En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Nucléaire : des circuits de refroidissement de 29 réacteurs atteints par une corrosion importante

L'Autorité de sûreté nucléaire annonce que certains circuits de refroidissement de 29 réacteurs répartis sur 10 centrales EDF sont atteints de corrosion importante. L'ASN classe l'événement au niveau 2 de l'échelle Ines.

Risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Nucléaire : des circuits de refroidissement de 29 réacteurs atteints par une corrosion importante

Lundi 16 octobre, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé que 29 réacteurs nucléaires de 900 et 1.300 mégawatts (MW), répartis sur dix centrales, sont affectés par un risque de perte de la source froide. Plusieurs portions d'un circuit de refroidissement essentiel pour la sûreté des installations sont rouillées. Cette corrosion est à l'origine d'"un état dégradé avec des épaisseurs inférieures à l'épaisseur minimale requise pour assurer leur résistance au séisme", explique l'ASN.

L'ASN classe l'incident au niveau 2 de l'échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (Ines) qui compte huit niveaux (de 0 à 7). En cas de séisme important, l'ensemble des parades ne pourraient pas être mises en œuvre pour ces 20 réacteurs, "alors la fusion du cœur ne pourrait pas être évitée à terme", explique l'avis de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) pour justifier ce classement Ines élevé. Par ailleurs, l'ASN ajoute que neuf autres réacteurs répartis sur quatre centrales (Il s'agit des centrales de Cruas, Paluel, Saint-Alban et Tricastin.) sont aussi concernés dans une moindre mesure (incident classé niveau 0 de l'échelle Ines).

C'est la troisième fois cette année que l'autorité classe à un tel niveau un incident concernant les réacteurs d'EDF. En juin, elle avait annoncé qu'un incident générique affectait les groupes électrogènes de secours à moteur diesel des 20 réacteurs de 1.300 MW implantés sur 8 centrales nucléaires. Fin septembre, elle a imposé à EDF de mettre à l'arrêt "dans les délais les plus courts" les quatre réacteurs de la centrale de Tricastin (Drôme). Cet arrêt a été décidé en prévention du risque de rupture d'une partie de la digue du canal de Donzère-Mondragon en cas de fort séisme.

 
Incident générique revu à la hausse Ce mardi, EDF annonce que l'incident générique qui affecte les groupes électrogènes de secours des réacteurs de 1.300 MW est étendu à certains réacteurs de 900 MW. Les réacteurs concernés sont les unités 2 et 5 du Bugey (Ain) et 1 et 2 de Fessenheim (Haut-Rhin). L'analyse des réacteurs 3 et 4 du Bugey est en cours.
EDF indique que les travaux de mise en conformité des équipements ont été réalisés ou le seront d'ici fin novembre.
 
Réparations en cours

Le nouvel incident annoncé ce mardi concerne le circuit de refroidissement des réacteurs. En cas de séisme, les tuyauteries des systèmes d'alimentation en eau du réseau de protection contre l'incendie et de filtration d'eau brute pourraient rompre et entraîner une inondation des centrales concernées. Les pompes du circuit d'eau brutes secourues seraient alors indisponibles. Ce circuit, constitué de deux lignes redondantes, sert à refroidir le circuit de refroidissement intermédiaire qui assure le refroidissement de l'ensemble des matériels et fluides des systèmes auxiliaires et de sauvegarde du réacteur. Il est censé fonctionner en permanence, y compris lorsque le réacteur est à l'arrêt, afin d'assurer, entre autres, le refroidissement de la piscine de stockage du combustible.

Le problème a été initialement détecté par EDF dans la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher). Les inspections complémentaires, réalisées par EDF à la demande de l'ASN, ont mis en évidence des défauts similaires sur neuf autres centrales.

L'avis de l'ASN précise que dix des 29 réacteurs concernés ont fait l'objet d'une réparation provisoire ou définitive. Neuf autres sont en situation d'arrêt et font l'objet de réparations qui seront finalisées avant leur redémarrage. Les dix derniers fonctionnent actuellement. Ils disposent d'au moins une voie du circuit d'eau brute de refroidissement résistant au séisme et la deuxième voie est en cours de réparation.

Réactions2 réactions à cet article

 

"Plusieurs portions d'un circuit de refroidissement essentiel pour la sûreté des installations sont rouillées. Cette corrosion est à l'origine d'"un état dégradé avec des épaisseurs inférieures à l'épaisseur minimale requise pour assurer leur résistance au séisme", explique l'ASN."

Ceci est-il observé aussi pour les circuits Primaires, càd en contact avec le coeur NUC, et les circuits Secondaires aussi?
Qu'en est-il de la corrosion et des épaisseurs de ces tuyauteries?
Merci de nous dire
Salutations
Guydegif(91)

Guy | 19 octobre 2017 à 11h58
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Bonjour,

Le Circuit d'eau brute secourue (SEC) est un circuit de sauvegarde qui permet d'alimenter en eau certains équipements, dont le réservoir du circuit d'alimentation de secours en eau des générateurs de vapeur. Ce circuit de secours en eau des GV permet de refroidir le circuit primaire via les GV en cas d'accident.

Quant à la corrosion et l'épaisseur des tuyaux, l'ASN, EDF et l'IRSN ne donnent pas l'information.

Cordialement

Philippe Collet Philippe Collet
20 octobre 2017 à 10h18
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question au journaliste Philippe Collet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…