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La marge d'adaptation des écosystèmes et des sociétés humaines s'amenuise, selon le dernier rapport du Giec

L'accélération du réchauffement climatique pose la question des limites de l'adaptation. Le Giec en appelle à une mobilisation générale afin de réduire les risques tandis que la fenêtre d'opportunité se referme.

Risques  |    |  Agnès Sinaï  |  Actu-Environnement.com
La marge d'adaptation des écosystèmes et des sociétés humaines s'amenuise, selon le dernier rapport du Giec

Le changement accéléré du système Terre se déroule désormais non plus dans le futur, mais à court terme, selon le Sixième Rapport d'évaluation du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) publié aujourd'hui. Et la marge de manœuvre des sociétés humaines se réduit tandis que les écosystèmes dont elles dépendent voient leurs capacités de restauration mises à mal.

Les causes, toujours les mêmes, s'amplifient, comme dans un scénario catastrophe, à ceci près qu'il ne s'agit pas de fiction, mais de réalité : « Le changement non durable de l'utilisation des terres et de la couverture terrestre, l'utilisation non durable des ressources naturelles, la déforestation, la perte de biodiversité, la pollution et leurs interactions ont des effets négatifs sur les capacités des écosystèmes, des sociétés, des communautés et des individus à s'adapter au changement climatique », martèle le rapport.

 
Les impacts et les risques liés au changement climatique deviennent de plus en plus complexes et difficiles à gérer  
Giec
 

Les conclusions du groupe II du sixième rapport d'évaluation du Giec, très attendues, ne font que confirmer les tendances et brosser un paysage de changement d'autant plus accéléré que les causes s'imbriquent et rétroagissent selon des effets en cascade. Comme l'explique la co-présidente du groupe II, Debra Roberts, lors de la conférence de presse du 28 février, « ce nouveau rapport souligne les interdépendances entre écosystèmes et sociétés humaines. Les impacts et les risques liés au changement climatique deviennent de plus en plus complexes et difficiles à gérer. De multiples aléas climatiques se produiront simultanément et de multiples risques climatiques et non climatiques interagiront, ce qui aggravera le risque global et les risques en cascade dans les secteurs et les régions ».

La moitié de l'humanité est exposée

Le rapport du Groupe de travail II - finalisé et approuvé par 270 auteurs et 195 gouvernements - est l'évaluation la plus poussée des impacts du changement climatique et des stratégies pour s'y adapter depuis la publication du cinquième rapport d'évaluation du Giec en 2014. Plus de 34 000 articles scientifiques sont référencés. Cette publication fait suite à une session plénière de deux semaines qui s'est tenue virtuellement du 14 au 26 février, au cours de laquelle le rapport a été examiné ligne par ligne pour approbation par les représentants des gouvernements en dialogue avec les auteurs du rapport.

Aujourd'hui, la réalité dans toute son ampleur confirme et dépasse les prévisions du Giec. Le constat scientifique que le changement climatique est une menace pour le bien-être de l'humanité et la santé de la planète est « sans équivoque ». D'ores et déjà, environ la moitié de la population mondiale connaît actuellement une grave pénurie d'eau pendant au moins une partie de l'année en raison de facteurs climatiques et non climatiques.

Environ 3,3 à 3,6 milliards de personnes vivent dans des contextes très vulnérables au changement climatique. Les dommages causés au monde naturel sont plus importants qu'on ne le pensait. La moitié de toutes les espèces étudiées a modifié leur aire de répartition, beaucoup se sont éteintes localement et certaines espèces ont totalement disparu à cause du changement climatique, impact à caractère irréversible.

Les points chauds mondiaux de forte vulnérabilité se trouvent en particulier en Afrique de l'Ouest, du Centre et de l'Est, en Asie du Sud, en Amérique centrale et du Sud, dans les petits États insulaires en développement et dans l'Arctique. La vulnérabilité est plus élevée dans les endroits où se cumulent la pauvreté, les problèmes de gouvernance et l'accès limité aux services et ressources de base, les conflits violents et les niveaux élevés de moyens de subsistance sensibles au climat. Entre 2010 et 2020, la mortalité humaine due aux inondations, aux sécheresses et aux tempêtes était 15 fois plus élevée dans les régions vulnérables. L'injustice climatique, pointée par ce nouveau rapport, traduit l'ampleur des insuffisances en termes d'adaptation.

Limites et marges de manœuvre

Au cours des deux prochaines décennies, la production et la sécurité alimentaires seront menacées par un réchauffement supplémentaire, même minime, qui entraînera une augmentation de la gravité et de la fréquence des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations, ainsi qu'une élévation du niveau de la mer. Avec une hausse des températures supérieure à 1,5°C (overshoot), le risque de pertes simultanées de cultures de maïs dans différentes grandes régions productrices d'aliments augmentera, menaçant les chaînes d'approvisionnement mondiales.

La bonne nouvelle, c'est que la mise en œuvre de l'adaptation se déploie dans toutes les régions. La prise de conscience publique et politique croissante des impacts et des risques climatiques a conduit au moins 170 pays et de nombreuses villes à inclure l'adaptation dans leurs politiques climatiques et leurs processus de planification. Les outils d'aide à la décision et les services climatiques sont de plus en plus utilisés. Des projets pilotes et des expériences locales sont mis en œuvre dans différents secteurs.

