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Mobilité électrique : l'UFC-Que choisir dénonce le « yoyo tarifaire » des bornes de recharge

Ajoutée à la lenteur du déploiement des bornes de recharge, la facturation des « pleins » d'électricité reste particulièrement opaque. L'UFC-Que choisir préconise un affichage obligatoire des prix avec une possibilité de paiement sans abonnement.

Transport  |    |  F. Gouty
Mobilité électrique : l'UFC-Que choisir dénonce le « yoyo tarifaire » des bornes de recharge

Si le déploiement des bornes de recharge pour les véhicules électriques s'est accéléré, leur encadrement tarifaire ne s'est pas amélioré, selon l'UFC-Que choisir. Dans une étude (1) publiée le 27 novembre, l'association de consommateurs souligne même « l'opacité du système actuel ».

Un déploiement insatisfaisant

L'UFC-Que choisir pointe, en premier lieu, le « décalage » entre la promotion de la mobilité électrique et les conditions de développement de l'infrastructure nécessaire. Elle évoque, d'une part, la lenteur de cette dernière : l'objectif fixé par la loi sur la transition écologique et la croissance verte (TECV) de 2015 d'atteindre le seuil de 100 000 points de recharge (2) en accès public en 2020 n'a été respecté qu'au printemps 2023. Au 31 octobre, l'Hexagone compte ainsi 111 209 points de recharge, selon l'Avere, l'association professionnelle de la mobilité électrique. De plus, « considérant les efforts de ces dernières années », cibler les 400 000 points de recharge installés en 2030 ne sera pas atteignable.

L'association de consommateurs regrette également la persistance de « zones blanches » dans leur maillage sur le territoire. « S'il existe des schémas directeurs de développement des infrastructures de recharge de véhicules électriques ouvertes au public (Sdrive) veillant à la coordination et à la cohérence du déploiement des bornes sur un territoire, ceux-ci ne sont pas obligatoires, rappelle l'UFC-Que choisir. Cela n'est pas acceptable, alors que les enjeux environnementaux appellent les consommateurs à se tourner vers les véhicules électriques les moins polluants, particulièrement en zones rurales où les alternatives à la mobilité automobile sont réduites. »

Cerise sur le gâteau, l'étude rapporte que 26 % des bornes de faible ou de moyenne puissance, et 39 % des bornes de forte puissance à recharge rapide ou ultrarapide (plus de 50 ou plus de 150 kilowatts, respectivement), ne fonctionnent pas en permanence, faute d'une maintenance suffisante. Or, si la majorité des recharges se font à domicile, 37 % des ménages demeurent sans stationnement privatif et dépendent de ces bornes accessibles au public.

Et une tarification opaque

La disponibilité n'est pas le seul écueil de la situation actuelle. L'UFC-Que choisir déplore surtout un véritable « yoyo tarifaire pour un même "plein" d'électricité ». Elle rapporte par exemple des écarts de prix pouvant aller jusqu'à plus de 800 % entre deux opérateurs sur un même point de recharge. Une variabilité bien souvent invisible pour le consommateur : le paiement s'effectue directement avec une carte de recharge souscrite par abonnement à un opérateur de mobilité. Ainsi, non seulement le paiement par carte bancaire est « indisponible pour la quasi-totalité des bornes », mais l'affichage des prix au kilowattheure hors abonnement au niveau des bornes n'apparaît pas, comme il n'est pas obligatoire. D'autant plus que les opérateurs des bornes de recharge peuvent choisir de facturer des frais de stationnement ou d'ajouter une tarification à la minute du temps de recharge.

Par conséquent, l'UFC-Que choisir demande à l'État d'imposer la possibilité d'un paiement par carte bancaire sur l'ensemble des bornes avec un affichage obligatoire des prix « pour limiter leur variabilité et supprimer les prix prohibitifs ». Des recommandations se faisant l'écho de la révision, en septembre dernier, du règlement européen sur le réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Celui-ci limitera la composition du prix à une tarification au kilowattheure et au stationnement et imposera son affichage, pour toutes les bornes à recharge rapide (moins de 12 % du parc français), dès janvier 2027. En outre, le paiement par carte bancaire y sera obligatoirement rendu possible à partir de mars 2024 (avant une mise en conformité pour l'ensemble du parc en janvier 2027). « Une avancée, selon l'association, mais (qui) ne doit pas se cantonner aux bornes rapides et au réseau RTE-T. »

