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Actu-Environnement

Particules fines : la mortalité augmente les jours suivant l'exposition

Après avoir analysé la pollution de l'air dans 17 villes françaises, l'INVS alerte sur les risques accrus de mortalité à court terme. Les risques cardiovasculaires sont en tête, comme le rappelait récemment la Société européenne de cardiologie.

Transport  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°344 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°344
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La pollution aux particules a des impacts sur la mortalité à court terme (5 jours). C'est ce que révèle une étude de l'Institut de veille sanitaire (INVS) publiée le 6 janvier dans le cadre du Programme de surveillance air et santé (Psas) et portant sur 17 agglomérations urbaines sur la période 2007-2010. Bien qu'aucune de ces villes ne dépasse la valeur réglementaire européenne pour les concentrations en PM10 (40 µg.m3), une augmentation de cette pollution atmosphérique entraîne une hausse de la mortalité dans les jours qui suivent. Cependant, rappelle l'INVS, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise une valeur limite deux fois moins élevée : 20 µg.m3. Sur les 17 villes, seule Dijon respecte cette valeur.

Jusqu'à 2% de mortalité supplémentaire en été

Ainsi, quels que soient l'âge des citoyens ou la saison, une augmentation de 10 µg.m-3 des niveaux de PM10 journaliers augmente, le jour même et jusqu'à cinq jours après, la mortalité de 0,51% et la mortalité cardiovasculaire de 0,55%. Les plus de 74 ans sont les plus fragiles : leur mortalité augmente de 1,04%.

Globalement, "les effets sont plus importants [deux à cinq jours après l'exposition], ce qui indique que l'effet de la pollution est différé de quelques jours, sauf en été où l'effet sur la mortalité se concentre [le jour J ou à J+1]", précise l'INVS. Pendant la période estivale, la mortalité croît en effet de 1,30% le jour même et le lendemain de l'exposition, la mortalité cardiovasculaire de 2,06%. Il peut "y avoir des synergies entre l'effet de la température et des PM, soit en exacerbant des mécanismes physiologiques, soit en modifiant l'exposition (temps passé à l'extérieur, ouverture des fenêtres...)", estime l'INVS.

Les cardiologues alertent sur la mortalité cardiovasculaire

En décembre dernier, un groupe d'experts de la Société européenne de cardiologie alertait, dans une note de position publiée en décembre dans la revue European heart journal, sur le fait que "la pollution de l'air contribue au risque de maladies cardiovasculaires et de mortalité associée". Insuffisances cardiaques, risques coronariens, hypertension, arythmie, accidents cérébro-vasculaires (AVC)… Les polluants atmosphériques décuplent les maladies existantes, mais sembleraient aussi avoir un rôle dans le développement de ces maladies, soulignaient-ils.

"La pollution de l'air devrait donc être considérée comme un des plus grands facteurs de risque modifiables dans la prévention et la gestion des maladies cardiovasculaires", analysaient les experts, appelant à une intensification de la lutte contre la pollution atmosphérique "de toute urgence".

Réactions12 réactions à cet article

 

En regardant le détail des chiffres de l'étude, je trouve 1,5 décès de plus par jour pour l'ensemble des 17 agglomérations retenues ; c'est évidemment malheureux pour la personne et demi concernée, mais ce chiffre me parait finalement extrêmement faible par rapport à toute la médiatisation sur ce sujet.
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Levieux | 07 janvier 2015 à 12h12
 
