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Néonicotinoïdes autorisés pour les betteraves : l'Anses identifie des solutions alternatives

Ce mercredi 2 juin, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) annonce avoir identifié vingt-deux solutions alternatives aux néonicotinoïdes pour lutter contre les pucerons et la maladie de la jaunisse dans les cultures de betteraves sucrières.

Agroécologie  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
Néonicotinoïdes autorisés pour les betteraves : l'Anses identifie des solutions alternatives

La loi du 14 décembre 2020 autorise provisoirement l'utilisation de pesticides néonicotinoïdes (imidaclopride et thiamethoxam) pour traiter les semences de betteraves sucrières, contre les pucerons et la maladie de la jaunisse. Cette dérogation à l'usage des néonicotinoïdes (interdits depuis septembre 2018 en France) court jusqu'en 2023 au plus tard. Alors que les ONG contestent le recours à ces pesticides nocifs pour les abeilles, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) annonce, ce 2 juin, avoir identifié 22 méthodes ou produits alternatifs substituables aux néonicotinoïdes pour la lutte contre les pucerons de la betterave. « Nous nous sommes concentrés sur les deux espèces de pucerons principalement responsables de la transmission des virus de la jaunisse, le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et le puceron noir de la fève (Aphis fabae) pour identifier des solutions rapidement disponibles pour la betterave sucrière », explique Emmanuel Gachet de l'Anses.

Deux produits phytopharmaceutiques de synthèse utilisés à court terme

Dans son rapport, l'Agence a retenu quatre solutions alternatives disponibles à court terme pour réduire les populations de pucerons. Il s'agit de deux produits phytopharmaceutiques de synthèse : le flonicamide qui dispose déjà d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour un usage sur betterave, et le spirotétramate. À ces produits phytos s'ajoutent deux méthodes culturales « fondées sur la modification du mode de fertilisation ou protection des sols : le paillage, d'une part, et la fertilisation organique à l'aide de vermicompost, d'autre part ».

 
Les produits phytopharmaceutiques de synthèse se présentent comme l'alternative avec la meilleure efficacité au champ.  
Anses
 
Les produits phytopharmaceutiques de synthèse se présentent « comme l'alternative avec la meilleure efficacité au champ, certains sont d'ores et déjà autorisés », estime l'Anses. Ils sont de plus « facilement utilisables (par pulvérisation) ». Cependant, l'Anses alerte sur le risque d'évolution de résistance chez les pucerons, « qui impose un usage raisonné dans le temps et l'espace » de ces produits, et souligne l'intérêt « de la combinaison ou de l'alternance d'application de différentes substances ayant des modes et sites d'action différents ». De même, l'Agence estime qu'il faudrait également évaluer les risques pour la santé humaine et pour l'environnement « dans les conditions d'utilisation de ces substances actives en culture de betterave sucrière ».

Les méthodes culturales apparaissent quant à elles « comme la troisième option la plus prometteuse, combinant une bonne efficacité, une bonne durabilité a priori et pouvant être déployées sans besoin d'AMM ».

Dix-huit autres solutions substituables à moyen terme

En plus de ces quatre solutions « immédiatement utilisables », l'Anses identifie dix-huit solutions substituables aux néonicotinoïdes à moyen terme. Elles devraient être disponibles « dans un délai de deux à trois ans ». On trouve des produits phytopharmaceutiques de synthèse (quatre produits) et d'origine naturelle (trois produits), des microorganismes ou encore des insectes prédateurs ou parasitoïdes des pucerons ainsi que des huiles végétales ou minérales. Des produits phytopharmaceutiques d'origine naturelle « avec une réelle efficacité au champ ont été identifiés (ex. huile de neem, huile essentielle d'orange) et pourraient être rapidement mis à la disposition des agriculteurs », précise l'Anses. « Ils présentent sans doute une moindre rémanence et peut-être un moindre risque pour l'environnement que leurs homologues de synthèse mais ceci demande à être vérifié (par l'exemple l'huile de neem est considérée comme toxique pour les organismes aquatiques). Il est également nécessaire d'en préciser les conditions d'application sur betterave (formulation, dose, rémanence, etc.) », explique l'Agence.

