En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Multi-recyclage des enrobés bitumineux : le secteur s'organise autour du projet Mure

Le secteur des travaux publics cherche à développer des pratiques de recyclage des routes associé aux techniques d'enrobés tièdes. Les acteurs mènent plusieurs expérimentations depuis 2014.

Déchets  |    |  Fanny RoussetActu-Environnement.com
Multi-recyclage des enrobés bitumineux : le secteur s'organise autour du projet Mure

Fabriquer des routes à partir d'anciennes chaussées, elles-mêmes déjà réalisées depuis d'anciennes routes : c'est l'un des deux objectifs du projet national Multi-recyclage des enrobés (Mure). Le second étant de le faire grâce à des techniques d'enrobés tièdes à la place des techniques "à chaud".

Né de l'Institut pour la recherche appliquée et l'expérimentation en génie civil (Irex), le projet a débuté en 2014 et prendra fin en décembre 2018. Il inclut des maîtres d'ouvrage et des maîtres d'œuvre, publics et privés, des entreprises et des laboratoires de recherche. Chaque partenaire apporte sa propre contribution en fonction de son activité : le budget du projet Mure, et du projet de recherche qui y est associé Improvmure, s'élève à 4,7 millions d'euros.

Des routes multi-recyclées composées de 40 à 70% d'enrobés usagés

Une route est normalement composée de 95% de granulats – c'est-à-dire de la roche - et de 5% de bitume. Les professionnels du secteur proposent des solutions pour réduire la part nécessaire de ce dérivé du pétrole. Le recyclage en fait partie. Il est déjà pratiqué en France pour la fabrication de nouvelles routes, mais n'intègre que 10 à 30% d'enrobés recyclés. Le projet Mure teste des taux de 40 à 70%, avec les techniques d'enrobés chauds et tièdes. Ces proportions permettent de ne rajouter que 3% de bitume neuf. "Aujourd'hui, on essaye de faire grimper les taux d'incorporation dans les chaussées et de voir quel impact cela engendre", déclare Aurélia Nicolaï, chef de projet au sein de la direction technique et développement de l'entreprise Malet.

Six chantiers expérimentaux sont menés dans diverses régions de France. En Haute-Garonne, l'entreprise Malet, filiale de SPIE Batignolles, a été sollicitée par la communauté d'agglomération du Muretain pour réaliser un chantier de recyclage de route à Portet-sur-Garonne. Une première étape, en août 2016, a permis de réaliser une route à base de 40% d'enrobés usagés. La deuxième étape consistait à fabriquer une nouvelle route à partir de la première : c'est le principe du "multi-recyclage". Il s'agit de voir comment peuvent évoluer, sur le long terme, les routes faites à partir d'enrobés recyclés.

"Cela permet de savoir si la route va vieillir plus vite ou si elle a la même performance mécanique que les autres", indique Aurélia Nicolaï. Afin de reproduire les conditions réelles, un processus de vieillissement accéléré a été utilisé sur la route réalisée en 2016. "A l'aide d'une machine de thermo-régénération composée de brûleurs qui réchauffent l'enrobé, on vieillit l'enrobé de façon accélérée", explique la chef de projet. Ce protocole de vieillissement accéléré a été développé dans le cadre du projet Mure et testé, avec succès, pour la première fois en février 2015. Certains chantiers ont pu réaliser trois phases de recyclage.

Associer le recyclage et les techniques tièdes

L'objectif est aussi d'expérimenter ces techniques de multi-recyclage sur des enrobés tièdes afin de voir si le recyclage est réalisable dans ces conditions. En effet, la diminution de la température des enrobés a plusieurs avantages. Selon Aurélia Nicolaï, elle permet d'utiliser moins d'énergie, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'améliorer les conditions de travail des ouvriers par la suppression des émissions de fumées. Pour les professionnels, l'objectif est ainsi de continuer à développer les enrobés tièdes tout en recyclant.

Des tests ont par ailleurs été menés dans le cadre du projet pour s'assurer que les enrobés recyclés ne polluaient pas plus que les techniques classiques, notamment sur les ressources en eau. Il a été montré que "les concentrations (…) des éléments recherchés (sulfates, chlorure, fluorure, COD) sont fréquemment inférieures aux limites de quantification des méthodes d'analyse".

Les matériaux créés sur les différents chantiers sont envoyés aux laboratoires partenaires du projet. Un groupe de travail produira une synthèse globale des résultats. Fin 2018 ou début 2019, une journée de restitution permettra aux différents partenaires d'en prendre connaissance. Le suivi des chantiers du projet Mure sera ensuite assuré par le Cerema.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question au journaliste Fanny Rousset

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…