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Micro-algues : un regain d'intérêt pour le biocarburant

La compétitivité face au carburant traditionnel a toujours été un frein important à l'essor des carburants alternatifs. Mais à l'heure du réchauffement climatique et de la transition énergétique, la filière micro-algues aurait une carte à jouer.

Interview vidéo  |  Energie  |    |  Baptiste Clarke Actu-Environnement.com

Juste à côté du centre très protégé du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Cadarache, un nouveau bâtiment de 8 500 mètres carrés, d'un montant de 22 millions d'euros, va permettre de regrouper les unités de recherche de l'Institut biosciences et biotechnologies d'Aix-Marseille (Biam). Cet Institut a pour objectif, entre autres, de produire des biocarburants à partir de micro-algues.

Pour le moment les recherches se concentrent sur la chlamydomonas reinhardtii, une algue verte qui présente un génome facilement modifiable. L'objectif des prochaines années pour la recherche fondamentale est de trouver des solutions pour développer des micro-algues, les plus productives possibles. Explications dans la vidéo avec David Pignol, directeur de recherche au Biam-CEA.

Des avantages environnementaux indéniables

Quant à la compétitivité de ces biocarburants face au pétrole classique, le chercheur préfère parler d'environnement. « On doit penser au changement climatique. Le biocarburant est vertueux puisqu'il y a fermeture du cycle du carbone. Le CO2 atmosphérique est utilisé pour produire le carburant, qui va ensuite être brûlé et redonner du CO2. On ne touche pas à nos ressources environnementales. La question ne doit pas seulement être économique ; nous devons aussi savoir ce que l'on veut faire pour demain. On est sur une vision à long terme. » La filière micro-algues a de nombreux bénéfices, outre le carbone. Détails dans la vidéo avec Jean-François Sassi, chef de projet de recherche au CEA.

En attendant de trouver un équilibre acceptable, d'autres chercheurs travaillent sur les marchés actuels où les micro-algues ont déjà une place. La filière de la chimie biosourcée a un gros potentiel, notamment dans la production de plastique issu de la biomasse, plus facilement dégradable dans le milieu naturel.

Un budget annuel de 10 à 15 millions d'euros va permettre à l'institut de poursuivre les recherches fondamentales et appliquées avec, notamment, des partenaires industriels comme Total, qui aurait investi plus de 500 millions d'euros dans la R&D des biocarburants sur ces vingt dernières années. Le vent serait-il vraiment en train de tourner ?

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