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Actu-Environnement

Le MEDAD annonce une baisse de 2,5 % des émissions de GES en 2006

Jean-Louis Borloo a annoncé que les émissions GES avaient baissé de 2,5% en 2006 en France par rapport à 2005 et de 4% par rapport à 1990. Cette diminution placerait le pays en bonne place pour honorer ses objectifs du protocole de Kyoto.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Le ministre de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables, Jean-Louis Borloo a annoncé mardi que les émissions de gaz à effet de serre en France avaient enregistré une baisse de 2,5% entre 2005 et 2006.

Selon l'inventaire du ministère, les émissions de gaz à effet de serre de la France sont estimées à environ 541 millions de tonnes équivalent CO2 (MteqCO2) pour l'année 2006 et ont diminué de 13,8 MteqCO2 sur un an. Elles seraient donc inférieures d'environ 4% au plafond fixé par le protocole de Kyoto pour la période 2008-2012, soit 564 MteqCO2. La France sera l'un des rares grands pays à respecter ses objectifs du Protocole de Kyoto, s'est félicité M. Borloo, à l'occasion de ses voeux à la presse.

Rappelons que le Protocole de Kyoto prévoit une réduction de 5,2% des émissions de CO2, CH4, N2O, HFC, PFC, SF6 entre 2008 et 2012 par rapport au niveau de 1990. Mais selon les données soumises au Secrétariat de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) par les pays signataires de la convention, cette réduction n'a atteint que 2,8% en 2005. Il reste donc de nombreux efforts à accomplir pour atteindre une réduction de 5% en 2012.

Toutes les Parties signataire du protocole ont des objectifs individuels de réduction qui sont listés dans l'Annexe B. En ce qui concerne l'Union Européenne, le protocole de Kyoto engage l'UE des 15 à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8 % par rapport aux niveaux de 1990 au cours de la première « période d'engagement » (2008-2012). En vertu de l'« accord de partage de la charge », qui est devenu juridiquement contraignant pour les États membres lorsque l'UE a ratifié le protocole de Kyoto (décision 2002/358/CE du Conseil du 25 avril 2002), cet objectif est partagé entre les 15 États membres. Il peut être négatif (-21% pour l'Allemagne), nul (0% pour la France) ou positif (+15% pour l'Espagne). Les autres pays de l'UE des 25 se sont chacun vus assigner des objectifs de réduction de 6 % ou de 8 %, à l'exception de Chypre et de Malte pour lesquels aucun objectif n'a été fixé.

Avec la réduction annoncée par le Ministre d'État, la France honorerait donc ses engagements. Selon le MEDAD, cette diminution résulte pour 11,5 % (soit 1.5 MteqCO2) de la baisse des émissions du secteur agricole et pour 19 % (soit 2.5 MteqCO2) de la baisse des émissions liées à la combustion dans l'industrie manufacturière. Elle découlerait également pour 30 % (soit 4 MteqCO2) de la baisse des émissions liées au chauffage dans le secteur résidentiel et tertiaire grâce aux efforts en matière d'économies d'énergie mais aussi à des conditions météorologiques plus clémentes qu'en 2005. Enfin 27 % (soit 3.6 MteqCO2) seraient liés la baisse des émissions liées à la production d'électricité. La part prise par les énergies renouvelables dans la production d'électricité a augmenté de 9,2%, la production hydroélectrique ayant en particulier bénéficié d'une pluviométrie plus favorable, note le MEDAD.

A cette occasion, la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet a rappelé que les objectifs arrêtés lors du Grenelle de l'environnement allaient en ce sens puisqu'ils visent à une réduction des émissions de 40% dans le bâtiment et de 20% dans les transports d'ici 2020. Ces derniers représentaient en outre le secteur le plus émissif en 2005 et celui qui a le plus augmenté depuis 1990, année de référence Kyoto.
Le ministre Jean-Louis Borloo a quant à lui confirmé qu'une grande loi d'orientation et de programmation, qui devra être votée avant l'été prochain, ferait suite au Grenelle de l'Environnement.

Réactions5 réactions à cet article

 
Tout va bien

Avez-vous inclus dans votre calcul le taux de GES produit par les industries délocalisées ?
Celles qui continuent à produire des GES ailleurs avec un impact sur l’écologie aggravé.
Plus de transport moins de contrôle, c’est surement très positif pour l’environnement et cela permet d’annoncer des beaux chiffres, de ce donner bonne conscience, et d’enrichir nos bons actionnaires ….
Tout va bien

MB | 23 janvier 2008 à 10h51
 
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GES et production électrique durable?