1. Télécharger l'étude de l'UFC-Que choisir
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-43048-etude-ufc-que-choisir-bornes-recharge.pdf
2. À savoir, de « prises » individuelles, à la différence d'une borne qui peut en comporter une ou plusieurs

Réactions4 réactions à cet article

C'est un peu comme un film d'angoisse. Les véhicules thermique INTERDIT EN 2035 alors qu'il n'y aura pas possibilité de recharge parce que les câbles d'alimentation ne sont pas assez dimensionner surtout en ville pour alimenter les centaines de milliers de véhicules + les pompes à chaleurs puisque l'on va interdire les chaudières à gaz alors que le réseaux de distribution gaz lorsqu'il existe lui est parfaitement fonctionnel.
Je note au passage qu'aucun journaliste aucun promoteur de la voiture électrique n'a jamais fait part des milliers de câbles qui descendront des fenêtres des immeubles pour que le citadin puisse aller travailler le lendemain.
Cette étude de que choisir est le parfait reflet de la réalité, le reflet de l'incapacité de nos instances à prévoir le désastre en perspective et le reflet de l'incompétence qui règne aujourd'hui en France pour la quasi totalité des sujets vitaux :
travail, mobilité, sanitaire, sécurité, écologie, habitat, agriculture. Et que dire du désastre écologique de la fabrication des batteries dont nous serons totalement dépendant?

ouragan | 01 décembre 2023 à 10h26 Signaler un contenu inapproprié

Vu PUBLICITE OuestFrance cette semaine coût recharge 2-3 €/100km. Mais Ca monte à 10€, voire 12€ (tesla).
L'intérêt des voitures électriques n'est qu'en ville! Petites voitures uniquement pour
-particuliers qui peuvent recharger chez eux et sur des bornes dans les parkings grands magasins équipés d'ombrières avec panneaux PV.
-véhicules de livraisons, nettoyage, la poste, sociétés..
Ainsi on n'aurait pas besoin de dépenser des milliers de tonnes de Cuivre (qu'on n'a pas en France !) pour relier en milliers de km de câbles et faire les transformateurs, bornes de recharge sur les réseaux routiers !
Pourquoi promettre au grand public de rouler en électrique avec des voitures d'entrée de gamme à 30 000 € qu'ils ne peuvent se payer ! D'autonomie 300 km, mais sur autoroute à 130 km/h c'est 150 km, et réduit à 100 km par temps froid si vous mettez chauffage+essuie glace !
Les voitures hybrides direz vous ? Elles ont 2 moteurs, réservoir carburant, batterie d'accus qui alourdissent, donc augmentent les consommations d'énergie, et réduisent l'autonomie en km par rapport à une voiture thermique de même moteur,et d'une voiture électrique de même moteur
De surcroît, beaucoup de modèles par soucis de poids, et de prix de revient à la fabrication, ont à la fois moteur électrique bas de gamme + capacité des accus réduite (puisque qu'il y a recours au thermique ! ) ET moteur thermique bas de gamme qui ne sera pas capable de tracter une caravane sauf à mettre les 2 moteurs en route

J Cl M 44 | 01 décembre 2023 à 10h27 Signaler un contenu inapproprié

Tout est dit dans ces messages; vu que je fais mes installations électriques moi-même, calculant la section des câbles, effectivement je vois mal les solutions, mais la joie des voleurs de cuivre. Récemment, j'ai doublé une Tesla qui roulait bien doucement sur l'autoroute, sans doute en recherche de sa borne... On dirait les discours des Khmers rouges, avec la maire de Paris à la chasse aux "SUV", le gros mot à la mode. L'irréalisme technique est au pouvoir, mais le monde réel reprendra le dessus, avec la crise climatique en prime. Seule les innovations techniques pourront nous sauver, mais ce sera un monde différent.

28plouki | 02 décembre 2023 à 18h48 Signaler un contenu inapproprié

Je m'étonne qu'on demande le paiement à la borne par carte bancaire alors qu'en parallèle, on fait le forcing de partout pour pouvoir tout payer avec son smobyphone. La vie risque d'être compliquée dans 10 ans pour les futurs viocs de mon âge.

nimb | 04 décembre 2023 à 10h13 Signaler un contenu inapproprié

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