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Loire-Bretagne : une vigilance de mise sur les pollutions diffuses et la morphologie des cours d'eau

Le bassin Loire-Bretagne souhaite atteindre 61 % de ses masses d'eau en bon état écologique en 2027. Les apports diffus de nitrates, de phosphore, de pesticides ou les pressions sur la morphologie des cours d'eau menacent la réussite de cet objectif.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

Les premiers jalons sont posés pour la politique de l'eau du bassin Loire Bretagne pour la période 2022-2027: son comité de bassin a adopté le projet de schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage). « Si cela a pris du temps en concertation, c'est que la question de l'eau est devenue centrale pour l'aménagement de notre territoire et face au dérèglement climatique », a assuré Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire-Bretagne. Désormais  le projet de document va être soumis à l'avis de l'Autorité environnementale nationale puis à consultation publique du 15 février au 15 août 2021.

Son objectif final ? Répondre aux objectifs de la Directive cadre sur l'eau. Celle-ci visait initialement l'atteinte d'un bon état pour chaque masse d'eau en 2015. Mais permettait également des possibilités de report d'échéance ou d'objectifs moins stricts, sous réserve de leur justification. Au niveau national, l'objectif est ainsi fixé à 68 % de masses d'eau en bon état écologique en 2027.

Pour le bassin Loire-Bretagne, le cap a été fixé à 61 %. Dans le détail, le projet de Sdage prévoit que 62 % de ses cours d'eau atteignent le bon état écologique en 2027, 38 % de ses plans d'eau, 64% pour ses eaux côtières et de transition. Le projet de document prévoit également que 89 % de ses eaux souterraines atteignent le bon état quantitatif en 2027.

Les cours d'eau subissent des pressions sur leur morphologie

Et les progrès à accomplir ne seront pas négligeables, au regard du dernier état des lieux du bassin. La zone médiane du bassin Loire-Bretagne couvrant les régions Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et l'est de la Bretagne constitue le secteur dont les masses d'eau sont les plus dégradées et subissent le plus de pressions. « Le sous-bassin Loire aval et côtiers vendéens est particulièrement concerné par ce constat. Il connaît ainsi la plus importante proportion de masses d'eau en état mauvais et médiocre », souligne l'état des lieux.

D'une façon globale, le document montre que seulement 24 % des cours d'eau étaient en bon ou très bon état écologique en 2017. En cause : le carbone organique dissous (46 %), le phosphore (phosphore total pour 33 % et PO43- pour 19 %), le taux de saturation en oxygène (32 %) et l'oxygène dissous (23 %). Les nitrates (36061) interviennent quant à eux dans le déclassement de 7,5 % des masses d'eau. Sans action complémentaire, le risque de ne pas atteindre les objectifs environnementaux à l'horizon 2027 concerne 79 % des cours d'eau. « Une part prépondérante du risque demeure liée aux pressions exercées sur la morphologie ainsi qu'aux pressions par les obstacles à l'écoulement, l'hydrologie et les pesticides », indique l'état des lieux.

 
Révision du Sdage Loire-Bretagne, une période à enjeux « Selon les travaux de révision en cours, la redéfinition des critères du nouveau Sdage semble aboutir à une déclinaison toujours plus restrictive des usages de l'eau, estime Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dans un courrier du 9 novembre adressé au président du comité de bassin de l'Agence de l'eau Loire Bretagne, rendu public par le journaliste Marc Laimé. A l'occasion de la révision de ce Sdage et avant son adoption je vous propose que tous ensemble nous portions une motion au plus haut niveau de l'État, pour qu'il prenne conscience de la situation extrêmement critique de nos territoires en matière de disponibilité de la ressource en eau et de notre inquiétude pour leur avenir. Il nous faut réagir, nous unir, pour que nous inscrivions dans le futur Sdage une véritable volonté de développer le stockage de l'eau et demander au gouvernement qu'il allège la réglementation qui le rend impossible par une somme de règles pour certaines iniques ». Pour mémoire, le bassin Loire-Bretagne concerne huit régions dont Auvergne-Rhône-Alpes.
 
Concernant l'état chimique, les connaissances sont toujours à consolider sur le bassin. « Force est de constater que si de gros progrès ont été faits depuis maintenant 15 ans, il est encore impossible de définir un état chimique avec certitude, reconnaît l'état des lieux. Toutefois il faut s'attendre à un état chimique général mauvais en raison de la présence de substances ubiquistes comme le mercure (Hg) ».

