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Transition énergétique : le couple franco-allemand veut une coordination des politiques européennes

France et Allemagne veulent renforcer leur coopération autour de la transition énergétique. Une annonce qui traduit la volonté de réviser la stratégie européenne. La question d'une coordination de l'évolution des mix européens est posée.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Jeudi 7 février 2013, Peter Altmaier, ministre allemande de l'Environnement, et Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, ont signé une déclaration commune sur la coopération dans le domaine des énergies renouvelables et la création d'un Office Franco-Allemand pour les énergies renouvelables dans le cadre de la transition énergétique. L'objectif est de "renforcer la coopération franco-allemandedans le secteur des énergies renouvelables aux niveaux nationaux, régionaux et locaux", indique le ministère français.

Cet office se veut un centre de ressource pour apporter des informations aux administrations et au secteur privé, réunir les administrations, entreprises et experts, organiser des conférences et rencontres et diffuser des publications, rapports et textes réglementaires.

Concrètement, les moyens alloués à l'office restent à définir. Pour l'instant l'annonce traduit surtout la volonté de transformer le Bureau franco-allemand de coordination des énergies renouvelables en un office permettant une coopération au niveau ministériel et rassemblant de multiples services et agences. Un office qui n'a pas vocation à accueillir d'autres pays, ont précisé les ministres, ajoutant qu'il s'agit plutôt pour les deux pays phare de la construction européenne de donner "une nouvelle impulsion à l'Union européenne (UE)". Le rôle joué par la France et l'Allemagne dans la création d'Airbus a ainsi été cité en exemple, même s'il n'est pas question ici de créer un géant européen des énergies renouvelables.

Faire de l'Europe le continent de la transition énergétique…

Il s'agit donc pour le couple franco-allemand d'alimenter la réflexion sur la politique énergétique européenne afin de faire de l'UE un leader mondial en matière d'énergie renouvelable. A ce titre, Peter Altmeier a souligné que la France et l'Allemagne défendaient déjà une position commune à chaque fois que nécessaire au sein de l'UE ou à l'international, comme par exemple lors de la conférence onusienne sur le climat de Doha (Qatar) ou lors de la réunion de l'agence internationale des énergies renouvelables (Irena) à Abou Dhabi (Emirats arabes unis).

Pour l'instant les visées exactes de l'office restent floues et peu de détails ont été donnés sur les résultats concrets que pourrait donner cet "approfondissement de la coopération entre les deux pays dans le domaine de l'énergie dans la perspective de faire de l'Europe le continent de la transition énergétique", pour reprendre les termes de la déclaration commune.

Néanmoins, dans la foulée de la signature, l'audition de Peter Altameier par le Conseil national du débat sur la transition énergétique a permis d'esquisser le contour de ce qu'il serait nécessaire de mettre en œuvre, selon le ministre allemand, pour placer l'Europe en tête de la transition énergétique.

…en intégrant les politiques énergétiques ?

Après avoir rappelé que le choix du mix énergétique est du ressort de la compétence nationale, le ministre a ouvertement remis en cause cette décision : "aujourd'hui je m'interroge pour savoir si c'était le bon choix". Poser la question, c'est y répondre. Il fait peu de doute à l'issue de l'audition que le souhait du ministre allemand n'est pas de définir un mix européen mais plutôt d'assurer une coordination européenne des évolutions des 27 mix énergétiques. Car si l'abandon du nucléaire, confirmé après la catastrophe de Fukushima, réussit à l'Allemagne, selon le ministre, il admet que cette décision unilatérale a déstabilisé certains Etats membres.

Il a notamment rappelé que les mix nationaux et les politiques de prix tiennent une place importante dans la compétitivité économique. Un élément qui plaide en faveur d'une harmonisation des politiques européennes, ne serait-ce que pour limiter la compétition entre économies européennes basée sur un dumping énergétique.

Peter Altameier a ainsi admis que le modèle allemand de transition énergétique était difficilement tenable pour ses voisins. En effet, en Allemagne, le coût du développement des renouvelables est supporté quasi-intégralement par les particuliers afin de préserver la compétitivité des entreprises. Une situation bien différente de celle de la France qui a choisi de maintenir le plus bas possible les factures des citoyens, quitte à moins privilégier les gros consommateurs d'électricité. Les privilèges accordés aux entreprises allemandes seront finalement gelés face aux critiques des Etats membres qui subissent les pressions de leurs industries électro-intensives…

"Je le dis pour la première fois, la transition dépasse les frontières de l'Allemagne", a insisté le ministre allemande.

Quand un auditeur lui demande trois conseils pour réussir la transition énergétique en France, le ministre allemand ne peut s'empêcher d'en ajouter un quatrième afin de s'assurer que le message est bien passé. Cet ultime conseil "bonus" ? Ne pas reproduire "l'erreur commise initialement" par l'Allemagne qui a engagé une transition sans tenir compte de ses voisins.

Réactions1 réaction à cet article

 

Comment accéder à 'exposé de Altmaier (si possoble en version allemande) ?
Le site du débat ne répond pas.

merci d'avance

Pierre Audigier

Pierre | 17 février 2013 à 09h27
 
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