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Le double intérêt des insectes : traiter les biodéchets et produire des protéines

A côté de la méthanisation et du compostage, la voie de l'entomoculture (élevage des insectes) s'avère très prometteuse pour la valorisation des biodéchets. D'où une offre de plus en plus fournie sur le marché français.

Déchets  |    |  Cécile Clicquot de Mentque Actu-Environnement.com
Le double intérêt des insectes : traiter les biodéchets et produire des protéines

Au syndicat européen des producteurs d'insectes (l'IPIFF, International platform of insects for food and feed), on parle beaucoup français. Et pour cause, l'entomoculture a suscité, depuis quelques années, de nombreuses vocations face à la nécessité de trouver des sources alternatives de protéines. L'évolution réglementaire en Europe autorisant les farines d'insectes en nourriture aquacole a été un facteur d'accélération des projets industriels. En matière d'aquaculture, 70 à 80 % des aliments protéinés sont actuellement importés en Europe. Quoi de plus logique, en plus de réduire les transports, que de nourrir des poissons avec une ressource, comme les insectes, qu'ils ont toujours consommés naturellement.

Un principe simple

Le contexte est donc très favorable au développement d'une filière d'élevage d'insectes. Il l'est d'autant plus que, pour certains des acteurs engagés sur des projets pré-industriels et industriels, l'enjeu des protéines alternatives est concomitant avec celui de l'économie circulaire autour des biodéchets. Selon les insectes utilisés, il est possible de les nourrir avec des déchets végétaux et alimentaires, permettant ainsi de coupler efficacement une problématique environnementale et économique. La mouche Soldat noire, qu'un bon nombre de startups ont décidé de travailler, a la capacité d'avaler nombre de biodéchets alimentaires. Et elle est très efficace : 1 kg d'œufs de mouche Soldat noir génère 10 tonnes de larves vivantes et l'élimination de 40 à 50 tonnes de déchets alimentaires en seulement 10 jours. Un record à comparer avec de nombreuses semaines de compostage….

Une mise en œuvre précise

Avec un tel potentiel, il n'est pas étonnant de voir autant de projets industriels se développer : Mutatec, NextProtein, Cycle Farms, NextAlim, Innovafeed, GreenSoldier et plus récemment BioMiMetic ou encore EntoProtein (en incubation en Bretagne) et Protfly (récemment soutenu par le concours Famae). Pourtant, même si le couplage des filières déchets et protéines alternatives paraît évident, il n'est pas pour autant simple à mettre en œuvre et réclame du temps de développement pour en maîtriser les paramètres.

Outre la nature des intrants, la pérennisation et la régularité des gisements est aussi un élément clé de ces nouvelles filières de valorisation des biodéchets. Mutatec a ainsi noué un partenariat avec Sede Environnement (groupe Véolia), entré au capital de la startup l'an dernier, pour travailler en intelligence en parallèle aux autres modes de traitement (notamment méthanisation). Les futures unités d'entomoculture doivent s'inscrire dans une stratégie territoriale où l'orientation des flux des biodéchets se fait de manière optimisée, sachant que l'entomoculture ne pourra pas, pour des questions réglementaires et de traçabilité, intégrer nombre de biodéchets (les carnés, les graisseux, la fraction fermentescible des OM, les fumiers, les lisiers…).

Cette réflexion globale a incité pour sa part BioMiMetic, l'un des plus récents "entrants" sur ce marché, à construire son offre un peu différemment du reste du marché. Damien Sabatier, son fondateur, insiste pour positionner son offre avant tout comme une solution "clé en main" de traitement et valorisation de biodéchets sur site (et non pas de production de protéines). La valorisation de l'insecte n'est alors qu'un moyen de générer de la valeur sur le traitement du déchet, en s'affranchissant des contraintes et des coûts logistiques sur la gestion des déchets.

A travers cette effervescence dans l'entomoculture, les insectes vont prendre sans doute une bonne place dans les chaînes alimentaires du futur, s'inscrivant parfaitement dans une logique d'économie circulaire. Mieux, ces derniers pourraient aussi devenir de précieux alliés pour la dégradation des plastiques conventionnels : des travaux de recherche ont déjà montré que des larves de certains papillons raffolaient du polyéthylène et que les vers de farine aimaient aussi le polystyrène !

Réactions1 réaction à cet article

 

L'avenir de l'humanité passe assurément par une utilisation plus diversifiée, intelligente et responsable de la biosphère qu'aujourd'hui.
Mais ça donne quoi au final, des larves de papillons qui se "nourrissent" de polyéthylène et de polystyrène, à part éparpiller et transférer la pollution ?

Pégase | 15 mars 2019 à 14h08
 
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