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A Levieux
Il y a de nombreuses publications traitant de la pollution atmosphérique qui provient de plusieurs causes. On a fait du battage sur le diesel, mais pas sur le chauffage notamment au bois. Les suisses ont fait des études a ce sujet montrant que non seulement les foyers ouverts, mais aussi les poêles classiques (même dit a flamme verte) étaient des sources de pollutions importantes par les particules. La seule solution pour les réduire est l’utilisation de filtres, maintenant rependus dans les chauffages collectifs, mais pratiquement impossibles à mettre en place dans les chauffages individuels. Notre ministre de l’environnement vient de se distinguer en revenant par démagogie sur l’interdiction en ville des feux à foyers ouverts. Sur le Diesel M.Vals est un des seuls politiques qui ait eu le courage d’émettre une opinion qui ne soit pas démagogique. On a maintenant en France et à l’étranger suffisamment d’informations sur les dangers de la pollution atmosphérique responsable aussi de cancers du poumon. Cette pollution atmosphérique n’existait pas autrefois l’air n’est pollué que depuis que l’ont fait des mesures !! (analogie avec l’amiante qui autrefois n’était pas dangereuse). Aujourd’hui nous savons. Alors un peu plus de respect pour ce nombre de morts qui vous parait si faible et que nos politiques aient le courage de prendre les mesures necessaires pour notre santé

fleurent | 07 janvier 2015 à 13h43
 
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C'est ici :

...invs.sante.fr/beh/2015/1-2/pdf/2015_1-2_3.pdf

Il aurait été utile que les auteurs précisent aussi comment évolue la mortalité dans les jours qui suivent l'augmentation de la mortalité.

M./Mme Levieux a écrit : « Suis-je le seul à partager cet avis ? »

Réponse : non.

M./Mme Fleurent a écrit : « Cette pollution atmosphérique n’existait pas autrefois l’air n’est pollué que depuis que l’ont fait des mesures !! »

Vous avez la mémoire courte.

Wackes Seppi | 07 janvier 2015 à 17h57
 
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Donner de tels chiffres: 0.51%, relève de la sottise la corrélation n'a sûrement pas atteint ce niveau de précision. De plus les pics de pollution arrivent lors de la présence des hautes pressions atmosphériques ne seraient elles pas directement la cause de se surcroît de décès?

Virgule | 07 janvier 2015 à 20h17
 
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D'après le site du ministère de l'environnement (vu les chiffres, c'est d'ailleurs plus une problématique de santé publique que d'environnement)
"Les dépassements de particules seraient, selon des
travaux de l’OMS, la cause de 400 000 morts prématurées par an en Europe, dont environ
42 000 en France soit 5% des décès chaque année en France." : le doc complet : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/CP_-_Qualite_de_l_air.pdf
une cause qui représente 5% des décès, ca commence a faire, je trouve ...
Quand à la communication et la sensibilisation associées, je les trouvent bien faible au regard de ce qui se fait pour la sécurité routière par exemple qui représente 10x moins de décès (

Tony | 07 janvier 2015 à 23h38
 
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rien n'est simple
11.000.000 de français souffrent de précarité énergétique : pour eux le chauffage est trop cher. Et 5 à 600.000 par an se font couper l'Electricité ou le Gaz. La précarité énergétique entraîne de graves maladies : bronco-pneumonie, troubles psychiques, isolement, etc... On commence à estimer que 40.000 décès en France sont dus à ces maladies (en moyenne 100 par département, mais la part de l'Ile de France devant être plus lourde); en Grande-Bretagne c'est 50.000. Interdire le chauffage au bois, c'est renchérir le chauffage, augmenter les morts.
Rien n'est simple.

boaf | 09 janvier 2015 à 09h04
 
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Bientôt Seppi va nous démontrer que l'air pur est plus dangereux que la pollution atmosphérique, de plus en plus fort !
Puisqu'on vous dit que vous ne risquer rien Madame Michu

lio | 09 janvier 2015 à 12h29
 
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Lors des parcours de surveillance faite par la Gendarmerie, il serait bien d'y intégrer la contrôle des feux ... en effet, nous sommes environnés de gens du voyage, qui brûlent tous les plastics contenant du cuivre, afin de le revendre, et ceci en toute impunité, et le soir de préférence - on ne voit pas la fumée- néanmoins il y a l'odeur, qui ne prête à aucune confusion, en été, on laisse nos fenêtres fermées ! ça sent trop mauvais, mais qui prévenir ? il parait qu'il faut tout d'abord prévenir les pompiers, qui viennent constater et préviennent la Gendarmerie qui effectue alors un PV pour "feu de cuivre" est-ce toujours d'actualité, ou le processus s'est-il allégé ? merci de votre réponse ...

berthine | 10 janvier 2015 à 09h27
 
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"On a maintenant en France et à l’étranger suffisamment d’informations sur les dangers de la pollution atmosphérique responsable aussi de cancers du poumon" dit Fleurant, mais ne nous a-t-on pas dit que les cancers résultaient du simple hasard.

