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Plastiques : Citeo lance le tri des emballages en plastique mal recyclés

Le premier centre de surtri des déchets d'emballages en plastique vient d'être inauguré en Côte-d'Or. Objectif : trier finement les plastiques encore peu recyclés pour alimenter de nouvelles filières de recyclage plus performantes.

Déchets  |    |  P. Collet
Plastiques : Citeo lance le tri des emballages en plastique mal recyclés
Actu-Environnement le Mensuel N°444
Cet article a été publié dans Actu-Environnement le Mensuel N°444
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Le 19 janvier, Bourgogne Recyclage et Citeo ont inauguré le centre de surtri des emballages en plastique de Ruffey-lès-Beaune (Côte-d'Or). Avec ce centre, et ceux d'Épinal (Vosges) et de Mende (Lozère), l'éco-organisme de la filière de responsabilité élargie des producteurs (REP) d'emballages ménagers compte recycler 90 % des emballages en plastique du bac jaune qui sont encore peu ou mal recyclés.

Au total, Citeo a consacré 49 millions d'euros (M€) à ces trois centres de surtri afin d'atteindre une capacité de tri de 70 000 tonnes par an (t/an) d'emballages en plastique. Un nouvel appel d'offres devrait être lancé d'ici à la fin du quatrième trimestre 2024 pour sélectionner un quatrième centre de tri. Objectif : disposer d'une capacité totale de surtri de 100 000 à 110 000 t/an d'ici à fin 2025 ou début 2026.

Un recyclage à l'échelle

La réglementation française et la future réglementation européenne évoquent la mise en place de filières de recyclage « à l'échelle », laissant entendre que les unités de recyclage doivent répondre aux enjeux posés par chaque résine plastique.
Pour l'instant, les flux restent limités par rapport aux volumes mis en marché. Citeo s'est par exemple engagé à fournir aux recycleurs 10 000 t/an de pots et barquettes en PS, alors que le gisement français annuel de 100 000 t/an (dont 60 000 t/an de pots de yaourt et compote).
Pour autant, Citeo explique que le dispositif de surtri est bien « à l'échelle », puisqu'il permet d'envoyer dans des filières de recyclage opérationnelles 90 % des déchets collectés dans le bac jaune. En outre, il ne s'agit que d'un minimum : le dispositif est conçu pour accompagner la progression du tri, l'idée étant d'orienter vers le recyclage tous les plastiques reçus, au fur et à mesure de l'amélioration du geste de tri.
Recycler 90 % du flux développement

Le cahier des charges de la REP emballages ménagers est clair : les éco-organismes doivent assurer un taux de recyclage de 90 % des emballages en plastique qui, jusqu'à maintenant, étaient peu, mal ou pas recyclés. Parallèlement, pour répondre aux objectifs d'incorporation de matière recyclée et à la demande des industriels, Citeo cherche à développer de nouvelles solutions de recyclage en boucle fermée permettant un retour au contact alimentaire du plastique recyclé.

Pour atteindre ces objectifs, l'éco-organisme a alloué ces déchets par appel d'offres pour accompagner le lancement de nouvelles filières de recyclage. Les entreprises Eastman et Carbios se partageront 17 000 t/an de barquettes en polyéthylène téréphtalate (PET), Indaver a obtenu l'essentiel des 10 000 t/an d'emballages en polystyrène (PS), Paprec, Suez et NorPalPlast se partageront 33 000 t/an de PET coloré, et Paprec traitera aussi les 3 000 t/an de PET opaque blanc.

Et pour assurer ces tonnages, Citeo a organisé un tri centralisé de ces emballages. Le bac jaune est d'abord traité dans les quelque 130 centres de tri des collectivités (112, à terme une fois la modernisation achevée) où ces emballages sont rassemblés dans un « flux développement ». Celui-ci est ensuite réparti entre trois centres de surtri : celui Ruffey-lès-Beaune (opéré par Bourgogne Recyclage et d'une capacité de 30 000 t/an), un à Épinal (d'une capacité annuelle de 25 000 tonnes et opéré par Suez) et le futur centre de Mende (qui sera opéré d'ici à la fin de l'année par Environnement Massif Central (EMC) pour une capacité de 15 000 tonnes par an).

Avec cette organisation, tous les emballages ménagers et les papiers graphiques peuvent être désormais placés dans le bac jaune, et cela sur 98 % du territoire français, résume Citeo. Cette année, le dispositif devrait en gérer de l'ordre de 60 000 tonnes.

Récupérer le plus de matière recyclable possible

Concrètement, le centre de Ruffey-lès-Beaune est calibré pour recevoir chaque année 30 000 tonnes de déchets plastique en mélange issues du « flux développement » et du « flux simplifié » (une solution de tri transitoire qui regroupe tous les plastiques rigides lorsque les collectivités n'ont pas encore la capacité de les trier plus finement).

Le site est capable de trier sept flux, avec la possibilité de le faire évoluer pour séparer jusqu'à douze plastiques différents. Il est essentiellement pensé pour le tri des emballages du flux en développement : les bouteilles de lait en PET opaque blanc ; les bouteilles d'eau gazeuse en PET coloré et celles en PET foncé non blanc (comme certaines bouteilles d'huile) ; les barquettes en PET clair monocouche et multicouche ; et les pots et barquettes en PS, dont les fameux pots de yaourt. À cela s'ajoutent aujourd'hui les bouteilles en PET clair et les flacons en polyéthylène (PE) présents dans le flux issu du tri simplifié.

Chacun de ces flux est trié avec des taux de pureté compris entre 95 et 98 %, selon les critères fixés par les recycleurs pour chaque résine. Autre impératif : les refus de tri ne doivent pas représenter plus de 10 % du volume entrant et ne doivent pas contenir plus de 25 % de plastiques recyclables. Pour y parvenir, l'usine est équipée de 15 machines de tri optique. Une ligne permet aussi de trier les bouts d'emballages de moins de 30 mm afin de récupérer un maximum de matière recyclable.

Au total, l'investissement atteint 26 M€, dont 19,6 M€ apportés par Citeo. L'éco-organisme a financé l'ensemble du process industriel et est donc propriétaire des équipements qui composent la ligne de tri. Bourgogne Recyclage a financé le bâtiment. Le gestionnaire de déchets bourguignon aura aussi la gestion du site pour sept ans, avec trois années supplémentaires en option. À ce titre, il a choisi, avec l'ensemblier, le procédé de tri et l'agencement des équipements.

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