   
La liste des 18 solutions alternatives aux néonicotinoïdes à moyen terme © Anses
 
   

L'emploi d'huiles minérales (notamment l'huile de paraffine) et organiques (ex. huiles végétales) « serait aussi à considérer sérieusement car leur emploi est aisé et leur efficacité, combinant différents effets (décapant, dessiccation, asphyxie, parfois élicitation de défenses des plantes), est avérée », ajoute l'Anses. De même, les microorganismes (champignons ou bactéries entomopathogènes) et les macroorganismes (prédateurs et parasitoïdes) ont « une bonne efficacité contre les pucerons ». Des produits « à base de Lecanicillium muscarium déjà autorisés et commercialisés pour d'autres usages pourraient être rapidement mobilisables ».

Par ailleurs, le déploiement de variétés de betterave sucrière résistantes aux virus de la jaunisse (plus qu'aux pucerons vecteurs) semble « une option très prometteuse », indique l'Anses, « car de nombreux gènes de résistance ont récemment été identifiés. Cette méthode aurait de plus l'avantage de l'efficacité et de la facilité de mise en œuvre, sans impact négatif sur l'environnement ».

Des alternatives efficaces mais insuffisantes en utilisation seule

La plupart de ces solutions alternatives montrent « des efficacités correctes mais insuffisantes, en utilisation seule, pour réduire les niveaux de dégâts à un seuil économique acceptable », conclut l'Anses. Elle recommande donc de soutenir l'effort de recherche et développement « pour adapter les solutions identifiées sur d'autres cultures au cas de la betterave sucrière et tester des combinaisons de solutions dans une approche de lutte intégrée, ainsi qu'en matière d'épidémiosurveillance ».

Réactions4 réactions à cet article

 

"22 méthodes ou produits alternatifs substituables aux néonicotinoïdes pour la lutte contre les pucerons de la betterave" : quand on songe que d'aucun déclarait un peu partout, dont sur des fils de réaction à des articles publiés par Actu environnement, qu'il n'existe pas d'alternative à ces produits hautement toxiques... !
Voilà qui confirme bien qu'il ne faut surtout plus écouter ces marchands du Temple et engager dès à présent l'agriculture sur la voie de l'agro-écologie puisque même l'Anses, qu'on peut difficilement accuser de verser dans l'écologie militante, montre que le sillon est tout tracé !
Voilà qui jette également une lumière crue sur l'inconséquence de la position du ministère de l'agriculture en faveur de ces molécules et remet sérieusement en question les fondements de la loi du 14 décembre 2020.

Pégase | 02 juin 2021 à 22h14
 
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Cher Pégase,

Votre charge du jour m'évoque celle des cuirassiers de Mac Mahon à la bataille de Reischoffen!

En effet, l'autorisation de l'imidaclopride (Gaucho) et du thiaméthoxane (Cruiser) n'aura plus cours dès le 6 juin 2021, aux termes de l'arrêté ministériel du 5 février 2021 (JO 6 février) article 1er, qui fixait à 120 jours la durée de l'autorisation d'emploi de semences de betteraves sucrières traitées avec ces deux substances.
Ces dérogations, caduques dans 3 jours, auront permis de répondre, autant que faire se pouvait vu l'urgence, à une baisse de rendement évaluée à 30%. L'ANSES a réagi vite et fait état d'alternatives prometteuses, en insistant sur l'intérêt de tester et d'expérimenter sur des associations de ces remèdes alternatifs.

Les fébriles et pointilleux historiens qui épluchent et dissèquent la prose d'Euplectes auront peut-être noté sur ce site, que j'ai moi-même et en temps, argumenté pour encourager l'emploi du flonicamide en lieu et place de l'imidaclopride ou du thiaméthoxam. Le flonicamide fait partie des deux produits phyto dont on dispose d'une expérience déjà très aboutie, qui sont préconisés aujourd'hui par l'ANSES; je ne connais pas assez le spirotétramate pour m'exprimer aujourd'hui à son sujet, mais je fais toute confiance à l'ANSES.

Euplectes aurait-il parfois quelques lueurs, (lol).

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 03 juin 2021 à 11h50
 
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Vous seriez-vous donc senti visé par mon précédent post sur ce fil, Euplectes ? Croyez bien que je le regrette...

Pégase | 03 juin 2021 à 13h36
 
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En réalité, cher Pégase, regrettez vous vraiment que je me sois senti visé?

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 03 juin 2021 à 15h31
 
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