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Actu-Environnement

L'IFEN s'intéresse à l'influence du mode de vie des ménages sur l'environnement

Malgré une sensibilité croissante de la population française à l'écologie et aux changements climatiques, une étude réalisée par l'Institut français de l'environnement montre que l'impact des ménages sur l'environnement continue de s'accroître.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Une étude sur l'influence du mode de vie des ménages sur l'environnement vient d'être publiée par l'IFEN (l'Institut français de l'environnement), le service statistique du ministère chargé de l'écologie. Plusieurs aspects ont été étudiés : l'espace occupé par l'habitat, la consommation domestique, les déplacements quotidiens et l'impact des vacances.

Concernant l'espace, l'étude révèle qu'en 2003, l'habitat individuel et collectif occupait 3,7% du territoire national avec 2 millions d'hectares. Ce qui représente, selon le service statistique, presque la moitié des sols artificialisés (sols bâtis, routes, jardins, chantiers…). Or l'artificialisation est responsable de la régression de milieux naturels et des espèces qui y sont associées et de la perturbation du cycle de l'eau et des sols.

L'étude précise par ailleurs que la demande moyenne énergétique des ménages depuis 30 ans correspond au tiers de la consommation totale d'énergie en France*. Elle a donc des incidences majeures sur l'environnement : émissions dans l'air de gaz polluants ou à effet de serre et autres impacts liés au mode de production de l'énergie… L'électricité qui constitue la seconde source d'énergie domestique a vu sa consommation annuelle doubler entre 1982 et 2005 pour atteindre 273 TWh.
Outre la pénétration de l'électricité comme source de chauffage, le développement de l'équipement électrique des foyers est une des raisons de cet accroissement : entre 1973 et 1998 la consommation d'électricité de l'électroménager a été multipliée par 29, celle de l'audiovisuel par 18, mentionne l'étude. Notons que les impacts environnementaux de la consommation d'électricité sont indirects car ils dépendent de la façon dont elle est produite. La production électronucléaire génère des déchets radioactifs : en 2003, la consommation par le secteur résidentiel (134,6 M KWh) a été à l'origine de 121 tonnes de déchets radioactifs à vie longue (durée de vie supérieure à 10.000 ans). Les centrales électronucléaires ou hydrauliques perturbent aussi le fonctionnement des cours d'eau (rejets d'eau plus chaude, barrages…). Les centrales thermiques classiques qui fonctionnent au gaz, au fioul ou au charbon sont une source d'émission de carbone. Par ailleurs, en fin de vie, les appareils électroménagers deviennent des déchets spécifiques difficiles à recycler. L'IFEN précise en plus à ce sujet, que l'acquisition d'équipements électroménagers avec une étiquette énergie A+, l'emploi de programmes froids pour le lavage du linge permettent de réduire de 20% à 40% la consommation d'électricité de ces équipements.

Pour ce qui concerne les déplacements quotidiens, et même s'ils ont en moyenne la même durée depuis 20 ans ( 55 minutes par jour), leurs motifs et leurs moyens ont évolué vers une dispersion des destinations et une motorisation individuelle. Les pressions environnementales liées à cette mobilité s'accroissent et touchent directement le cadre de vie et la santé des ménages (pollution urbaine locale et bruit), précise le rapport de l'IFEN. 81% des ménages avaient au moins une voiture en 2005 tandis que le recours quotidien accru à la voiture met en jeu des émissions croissantes de gaz à effet de serre.
Selon le rapport, la circulation des voitures particulières a été responsable en 2004 de 15,5% des émissions de GES de la France, contre 12% en 1990. Or même si l'éco-efficacité des véhicules mis sur le marché s'est améliorée pour moins d'émissions au km parcouru, les véhicules achetés sont plus lourds, plus puissants, donc plus gourmands et le parc automobile des ménages croît et vieillit.

