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Sobriété énergétique des Step (4/5) : Les pistes du Siaap pour limiter les GES

Après avoir dressé un bilan complet de ses émissions de gaz à effet de serre, le service public de l'assainissement francilien explore plusieurs pistes pour les réduire. Retour sur les projets de recherche en cours.

Eau  |    |  Dorothée Laperche
Sobriété énergétique des Step (4/5) : Les pistes du Siaap pour limiter les GES

« Nous avons six usines d'épuration et cinq usines de prétraitement, pour 9,2 millions d'usagers. Aussi, les émissions de gaz à effet de serre (GES) de notre patrimoine ont été interrogées dès 2006, souligne Aïcha Jairy, directrice de la stratégie territoriale au service public de l'assainissement francilien (Siaap). Notre stratégie de développement durable, élaborée en 2016, n'avait toutefois pas d'objectif chiffré de réduction de ces émissions. »

En avril 2022le conseil d'administration s'engage dans la révision de cette stratégie. Celle-ci intègre désormais les éléments de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui fixe des objectifs de réduction d'émissions de GES pour les différents secteurs. L'assainissement est compris dans celui de la gestion des déchets. L'objectif est une réduction par rapport à 2015 de 37 % en 2030, et de 66 % en 2050. Or, pour le Siaap, la référence des émissions est de 620 000 tonnes équivalent dioxyde de carbone (teqCO2) en 2015. « La marche est très haute », estime Aïcha Jairy.

Première étape pour amorcer cette réduction : une bonne connaissance des principaux postes émetteurs. Le syndicat révise ses méthodes d'évaluation et réalise un bilan complet de ses émissions de gaz à effet de serre en 2022 (cf. article « Bilan de GES : le Siaap s'équipe d'un outil sur mesure »). Résultats ? Le premier poste est lié au procédé biologique de traitement des eaux usées par biofiltres, qui émet du protoxyde d'azote (N2O) (46,6 %). Sur les six usines d'épuration que compte le Siaap, quatre sont équipées avec ce dispositif.

Réduire le protoxyde d'azote

La réduction des émissions de N2O pourrait passer par une plus grande aération des bassins de traitement, mais cela augmenterait la consommation énergétique. Autre piste : un changement de technologie, par un procédé moins émissif. « Cette option paraît peu probable au vu de l'emprise au sol que cela demanderait et des montants déjà investis », note Aïcha Jairy.

 
Le schéma directeur d'assainissement du Siaap a montré qu'il y avait un effet ciseaux entre l'augmentation démographique et la diminution des débits de la Seine à cause du changement climatique (entre -25 et -40 %)  
Aïcha Jairy, Siaap
 
Le Siaap explore donc des possibilités innovantes en s'appuyant par exemple sur des bactéries qui produiraient moins de N2O, ou une réduction de la charge en azote présente dans les eaux usées, notamment en envisageant la séparation à la source des urines. « Les urines contiennent 80 % de l'azote et 50 % du phosphore des rejets humains », rappelle Aïcha Jairy.

Si quelques projets émergent en France, notamment en région parisienne, la mise en œuvre de la séparation à la source se heurte à des freins réglementaires, économiques et d'acceptation sociale. Les enjeux liés au réchauffement climatique pourraient faire évoluer les choses. « Le schéma directeur d'assainissement du Siaap a montré qu'il y avait un effet ciseaux entre l'augmentation démographique et la diminution des débits de la Seine à cause du changement climatique (entre -25 et -40 %) », indique la directrice de la stratégie territoriale du Siaap.

Le deuxième poste le plus émetteur de GES est lié à la réparation et à l'installation de machines et d'équipements (11,4 %), le troisième à la construction (11 %). Viennent ensuite l'utilisation de méthanol (5,8 %) et la consommation d'électricité (5,6 %).

Capturer le CO2

Pour réduire son impact GES, le Siaap envisage de produire du biométhane en purifiant une partie du biogaz qu'il produit déjà sur son usine de Seine Valenton. Il pourrait ensuite l'injecter sur le réseau public de gaz situé à proximité. Il compte également sur un projet de capture du dioxyde de carbone (CO2produit sur des sources concentrées. L'idée ? Combiner des procédés électrochimiques et thermochimiques pour le transformer en acide formique, en méthane et en méthanol. Ce dernier pourrait ensuite venir se substituer aux réactifs conventionnels utilisés pour le traitement des eaux usées.

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