Virgule | 12 janvier 2015 à 12h16
 
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A Virgule Oui une récente publication a mis a jour le role du hasard dans certains cancer. Mais lisez la complètement pour voir ce qui est dit au sujet de l'influence du tabac Et regardez autour de vous combien l'usage du tabac a detruit de vies humaines. Et en plus de familles losqu'un des membres meurt prématurément

fleurent | 12 janvier 2015 à 15h26
 
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« Oui une récente publication a mis a jour le role du hasard dans certains cancer » ?

Il faut s'entendre sur le mot « hasard ».

Le cancer se développe quand une cellule, issue d'une multiplication (mitose), présente une anomalie génétique qui l'induit à se multiplier anarchiquement et qui n'a pas été réparée ; ou quand une cellule existante acquiert une mutation qui l'induit à proliférer. Cette anomalie et cette non-réparation se produisent « au hasard », mais avec des fréquences qui peuvent varier selon des facteurs génétiques et « environnementaux » (un mot qui inclut aussi, dans ce contexte, des facteurs tels que le mode de vie.

Les auteurs de l'article ont montré que, pour certains organes, il y a une corrélation forte entre le nombre de divisions cellulaires dans un organe et la fréquence des cancers affectant cet organe. Pour ces organes, c'est « la faute à pas de chance ».

Ils poursuivent dans leur résumé (je n'ai pas lu l'article, derrière un péage) que leur résultat « suggère » qu'un tiers seulement du risque de développer un cancer est attribuable à des facteurs environnementaux ou à une prédisposition génétique.

C'est sans nul un résumé fort cavalier, prêtant à des interprétations erronées. Les auteurs auraient-ils voulu se faire de la publicité qu'ils ne se seraient pas pris autrement.

[À suivre]

Wackes Seppi | 12 janvier 2015 à 18h14
 
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On sait par ex. que le mésothéliome (cancer de la plèvre) est quasi-exclusivement lié à une exposition à l'amiante. Que la très grande majorité (90 % ?) des cancers du poumon sont liés au tabac. Qu'il y a des prédispositions génétiques au cancer. Mais ces contre-exemples n'infirment pas ce qui est une évidence : de nombreux cancers sont dus à « pas de chance ».

Cette étude – en tant que telle ou telle qu'interprétée dans les médias – a évidemment dérangé la mouvance catastrophiste et technophobe. On en prendra pour exemple cet article minable de Mme Annie Thébaud-Mony dans le Monde. En gros, l'article scientifique est minable parce qu'il n'épouse pas les préjugés de la dame. « Non, le cancer n’est pas le fruit du hasard ! » écrit-elle en titre. Il fallait oser ! Alors que tout le monde sait qu'il y a des cancers « la faute à pas de chance », pour lesquels les médecins et épidémiologistes n'arrivent pas à identifier un facteur déclenchant.

On aurait du reste attendu du journal de référence qu'il donnât la parole à un expert de la question, pas une sociologue aveuglée par son idéologie. En témoigne aussi le lien qu'elle fait avec la source de financement...

Pour en revenir à M./Mme Virgule, oui, « On a maintenant en France et à l’étranger suffisamment d’informations sur les dangers de la pollution atmosphérique responsable aussi de cancers du poumon ». Mais non, on ne vous a pas dit – sauf dans la désinformation -- « que les cancers résultaient du simple hasard »

Wackes Seppi | 12 janvier 2015 à 18h31
 
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