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Recyclage chimique : le devenir des substances préoccupantes constitue une zone d'ombre

Les études portant sur le recyclage chimique des plastiques ne garantissent pas toujours l'élimination des substances dangereuses. Renforcer le tri en amont permettrait de contourner le problème. Mais d'importants et longs efforts devront être consentis.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Recyclage chimique : le devenir des substances préoccupantes constitue une zone d'ombre

Le recyclage chimique des plastiques est actuellement présenté comme une solution idéale pour obtenir des résines recyclées comparables aux résines vierges et gérer les substances présentant un enjeu pour la santé et l'environnement. Mais, en réalité, peu d'études apportent des preuves concluantes, constate un rapport de l'Agence européenne des produits chimiques (Echa) qui fait le point sur le recyclage chimique des polymères, notamment sur le respect des dispositions applicables dans le cadre du règlement Reach. En l'occurrence, les rares études portant sur le devenir des retardateurs bromés présents dans des plastiques traités par différents procédés de pyrolyse aboutissent à des conclusions très variables.

Un sujet peu étudié

Le rapport constate d'emblée le « manque de clarté et de cohérence dans l'utilisation du terme "recyclage chimique" ». Il s'agit, expliquent les auteurs, d'un terme générique qui recouvre une grande variété de technologies. Il englobe, bien sûr, les procédés de dépolymérisation, qui permettent d'obtenir des monomères à partir de déchets plastiques. Mais il recouvre aussi des technologies permettant d'obtenir des liquides, des gaz ou tout autres produits, utilisés parfois comme combustibles. Le point commun à toutes ces technologies : la structure des polymères est modifiée, contrairement au recyclage classique qui ne les modifie que physiquement en les broyant et les remodelant. Pour évaluer l'intérêt de ces technologies pour l'économie circulaire, l'Echa recommande d'abord de clarifier leur définition. 

 
L'utilisation du terme "recyclage chimique" manque de clarté et de cohérence  
Echa
 

Le rapport constate aussi que les questions réglementaires posées par le recyclage chimique ne sont quasiment pas abordées, en particulier celle concernant la conformité au règlement Reach. Pour l'instant, les études disponibles portent essentiellement sur différents types de pyrolyse des déchets électroniques et le devenir des retardateurs de flamme bromés. Les premiers résultats aboutissent à des conclusions très variées : les pyrolyses peuvent générer divers composés bromés (certains toxiques) qui se retrouvent dans les huiles de pyrolyse ou dans les déchets. Autre problème soulevé par l'Echa : les études ne précisent pas toujours si les essais portent sur des technologies en développement ou sur des procédés disponibles à l'échelle industrielle.

Pour remédier à ce manque de connaissance, l'Echa recommande de réaliser des études au cas par cas pour répondre aux enjeux spécifiques posés par chaque technologie en termes de sécurité des produits, des produits chimiques et des déchets. Ces études sur le devenir des substances préoccupantes devraient être menées dans des installations à l'échelle industrielle.

La traçabilité, une réponse efficace

Une façon de contourner la difficulté serait de renforcer la traçabilité, explique le rapport. En effet, certaines technologies de recyclage chimique sont soit sensibles à la présence de certains composés, soit réservées à certains plastiques particuliers. Puisqu'il existe de nombreuses bases de données relatives aux substances chimiques contenues dans les articles, il est possible d'identifier et de détourner les substances préoccupantes en amont du recyclage. Le rapport précise toutefois que cette stratégie basée sur le tri présente trois difficultés dont il faudra tenir compte : les bases de données manquent d'information sur les produits anciens ; les informations sont souvent dispersées dans plusieurs bases de données ; les technologies de tri ne permettent pas toujours de séparer convenablement les déchets à recycler. Pour autant, si les acteurs s'organisent convenablement, les blockchains et les technologies de tri peuvent permettre de gérer les problèmes posés par les substances préoccupantes. « Les avantages des blockchains pour les recycleurs seront atteints au prix d'une transformation numérique à grande échelle de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement », prévient toutefois le rapport, estimant que « le succès dépendra de l'engagement des investissements et de la collaboration entre acteurs et nécessitera beaucoup de temps pour rendre les solutions fonctionnelles ».

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