Les plans d'eau surtout touchés par un problème d'eutrophisation

Pour ce qui concerne les plans d'eau, moins d'un quart d'entre eux sont en bon ou très bon état écologique. « Le principal symptôme de la dégradation est l'eutrophisation due aux excès de nutriments, en particulier de phosphore, qu'ils soient apportés par les affluents ou déjà stockés dans les sédiments du plan d'eau », peut-on lire dans l'état des lieux. De la même manière que pour les cours d'eau, l'estimation de l'état chimique nécessiterait davantage de données. Toutefois, l'état des lieux relève que 6 des 108 plans d'eau sont en mauvais état. Une inversion de la tendance est nécessaire pour répondre à la DCE. 80 % des plans d'eau (soit 86 sur 108 masses d'eau « plan d'eau ») présentent un risque de non atteinte de leurs objectifs environnementaux en 2027. « Le niveau de risque suit le gradient est/ouest des pressions observées dans le bassin Loire-Bretagne (rejets ponctuels des collectivités et des industries, rejets diffus de l'agriculture), plus faible en Auvergne et Limousin qu'en Loire aval ou en Bretagne », précise l'état des lieux.

45 % des nappes présentent un risque de non atteinte des objectifs

Sur le bassin, 88 % des nappes d'eau souterraine sont en bon état quantitatif et 12 % en mauvais état. Concernant l'état chimique : près des deux tiers des masses d'eau souterraine (64 %) sont classées en bon état chimique. Celles en état médiocre (36 %) le sont par de fortes teneurs en nitrates seuls (42 %), en pesticides seuls (23 %) ou les deux (36 %).

Pour maintenir ce bilan, des actions seront toutefois à engager : 66 nappes sur 146 présentent un risque de non-atteinte des objectifs environnementaux, 18 pour des raisons quantitatives et 61 qualitatives. « Les 18 masses d'eau présentant un risque quantitatif en 2027 (nappes libres uniquement) sont déclassées du fait du non-respect des objectifs des cours d'eau associés, eux-mêmes en mauvais état écologique à cause d'une alimentation insuffisante par les masses d'eau souterraines, développe l'état des lieux. La masse d'eau alimentant le sud du Marais poitevin est déclassée aussi à cause d'une alimentation insuffisante de la zone humide ».

Les responsables du risque de déclassement du fait de la qualité ? Les nitrates, les pesticides mais également dans certains cas, les deux cumulés. Les nappes d'eau souterraines captives sont toutes en bon état.

62 % des eaux littorales en bon état

« Avec les indicateurs disponibles, les eaux littorales apparaissent à 62 % en bon état : 40 % pour les estuaires et 79 % pour les eaux côtières », note l'état des lieux. Pour éviter le statut quo à l'horizon 2027, l'accent devra être mis sur les échouages d'algues vertes (ulves) causés principalement par les excès d'apports de nitrates, le phytoplancton, les macroalgues subtidales mais également les micropolluants tel que le tributylétain (TBT) provenant des peintures utilisées pour le carénage des bateaux mais aussi des hydrocarbures, de l'insecticide Lindane (interdit en agriculture depuis le 1 juillet 1998) et de quelques métaux.

« Le Sdage et le programme de mesures verront en conséquence leurs actions prioritaires ciblées sur les masses d'eau concernées par les programmes d'actions - sur les zones vulnérables, les ressources en eau dégradées, utilisées pour la production d'eau destinée à l'alimentation humaine, les baies sujettes à prolifération d'algues vertes, l'équilibre de la fertilisation phosphorée et la lutte contre l'érosion, avec un effort particulier dans les bassins des plans d'eau prioritaires », avance l'état des lieux. Le comité a annoncé une enveloppe de 3,6 milliards d'euros pour le programme de mesure accolé au Sdage. Pour mémoire, l'état des lieux estime que les dépenses nécessaires à l'atteinte du bon état sur 100 % des masses d'eau avoisinent les 12 milliards d'euros sur le bassin.

Réactions1 réaction à cet article

 

"Les responsables du risque de déclassement du fait de la qualité ? Les nitrates, les pesticides mais également dans certains cas, les deux cumulés": nitrates et pesticides qui proviennent sûrement des stations d'épuration des méchants urbains !

Pégase | 07 décembre 2020 à 23h00
 
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