes pour exporter son savoir-faire.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Géothermie profonde : inauguration de la première centrale thermique
Environnement & Technique N°360 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°360
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Après cinq ans de travaux, la centrale géothermique de Rittershoffen (67), en Alsace, a été officiellement inaugurée mardi 7 juin 2016. Portée par la société Ecogi, cette installation valorise le potentiel géothermique de la région pour alimenter en chaleur le site industriel de Roquette Frères situé à Beinheim, 15 km plus loin. La zone est en effet propice au développement de cette énergie renouvelable. Des roches (granite, argile, calcaire et grès) naturellement fracturées et riches en aquifères permettent une circulation facilitée des fluides géothermiques chauds, et cela à des températures anormalement élevées pour de tels niveaux de profondeur. On observe ainsi une augmentation de la température d'environ 10°C par 100 m, soit trois fois plus que la moyenne nationale. On trouve ainsi des fluides à 140°C dès 1.500 m.

Sous la centrale de Rittershoffen, l'eau à 165°C est puisée à plus de 2.500 mètres de profondeur. Une fois à la surface, les calories qu'elle contient sont extraites, puis l'eau est réinjectée dans le sous-sol. "Cette boucle permet une alimentation énergétique 100% renouvelable, au rendement permanent et continu, indépendamment des conditions climatiques", expliquent dans un communiqué commun Electricité de Strasbourg (ÉS), Roquette et la Caisse des Dépôts, les trois partenaires à l'origine d'Ecogi. La centrale dispose d'une puissance de 24 MWth. Via un réseau de chaleur de 15 km, elle devrait fournir 190.000 MWh d'énergie thermique soit 25% des besoins de l'amidonnerie de Beinheim, une activité très consommatrice de vapeur. Elle vient compléter la chaudière biomasse bois-énergie de 43 MW implantée sur le site en 2011 dans le cadre de l'appel d'offres BCIA (Biomasse Chaleur Industrie Agriculture) de l'Ademe. Les énergies renouvelables couvrent ainsi 75% des besoins énergétiques du site en complément du gaz (25%).

Fonctionnement de la centrale
 
Une première mondiale

Avec cette centrale, la France dispose d'une vitrine technologique unique pour démontrer la faisabilité technique et la rentabilité économique de la technologie "Enhanced Geothermal System" hydrothermale ou EGS. "Tout est là pour faire une filière française innovante et dynamique", estimait Jean-Jacques Graff, directeur général de ÉS Géothermie, filiale de ÉS, en avril 2015 lors d'un colloque consacré à la géothermie. Cette technologie de production de chaleur et/ou d'électricité est directement issue des recherches menées depuis plus de 20 ans à Soultz-sous-Forêts. Ce site pilote a permis de valider le potentiel géothermique exceptionnel de la région, et de mettre au point un ensemble de technologies pour l'extraction, la circulation et l'exploitation de cette ressource. La centrale de Rittershoffen est la première application de la géothermie profonde intégrée directement à un process industriel.

Elle pourrait être la première d'une longue série puisque la France compte bien valoriser son potentiel géothermique profond. L'arrêté du 24 avril 2016 relatif au développement des énergies renouvelables prévoit d'installer 8 MW d'ici 2018 et 53 MW d'ici 2023 de production d'électricité grâce à la géothermie. Plusieurs permis exclusif de recherche ont été accordés en Alsace afin de caractériser de nouveaux lieux propices à l'installation à terme de centrales. Mais l'anomalie thermique de Rittershoffen existe également ailleurs en Europe comme dans le Massif Central et à Larderello en Italie.

Les Caraïbes comme base à l'export

La France compte également sur ces territoires volcaniques dans les Caraïbes pour renforcer et démontrer son expertise. Objectif ? 50 MW. "Il s'agit de développer en Guadeloupe et Martinique, un centre d'excellence sur la géothermie (entreprises, recherche, formation), vitrine du savoir-faire français et base de projection pour l'export", expliquait en avril 2015 André Bon, de la région Guadeloupe, chef de file du projet Géothermie Caraïbes.

Pour l'instant la seule unité existante est l'usine de Bouillante en Guadeloupe (Bouillante 1 avec 4,5 MW et Bouillante 2 avec 11 MW). Un projet de création d'une troisième unité (Bouillante 3), comprenant deux usines dont la première de 20 MW, est lancé depuis 2009. Un nouvel arrêté vient également d'accorder un permis exclusif de recherches de gîtes géothermiques à haute température à la société Géothermie de Guadeloupe SAS. Ce permis dit "permis de Vieux-Habitants", accordé pour une durée de cinq ans, présente une superficie de 120 km² environ. Le secteur visé par la demande "montre des similitudes très remarquables" avec le site de Bouillante.

Le projet Géothermie Caraïbes vise également la création d'une usine géothermique de 10 MW à la Dominique, île située au nord de la Martinique et au sud de la Guadeloupe. L'usine alimenterait les trois îles en électricité.

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