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Incendies et climat, un cercle vicieux qui nécessite de nouvelles stratégies de gestion des forêts

À l'occasion de la 5ème Conférence internationale sur les feux de forêt, la FAO a appelé les pays à développer de nouvelles stratégies de gestion pour lutter contre les méga-incendies, à la fois conséquences et sources du réchauffement climatique.

Risques  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
Incendies et climat, un cercle vicieux qui nécessite de nouvelles stratégies de gestion des forêts
   

Alors que la Russie doit à nouveau faire face à de nombreux foyers d'incendie depuis le début du mois de mai, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) appelle à mettre en place de nouvelles stratégies de gestion pour lutter contre les méga-incendies de forêt. "Parmi tous les feux de forêt, les méga-incendies sont les plus coûteux, les plus destructifs, et les plus préjudiciables", rappelle la FAO en s'appuyant sur un rapport présenté le 10 mai à la 5ème Conférence internationale sur les feux de forêt à Sun City (Afrique du Sud). L'organisation a notamment étudié l'incendie du "Samedi noir" de 2009 en Australie qui a fait 173 morts et rasé de nombreuses villes, et les 32.000 foyers d'incendies détectés en Russie en 2010, où 62 personnes ont péri et quelques 2,3 millions d'hectares ont brûlé.

Souvent extraordinaires au vu de leur taille, les méga-feux sont surtout définis par leurs impacts sociaux, économiques et environnementaux qui les distinguent des simples incendies de forêts. Ces méga-feux sont parfois un groupement de feux multiples qui interagissent sur un grand secteur géographique. "Même dans les pays équipés d'outils modernes et des techniques adéquates pour combattre des feux de forêt graves, les sapeurs-pompiers sont généralement sur la défensive", constate la FAO. "Ces méga-feux remettent en question l'efficacité des stratégies conventionnelles de protection de la forêt", estime l'organisation.

Des risques accrus par le réchauffement climatique

L'apparition de ces phénomènes et l'augmentation de leur occurrence indiquent surtout la faiblesse des politiques de gestion forestière mises en place jusqu'à maintenant. La quasi-totalité des méga-feux évalués par la FAO ont été déclenchés par l'homme pour défricher les terres à des fins agricoles ou de développement. Dans les forêts tropicales, les méga-feux sont principalement alimentés par le bois mort séché abandonné après la coupe et le défrichage en vue de la conversion des sols en plantations et en terres agricoles.

De nouvelles stratégies doivent donc être développées selon la FAO, surtout dans un contexte de réchauffement climatique mondial : "Les méga-feux, pour la plupart imputables à l'homme, seraient exacerbés par le changement climatique, mais nous soupçonnons désormais qu'ils puissent constituer aussi un cercle vicieux qui accélère le réchauffement de la planète", souligne Pieter van Lierop, forestier à la FAO. "La question devient particulièrement pressante avec la fréquence et l'ampleur croissantes des méga-feux et les projections météorologiques de saisons d'incendies de plus en plus chaudes et arides", précise-t-il. L'organisation invite par conséquent les pays à mettre en œuvre des stratégies mieux intégrées de gestion des feux et à améliorer la surveillance des émissions de dioxyde de carbone dues aux incendies.

Développer le brûlage contrôlé

La FAO conseille notamment de s'inspirer des stratégies développées en Australie et en Floride où, en dépit de la présence prolongée d'une grave sécheresse, les coûts et dommages dus aux feux de forêt semblent nettement moindre qu'ailleurs : "Ces programmes traduisent des approches de prévention, d'atténuation et d'extinction plus équilibrées".

En Floride, le U.S. Forest Service et l'Etat de Floride sont propriétaires de quelques 800.000 hectares. Chaque année, les deux organismes procèdent en moyenne à une mise à feu contrôlée de 10 à 20% de leurs forêts. Les feux contrôlés sont organisés avec des rotations de 2 à 4 ans et coûtent entre 10 et 30 $ l'hectare, alors que dans les forêts non traitées, les coûts d'extinction des feux de brousse sont souvent supérieurs aux centaines, voire aux milliers de dollars l'hectare, sans compter les éventuels dégâts supplémentaires.

Dans le sud-ouest de l'Australie occidentale, le Département de l'environnement et de la conservation a également recours aux feux dirigés sur 8 à 9% de son territoire d'environ 2,5 millions d'hectares. Les coûts, pertes et dégâts liés aux feux de brousse ont considérablement diminué depuis le démarrage de ce programme contrôlé constate la FAO.

Toutes les catastrophes naturelles doivent être prises en compte

Les Nations unies encouragent plus largement les pays à mieux se préparer à toutes les catastrophes naturelles. À l'occasion de l'organisation du Dispositif mondial pour la réduction des risques de catastrophe à Genève, en Suisse, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé mardi les gouvernements à améliorer les mécanismes de préparations aux catastrophes : "Comme nous continuons de le constater encore et encore, aucun pays ou ville, riche ou pauvre n'est immunisé. Nous devons accélérer nos efforts. La vulnérabilité du monde aux risques de catastrophe augmente plus rapidement que notre capacité à renforcer notre résilience. Aucun effort de développement ne sera équitable et durable tant que des mesures relatives aux catastrophes et au climat ne seront prises".

Selon un rapport publié à cette occasion, les désastres naturels pourraient amputer les richesses mondiales de plus de 1.500 milliards de dollars en raison des risques économiques accrus des catastrophes ; des risques qui ont triplé ces quarante dernières années.

Réactions2 réactions à cet article

 

Nous sommes devant un mur, le réchauffement climatique nous montre les limites de l'expansion humaine, il est temps de stabiliser la démographie car il sera de plus en plus difficile de nourrir une humanité sans cesse croissante

René Varenge | 12 mai 2011 à 09h29
 
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Nous comprenons le risque et le danger que court le monde entier par ces incendies et ḿga-feux. Pour ma part, je trouve par ailleurs d(autres causes de ce ŕchaufement climatique ̈ savoir les grandes industries dans les pays industrialiśs. Je constate avec amertume que ces ḿga-feux ne se passent que dans les pays d́velopṕs. Est ce ces pays n(ont pas une bonne politique dans la gestion environnementale quant ̈ la gestion des foɛets par exemple. Je sais que les pays en voie de d́veloppement n(ont pas effectivement une bonne politique et que sa population n(est pas ́duqúe dans ce sens, mais dans ces pays donc leurs forets ne connaissent des ḿgas-feux comme on le vit dans les pays d́velopṕs. Donc, il faut l(́ducation et la sensibilisation tout azimuts. Jean Chrysostome MASALA

| 13 mai 2011 à 17h51
 
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