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Métiers verts : le coup de pouce du gouvernement à la formation des jeunes et des chômeurs

Le gouvernement veut former 10.000 jeunes et demandeurs d'emploi aux emplois verts et verdissants. Les éco-activités et l'emploi environnemental représentent plus de 450.000 emplois, soit près de 2% de la population active.

Gouvernance  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Lundi 14 mai, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Estelle Sauvat, haut-commissaire à la transformation des compétences, ont lancé un programme "pour favoriser l'accès des jeunes et les demandeurs d'emploi aux emplois verts et verdissants". Intitulé "10Kverts", ce programme consiste essentiellement à former 10.000 personnes à ces métiers. Parallèlement, Muriel Pénicaud et Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, ont confié une mission à Laurence Parisot afin de bâtir le plan de programmation de l'emploi et des compétences prévu par la loi de transition énergétique.

En 2016, les éco-activités et l'emploi environnemental représentaient 456.000 emplois, soit 1,8% de la population active. Les services du ministère de la Transition écologique expliquent que ces effectifs ont augmenté de 0,5% entre 2015 et 2016, "principalement en lien avec les conversions des exploitations françaises à l'agriculture biologique". Ce secteur emploie 32.264 travailleurs, en hausse de 11,7% sur un an. La gestion des déchets (84.550 emplois) et la gestion de l'eau (66.800 emplois) restent les deux autres secteurs gros pourvoyeurs d'emplois. Si l'on élargit à l'ensemble des professions qui ont une finalité environnementale (les emplois verts) ou dont l'exercice évolue avec les préoccupations environnementales (les emplois verdissants), le total atteint 4 millions d'emplois.

Un volet du plan d'investissement dans les compétences

Avec le plan 10Kverts, le gouvernement entend prendre en 2018 des engagements pour la formation aux métiers de l'environnement dans le cadre plus large du "plan d'investissement dans les compétences". Celui-ci constitue le deuxième axe du grand plan d'investissement 2018-2022 présenté par le gouvernement en septembre 2017. Concrètement, le plan d'investissement dans les compétences doit permettre de former un million de chômeurs de plus de 25 ans, avec des formations longues et qualifiantes, et un million de jeunes "décrocheurs". Quinze milliards d'euros sur quatre ans sont consacrés à cet effort. Le volet environnemental que vient de présenter Muriel Pénicaud concerne 10.000 formations aux emplois de la transition écologique. Ils "vont être cofinancées par Pôle emploi dans le cadre des préparations opérationnelles aux emplois de la transition écologique", précise le ministère.

Ce coup de pouce à la formation a été annoncé à l'occasion de l'inauguration du centre de formation d'Enercon de Longueil-Sainte-Marie (Oise). Toutefois, ce centre ne s'inscrit pas dans le cadre de la formation des chômeurs français. Il ne devrait pas non plus bénéficier aux employés français du spécialiste allemand de l'éolien. L'entreprise, qui, avec 800 salariés, revendique la place de premier employeur en France parmi les constructeurs d'éoliennes, inaugure en effet un centre international dédié à la formation de ses techniciens étrangers et français (pour environ 10% des employés formés). Ils y seront formés à l'installation de mâts en béton et au montage et câblage d'éoliennes en conditions réelles. Huit formateurs accueilleront chaque année 350 techniciens du monde entier. En septembre 2017, Enercon avait déjà inauguré un centre de formation interne pour ses collaborateurs en France à Le Meux (Hauts-de-France). Avec huit employés dont cins formateurs, celui-ci forme 600 techniciens par an via des stages de quelques semaines.

Formation des salariés en insertion

En outre, la ministre a annoncé une intensification de la formation des salariés en insertion par l'activité économique. Ce volet vise en particulier les domaines de l'économie sociale et solidaire, tels que ceux pratiqués dans les ressourceries, le recyclage et plus largement les métiers de l'économie circulaire. Le plan d'investissement va aussi financer la gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences (GPEC) des filières. Il s'agit de "mieux identifier les nouveaux besoins et disposer d'analyses plus précises et plus opérationnelles des nouvelles compétences attendues".

"Des projets sont en cours avec le bâtiment (Fédération française du bâtiment), les travaux publics (Fédération nationale des travaux publics), la logistique, la valorisation des déchets, [ou encore] le recyclage", ajoute le ministère. Les compétences concernées sont notamment le tri des déchets des activités professionnelles et de chantiers propres, l'utilisation de bio-matériaux dans le bâtiment, l'entretien, maintenance et recyclage dans le secteur automobile, la méthanisation agricole, l'installation de chaudières à condensation, de pompes à chaleur, d'outils de comptage intelligents, ou encore le terrassement (dans une optique de préservation de la biodiversité et d'économie des matériaux).

Enfin, les référentiels des métiers et les certifications seront actualisés. Ceux-ci "ont parfois dix ans de retard", explique le ministère qui évoque la création récente du titre professionnel de chargé d'affaire en rénovation énergétique du bâtiment et la révision du titre de technicien de maintenance d'équipements de chauffage, climatisation et énergie renouvelables.

Réactions2 réactions à cet article

 

Attention aux effets d'annonce. Cela fait plaisir à certains de publier des chiffres de croissance extraordinaire de l'emploi du secteur de l'environnement. La plupart ne sont que des changements administratifs.
Les jardiniers étaient dépendant du secteur de l'agriculture,
les éboueurs de celui des services municipaux, l'ingénierie de traitement d'eau de celui la métallurgie etc. etc. Ces emplois quittent leurs secteurs sales pour accéder à la noblesse du secteur de l'environnement.
Attention à ne pas faire rêver les jeunes en leur suggérant d’être agent de parc naturel pour en définitive être aux manettes d'un scrapeur sur une décharge.
Dès que le mot environnement apparaît dans une annonce d'emploi, ce sont systématiquement des centaines de candidatures qui affluent. Les spécialisations "environnement" des écoles d'ingénieur, les formations de techniciens et autres écobiologistes sont trop souvent des fabriques de frustration alors qu'on les avait fait rêver à la fois à des métiers enthousiasmant et à des débouchés faciles.

VD69 | 16 mai 2018 à 10h52
 
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c'est bien mais que fait-on des personnes comme moi qui ont un bac + 5 en environnement qui n'arrive pas à décrocher un boulot car on me demande toujours de l'expérience que je n'ai pas??? J'ai payé des études pour rien et j'ai dû faire une croix sur mon avenir professionnel car un master pro coûte trop cher et on préfère engagé un ingénieur... Ces gens devraient plutôt récupérer tous les diplômés motivés pour leur faire une mise à jour de connaissance et forcer les employeurs à accepter les gens sans trop d'expérience.

Aurélie | 16 mai 2018 à 13h57
 
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