Enfin, l'étude révèle l'impact de plus en plus important des vacances des Français. Ils sont en effet de plus nombreux à partir en congés (+24% entre 1990 et 2004), mais les courts séjours (de moins de 3 nuitées) se multiplient (+14% entre 1998 et 2004), tandis que les longs et moyens séjours se raccourcissent (de 14 à 10 nuitées en moyenne en 15 ans). Ces mouvements ont des implications locales : accroissement des nuisances routières (embouteillages, bruit, pollution de l'air), accentuation de l'utilisation des équipements collectifs des communes réceptrices (traitements des eaux usées, déchets, alimentation en eau potable), augmentation des loisirs ayant la nature pour support, tout en s'accompagnant d'un gain économique local indéniable, souligne l'étude de l'institut. En effet, plus le déplacement est de courte durée, plus le poids du transport se fait ressentir dans les émissions du GES. Et la voiture reste le principal mode de transport utilisé pour se rendre en vacances, loin devant le train (13 %), qui génère pourtant douze fois moins d'émissions de GES. L'étude note que pour l'ensemble des séjours, et ce, quelle que soit leur durée, un voyage en voiture représente en moyenne 187 kg eq CO2, sans considérer les déplacements quotidiens pendant la durée du séjour. En tout, les déplacements liés aux vacances effectuées en voiture génèrent environ 12,4 millions de tonnes de CO2, soit 16 % des gaz à effet de serre émis sur le territoire national par les véhicules particuliers. En outre, avec les arrivées de touristes, la démographie de certains départements peut doubler voire tripler. Cet apport démographique temporaire, mais parfois considérable, pose des problèmes dans les milieux où la ressource en eau est fragile (mer et montagne). Des stations d'épuration, calibrées sur les populations de pointe, fonctionnent en ''sous-régime'' une partie de l'année. Les activités des ménages sur leur lieu de vacances pèsent également sur l'environnement. Certains espaces peuvent connaître un cumul d'activités créant des conflits d'usage soit entre loisirs (promeneurs et usagers de loisirs motorisés, ou chasseurs, pêcheurs par exemple), soit au détriment d'une ressource (la ressource halieutique pour la production conchylicole et la pêche à pied ou bien le nautisme…, la ressource en eau restreinte en période de sécheresse entre agriculteurs et usagers de l'eau potable), explique l'étude.


* Consommation moyenne, toutes sources d'énergie confondues, : 20,8 MWh/an par résidence principale, soit 229,5 kwh/m2/an (ou 1,9 tep/an/logement) multipliée par 30,8 millions de logements

Notes

1 - Etude

Réactions2 réactions à cet article

 
Pesons nos mots, SVP. Merci

Pas plus que « Les Français », « les catholiques » ou « les automobilistes », etc… « la population française » n’existe pas et n’existera jamais. Et pas davantage « le Français », « le catholique », etc. …b

Cette globalisation est nuisible au raisonnement. Et c’est pire lorsqu’après avoir plus ou moins bien interrogé un échantillon soi disant scientifiquement représentatif, d’à peine 1 000 personnes , voire moins, et après avoir plus ou moins honnêtement analysé les réponses on titre « 74 % de Français estiment que ….»

Tout ce qui serait à peine logique de dire c’est « 74 % de Français interrogés …..» La rentrée est parfois occasion de bonnes résolutions. Et si on ne prenait seulement que celle-là « Peser ses mots pour réduire les maux pesants » ?

Bonne rentrée à toutes et à tous tout de même

Constructif | 23 août 2007 à 09h03
 
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l'acte d'achat respectant l'environnement

Si la consommation d'énergie et de carburant ne diminue pas, les français se disent pourtant de plus en plus sensibles et inquiets concernant l'environnement.

Une étude réalisée par Autem en 2001 indique que plus les consommateurs vont être inquiets, plus ils vont attendre de l'Etat et des institutions qu'ils trouvent des solutions.

D'un autre côté, les consommateurs qui sont actifs dans leurs choix de consommation écologique (font attention aux emballages, choisissent des produits bio...) sont moins inquiets que les consommateurs passif.

Depuis quelques années, l'Etat et les institutions ont mis en place des actions visant peut être à rassurer les inquiets, mais que font ils pour encourager les actifs au quotidien ?

Une TVA plus légère sur des produits neutre en terme de carbone par exemple ?
Des incitations pour les entreprises qui proposeraient des emballages écologiques ?

Nous travaillons sur la version 2008 de cette étude : comment les comportement ont évolués depuis la prise de conscience de l'Etat et des institutions...

A suivre, donc

Charlotte Palisson
Autem

Autem Alter plastique | 24 août 2007 à 09h40
 
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