Sans doute la France a-t-elle investit dans la production d'électricité verte et sans doute cela a-t-il permis de gagner quelques pourcents sur l'émission de GES. Mais dans les solutions à mettre en place dans un proche avenir pour honorer les engagements de Kyoto, il y a aussi le renforcement du secteur de la production d'électricité nucléaire: prolongement de la vie des centrales existantes, construction de nouvelles centrales nucléaires, investissement dans la recherche pour le développement de réacteurs de nouvelle génération ou de la technologie de la fusion. Pieuse omission, Monsieur le Ministre.

S'il est vrai que le secteur du nucléaire permet de réduire l'émission globale de GES à l'échelle d'un pays, il comporte d'autres impacts environnementaux tout aussi graves:
- production de déchets dont une partie (certes représentant un petit volume) est susceptible d'engendrer pendant des milliers d'années des impacts très importants et irréversibles et pour lesquels n'existe aucune solution satisfaisante,
- risques d'accidents mineurs mais fréquents et cumulatifs, et d'accidents majeurs rares mais dévastateurs (comment a-t-on pu oublier si vite Tchernobyl?),
- impacts liés à l'extraction, la manutention et l'enrichissement de l'uranium,
et il y en a bien d'autres.

Le renforcement du nucléaire est une solution efficace sans doute pour atteindre les objectifs de Kyoto, puisqu'elle permet réduire UNE catégorie d'impacts sur UN compartiment de l'environnement (et les producteurs d'électricité ne se privent pas d'utiliser cet argument pour revitaliser un secteur économique en perte de vitesse), mais au prix d'une augmentation d'AUTRES impacts sur PLUSIEURS compartiments de l'environnement.

C'est le type même de l'approche compartimentée, unidimensionnelle de l'environnement dont on sait, par les expériences du passé, qu'elle génère des transferts de pollution, qu'il faut à son tour solutionner, etc. C'est le type même d'approche contre laquelle l'approche de développement durable s'élève.

Sommes-nous condamnés à fairecontinuellement les mêmes erreurs?

Nat | 24 janvier 2008 à 10h08
 
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Re:GES et production électrique durable?

Bonjour Nat.

Je suis d'accord avec votre diagnostic : le développement des centrales nucléaires limite les émissions de CO2 mais engendre d'autres risques environnementaux.

MAIS avons-nous le choix ? L'ordinateur que j'utilise actuellement pour vous répondre fonctionne avec de l'électricité d'origine nucléaire à 80%.
Et je pense qu'aucune personne, vivant en France, serait d'accord pour réduire de 80% sa consommation d'électricité afin de supprimer la production d'origine nucléaire.
De même personne ne propose de nouvelle solution technique pour produire, en France, ces 80% de l'électricité avec des installations ne produisant pas de CO2.

Afin de limiter les risques il faut donc accroître les contrôles, poursuivre les programmmes de R&D, augmenter les procédures de sécurité, ...
Tout en admettant que le risque zéro n'existe pas!!

Jean Ogier

ogier.jean | 25 janvier 2008 à 09h51
 
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juste une question d'echelle...

Bonjour,
si rien n'est fait pour limiter fortement les émissions de GES dès aujourd'hui, dans 400 ans très très peu de formes de vie auront encore la possibilité de subsister. Je pense que pour préserver les formes de vie présentes durant encore plusieurs miliers d'années, quelques déchets nucléaires valent l'investissement. Mais si vous êtes prêts à limiter votre consommation d'énergie de 80% pour eviter emission de GES et nucléaire, je prends aussi...

Anonyme | 25 janvier 2008 à 16h26
 
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Re:GES et production électrique durable?

A mes deux interlocuteurs (Mr Ogier et Mr Anonyme)

Oui, vous avez raison. Il faut bien faire quelque chose, et je ne suis pas plus prête que vous à sacrifier notre niveau de vie ou à dénier le droit des pays du Sud de se développer...

Mais comment choisir entre deux maux aussi potentiellement préjudiciables l'un que l'autre à la vie sur Terre? On ne sait pas comparer les deux et on ne sait pas ce qui sera pire. Le principe de précaution voudrait qu'on fasse réduise les GES ET qu'on sorte du nucléaire. Mais probablement qu'on n'a plus le temps d'imaginer les solutions qui nous permettraient de prendre cette 3e voie, alors qu'on connaît le problème depuis 20 ans. Que de temps perdu...

Ce n'est pas une raison pour avaler la pilule sans protester d'être pris en otage d'une situation qu'on a laissé pourrir pendant trop longtemps.

Aux arbres, citoyens, dirait Noah

Nat | 25 janvier 2008 à 17h35
 
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