L'adaptation peut générer de multiples avantages supplémentaires tels que l'amélioration de la productivité agricole, l'innovation, la santé et le bien-être, la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la conservation de la biodiversité, ainsi que la réduction des risques et des dommages. Attention toutefois à bien calibrer l'adaptation qui peut poser des problèmes, notamment lorsqu'elle se concentre sur un seul secteur ou un seul risque, ou lorsqu'elle privilégie les gains à court terme. Par exemple, les digues peuvent protéger les personnes et les biens à court terme, mais elles peuvent encourager les développements risqués et donc augmenter l'exposition à long terme, tandis que les défenses dures contre les inondations peuvent modifier ou détruire les écosystèmes. Le rapport parle de « maladaptation ».

Un arsenal de mesures

Dans ce nouveau rapport, le Giec ne s'en tient pas aux constats, mais propose un arsenal de mesures pour renforcer l'adaptation en la plaçant au cœur d'un nouveau pacte de transition et de développement, associant les populations marginalisées et les savoirs des peuples autochtones. « De multiples voies de développement sont encore possibles par lesquelles les communautés humaines, le secteur privé, les gouvernements, les nations et le monde peuvent poursuivre un développement résilient au climat - chacune impliquant et résultant de différents choix de société influencés par différents contextes et opportunités et contraintes sur les transitions de système », souligne la co-présidente Debra Roberts.

Une gouvernance inclusive, des investissements alignés sur un développement résilient au changement climatique, l'accès à des technologies appropriées et à des financements rapidement mis à l'échelle, le renforcement des capacités des gouvernements à tous les niveaux, du secteur privé et de la société civile, permettent un développement résilient au changement climatique, axé sur la justice sociale et luttant contre les inégalités. Mais la fenêtre d'opportunité se rétrécit. Bien que le financement mondial du climat ait augmenté ces dernières années, il ne suffit toujours pas à répondre aux besoins d'adaptation des pays les plus pauvres.

Réactions7 réactions à cet article

 

Paris ne connait ni les inondations ni les sécheresses parce que Paris a fait construire les 4 Méga réservoirs de la Seine : https://www.seinegrandslacs.fr/quatre-lacs-reservoirs/lac-reservoir-seine

laurent | 01 mars 2022 à 09h18
 
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Paris ne connait ni les inondations ni les sécheresses parce que Paris a fait construire les 4 Méga réservoirs de la Seine : https://www.seinegrandslacs.fr/quatre-lacs-reservoirs/lac-reservoir-seine

laurent | 01 mars 2022 à 09h46
 
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Je me demande comment nous allons passer l'été... canicule ? tempêtes violentes ? Si cela n'arrive pas avant. Il a déjà fallu tondre la pelouse, en février!

28plouki | 01 mars 2022 à 10h47
 
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le dérèglement est bien réel mais les inondations et les sécheresses n'en sont pas les conséquences mais bien les causes : il faut retenir et réguler les eaux de surfaces en amont pour ne pas inonder en aval, quand il n'y a plus d'inondation il n'y a plus de sécheresse et quand il n'y a plus de sécheresse il n'y a plus de canicule .... Et c'est valable sur TOUS les continents !
Nous subissons les symptômes climatiques d'une désertification des continents (disparition de la couverture végétale, déforestation) , l'agriculture est la seule activité économique a pouvoir rapidement inverser la tendance par une végétalisation massive au rythme des saisons et donc l'été, c'est très bien de planter des haies mais ce n'est largement pas suffisant, nos campagnes doivent être des océans de verdures et pas des déserts !

Les activités humaines engendrent des problèmes de pollution atmosphérique et de consommation énergétique en zone urbaine mais pas dans les campagnes.

laurent | 01 mars 2022 à 11h29
 
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La rupture en soirée du 2 décembre 1959 du barrage de Malpasset, dans le Var, libère brutalement 50 millions de mètres cubes d'eau qui tuent 423 personnes et génèrent d'incommensurables dégâts matériels en aval.
Même si ce type d'accident est fort heureusement très rare, voici la preuve qu'il peut aussi arriver en France, laurent. Alors, allons-y mollo avec la construction de nouvelles retenues d'eau, qui présentent toujours des risques (le principal étant sans doute la noyade). L'heure est plutôt à l'infiltration des eaux de ruissellement partout où c'est possible et à la modération dans les prélèvements d'eau, l'agriculture ne devant plus déroger à cette nécessaire sobriété qui concerne toute la population et toutes les catégories socio-professionnelles.

Pégase | 01 mars 2022 à 17h33
 
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Je ne vois pas bien le rapprochement entre la catastrophe de 1959 et la configuration des retenues d'eau du bassin versant de la Seine. Vraiment pas. Faut m'expliquer...
Quant au développement de retenues d'eau, il est évidemment nécessaire de l'encourager, avec études d'impacts et analyses de risques complètes. La France est un pays qui est relativement à l'abri du manque d'eau, à la condition d'une bonne gestion des bassins (ce n'est pas gagné quand on observe le cirque des comités de bassins de nos glorieuses agences de l'eau, incapables de dépenser correctement le trésor sur lequel elles dorment, ce qui amené l'Etat à inventer le concept de "plafond mordant" pour récupérer tout ce pognon qui dort).
Allez, courage !
Et vive l'agriculture qui produit !

Albatros | 02 mars 2022 à 10h06
 
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Sans compter qu'en plus c'est totalement faut. Lesdits bassins sont dimensionnés en crue de temps retour 55-60 ans. Donc ils ne nous protègent qu'imparfaitement.

JMLESU | 02 mars 2022 à 18h53
 
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