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Pesticides aux Antilles : le MDRGF réagit aux déclarations de l'INVS

Risques  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Suite à la publication du rapport Belpomme sur l'impact des pesticides sur la situation sanitaire aux Antilles*, l'Institut de Veille Sanitaire avait souhaité rappeler qu'il s'intéressait à ce problème depuis plusieurs années. Les résultats des recherches en la matière effectués chez l'animal, mais aussi chez l'homme ont révélé une toxicité principalement hépatique, neurologique et sur la reproduction. Mais selon l'INVS, ces effets ont été observés pour des expositions beaucoup plus importantes que celles enregistrées aux Antilles. L'institut estime donc qu'à ce jour, aucun lien n'a été démontré entre l'exposition aux pesticides aux Antilles et les observations sanitaires qui y ont été effectués : la plus grande fréquence absolue du cancer de la prostate aux Antilles par rapport à la métropole peut être expliquée par l'origine ethnique de la population (facteur de risque bien documenté aux Etats-Unis). La diminution du nombre d'enfants par femme est également non spécifique et relève de bien d'autres causes que d'un impact sanitaire sur la biologie de la reproduction.

Mais pour le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), ce raisonnement est totalement ahurissant. Selon le MDRGF, des études scientifiques publiées entre 1986 et aujourd'hui et étudiées dans une méta étude montrent un risque accru de cancer de la prostate chez les utilisateurs de pesticides**. Les scientifiques belges responsables de cette méta étude ont retenu 22 études épidémiologiques sur ce sujets et calculé un risque de développer un cancer de la prostate en moyenne supérieur de +24% chez les utilisateurs de pesticides, estime le Mouvement dans un communiqué !
Le MDRGF souligne en outre qu'en France une récente étude*** étudie le lien entre pesticides et cancer chez les agriculteurs.
De ce fait le président du MDRGF, François Veillerette, qui représente le réseau d'ONG Alliance pour la planète dans le groupe de travail Santé et Environnement du Grenelle, appelle l'état français à ne pas réagir par la dénégation à l'alerte lancée sur les pesticides aux Antilles et à prendre en compte les travaux scientifiques récents qui montrent un risque accru important de cancer chez les personnes les plus exposées aux pesticides pour agir. Il faut protéger la population antillaise des pollutions existantes et mettre en place d'urgence une agriculture moins dépendante des pesticides, insiste-t-il.


**G. Van Maele-Fabry and J. L. Willems. Prostate cancer among pesticide applicators: a meta-analysis'. International Archives of Occupational and Environmental Health.Volume 77, Numéro 8 novembre 2004.

*** P. Lebailly(1) , E. Niez(1) et I. Baldi(2) 'Données épidémiologiques sur le lien entre cancers et pesticides' Oncologie.Volume 9, Numéro 5 / mai 2007

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