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Le nouveau plan loup pourrait conduire à abattre 10% de la population chaque année

Le plan loup, qui doit entrer en vigueur le 1er février prochain, pourrait conduire à une destruction de 10% des effectifs chaque année. Un projet dénoncé à la fois par les syndicats agricoles et par les naturalistes mais pour des raisons opposées.

Biodiversité  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

La question du loup reste toujours aussi passionnelle à l'issue du processus de concertation lancé par Nicolas Hulot en juin dernier. Le ministre de la Transition écologique avait annoncé vouloir réunir toutes les parties prenantes autour de la table, remettre à plat le dispositif de régulation et adopter un nouveau plan loup d'ici la fin de l'année.

Une dernière réunion de concertation a eu lieu ce mardi 12 décembre à Lyon. L'ensemble des syndicats agricoles l'ont boycottée en découvrant le projet de plan qui ne répond pas "à la détresse avérée des éleveurs". De leur côté, les associations de défense du loup dénoncent aussi le projet, mais en raison du choix de l'abattage comme mode de régulation.

"Un bilan démographiquement excédentaire"

Le projet de plan, diffusé aux parties prenantes conviées à la réunion, entend définir les moyens permettant "de concilier les activités d'élevage et la présence du loup dans les territoires". Les ministres de la Transition écologique et de l'Agriculture, en charge de son élaboration, retiennent le principe de "gestion adaptative" pour tenir compte de la pression de prédation et des impacts sur l'élevage "sans aboutir à une gestion différenciée selon les territoires". Ils prévoient d'amplifier le rôle des préfets "pour une gestion au plus près du terrain et des difficultés rencontrées".

Selon le document, les effectifs nationaux estimés sont passés d'une fourchette de 119 à 229 animaux en mars 2013 à une fourchette de 265 à 402 en mars 2017. Quant à la répartition géographique de l'espèce, sa présence concernait 515 communes fin 2012, contre 846 fin 2016. Ce qui traduit "un bilan de population démographiquement excédentaire" ainsi qu'"une expansion de l'aire de présence sur la période considérée".

Les deux ministres s'appuient sur l'étude conduite en 2016 par le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONFCS) pour fixer les orientations de la régulation. Selon cette étude, il est nécessaire de ne pas abattre plus de 10 à 12% de l'effectif pour ne pas remettre en cause la viabilité de l'espèce. "Sur cette base, la détermination du plafond de loups pouvant être détruits se fondera chaque année sur les résultats du suivi régulier de l'effectif de loups moyen annuel, estimé par l'ONCFS au printemps de chaque année", prévoit le projet de plan. Pour 2018, le plafond sera fixé à 40 animaux puis porté à 10% de la population, une fois connu les chiffres de la population au printemps.

"Il ne s'agit plus d'une dérogation à l'interdiction de destruction d'une espèce protégée mais la fixation d'un quota", s'indigne Madline Reynaud, directrice de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). Cette dernière rappelle que l'autorisation d'une telle dérogation nécessite au préalable de vérifier si des protections effectives des troupeaux ont été mises en place. En outre, dénonce la responsable associative, s'ajoute à ces prélèvements la "boîte secrète" des tirs de défense.

"Droit légitime des éleveurs à défendre leur troupeau"

Du côté des organisations agricoles, qui ont toutes boycotté la réunion de concertation, les réactions sont encore plus virulentes. "Stop à la technocratie et au dogmatisme", clament dans un communiqué commun la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, la Fédération nationale ovine (FNO) et les chambres d'agriculture (APCA). Les quatre signataires réclament "l'octroi d'un droit légitime des éleveurs à défendre en permanence leur troupeau, sans plafond" et l'abandon de l'idée de conditionner les indemnisations à la protection des troupeaux sans prise en compte des situations de prédation et des spécificités territoriales.

"Aucune des mesures de ce plan ne permettra de protéger efficacement les élevages", estime de son côté la Coordination rurale. Le syndicat réclame une réunion du groupe national loup en présence des seuls membres de la profession agricole, des chasseurs et des élus, ainsi que la modification du statut du loup. Quant à la Confédération paysanne, elle estime également inacceptable le plan en raison de l'absence d'objectif lié à la baisse de la prédation des troupeaux et en raison de la conditionnalité des indemnisations. "Doit-on rappeler que les loups ont tué plus de 100.000 animaux d'élevage depuis 1993 ?", interroge le syndicat pour une agriculture paysanne.

Il reste maintenant aux deux ministres à finaliser le dispositif, constitué du plan lui-même et de deux arrêtés, qui doit être bouclé pour le 20 décembre. Celui-ci sera soumis à la consultation du public le 3 janvier pour une durée de trois semaines et au Conseil national de protection de la nature (CNPN) pour avis le 18 janvier.

Et ce n'est visiblement pas dans le plus parfait consensus que le nouveau plan devrait entrer en vigueur le 1er février pour une durée de six ans.

Réactions1 réaction à cet article

 

Le loup, le lynx, l'ours, par delà la réaction sentimentale, sont-ils indispensables à l'équilibre du biotope ?

Pourquoi ne commence-t-on pas par stériliser une partie e des cerfs et des sangliers mâles.

Avec une battue complémentaire si nécessaire par trimestre assurée par l'armée en guise d'entraînement encadrée par l'ONF, voire les gendarmes.

Sans offrir le plaisir barbare de tuer "aux meilleurs défenseurs de l'environnement".

Sagecol | 13 décembre 2017 à 15h54
 
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