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Renaturation de rivières urbaines, le Val d'Oise et l'Essonne témoignent

Face au risque d'inondation et pour restaurer les continuités écologiques, des collectivités engagent des chantiers de renaturation de rivières urbaines. Illustration dans le Val d'Oise et l'Essonne.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Renaturation de rivières urbaines, le Val d'Oise et l'Essonne témoignent

 
Redécouvrir les vertus du cours d'eau Après les travaux d'artificialisation acharnés des cours d'eau réalisés pendant les Trente Glorieuses, les collectivités locales redécouvrent les vertus d'une renaturation des rivières urbaines, en particulier face aux risques liés aux changements climatiques. À la clé ? Prévention des inondations, restauration des continuités écologiques et amélioration du cadre de vie. De nombreuses initiatives sont lancées dans ce sens, mais elles réclament un travail sur la durée et nécessitent d'impliquer de nombreux acteurs.
 
« Le souvenir des inondations de 1992 est encore vivace dans les esprits. On s'est aperçu, lors de cet événement, que la rivière, qui avait été enterrée car elle était devenue un égout à ciel ouvert, avait été littéralement oubliée. Aussi, redonner à la population, au travers de ce projet, le spectacle d'une rivière en ville, est une véritable fierté », témoigne Antoine Espiasse, ancien conseiller municipal de Sarcelles (Val d'Oise) délégué à la Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi). C'est en effet le traumatisme des inondations dans le centre-ville de cette commune du Val d'Oise qui a été l'élément déclencheur du projet de réouverture du Petit Rosne, confirme Éric Chanal, directeur général du Syndicat intercommunal pour l'aménagement hydraulique (Siah), maître d'ouvrage des travaux.

Dans la vallée de l'Orge (Essonne), le déclencheur du projet de renaturation de l'Espace du Breuil (Épinay-sur-Orge) est différent. « Il s'agissait, en premier lieu, de rétablir les continuités écologiques, mais aussi d'atteindre le bon état des masses d'eau imposé par la directive cadre européenne sur l'eau (DCE) », explique Franck Boittin, directeur général adjoint du Syndicat de l'Orge.

Transformer un ancien bassin en zone humide

Après plusieurs années d'études et la mise en place de bassins de retenue en amont, les travaux ont été réalisés à Sarcelles en 2014 avec la volonté de maîtriser le risque inondation tout en faisant revenir la nature en ville. Les travaux ont consisté à rouvrir la rivière avec la création d'un nouveau lit sur 165 mètres, à créer un méandre et une petite zone humide, ainsi qu'à renforcer et végétaliser les berges. Trois passerelles ont également été mises en place.

À Épinay-sur-Orge, les travaux se sont achevés en 2019, ici aussi après plusieurs années de préparation. Ils ont consisté à effacer progressivement plusieurs ouvrages qui artificialisaient la rivière et à transformer un ancien bassin en une zone humide, aujourd'hui traversée par plusieurs bras de rivière. Avant de procéder aux travaux de finalisation nécessaires, le maître d'ouvrage a laissé la rivière en libre évolution quelques années après l'effacement du bassin. Pour une question écologique d'abord : le cours d'eau en liberté recrée naturellement des méandres et dépose des sédiments. Mais aussi pour une question budgétaire : les sédiments accumulés dans le bassin au cours du temps étaient pollués et auraient nécessité une coûteuse élimination en centre d'enfouissement.

D'un coût proche de 1 million d'euros chacune, ces opérations ont bénéficié l'une et l'autre de subventions du conseil régional d'Ile-de-France, de leur conseil départemental respectif et de l'agence de l'eau Seine-Normandie. Dans les deux cas, les maîtres d'œuvre sont des syndicats nés dans l'immédiat après-guerre, regroupant aujourd'hui de nombreuses communes (35 pour l'un, 62 pour l'autre) et possédant un savoir-faire certain en hydraulique. Ce qui ne les empêche pas de faire appel à des bureaux d'études pour la maîtrise d'œuvre, en particulier sur le volet« écologie » qui ne constituait pas historiquement l'ADN de ces syndicats. Ce type de projets implique en effet une complémentarité entre hydraulique et écologie.

Bénéfices multiples

Au final, ces aménagements présentent des bénéfices multiples : rétablissement de la continuité écologique des rivières, création de zones d'expansion des crues, amélioration de la qualité des eaux, réimplantation d'espèces, réduction des ilots de chaleur urbaine, ouverture d'espaces naturels au public… « Nous recherchons cette approche intégrée », affirme d'ailleurs Emmanuel Pranal, responsable du service rivière paysage du Syndicat de l'Orge.

De ce fait, ces aménagements intéressent de nombreuses parties prenantes. Si la maîtrise d'œuvre appartient aux syndicats, leur réussite dépend aussi de ces multiples acteurs : communes, riverains, associations, écoles, acteurs de l'économie sociale et solidaire… Et elle ne peut être au rendez-vous sans une concertation de tous les instants. « Ce sont des projets de longue haleine et dont la gestion est complexe », confirme Gilles Warot de l'Association scientifique et technique pour l'eau et l'environnement (Astee). Cette association professionnelle travaille sur la réhabilitation des petites rivières urbaines depuis quatre ans et a présenté ses travaux lors des dixièmes assises nationales de la biodiversité début octobre.

La délicate gestion du site au quotidien

« Ce n'est pas toujours une science exacte mais, techniquement, on sait avancer », explique Éric Chanal. « Le point sensible, c'est la gestion du site au quotidien », explique le directeur du Siah. Car de nombreux paramètres doivent être pris en compte pour le maintenir en bon état : gestion fine des écosystèmes, chasse aux rejets polluants et aux systèmes d'assainissement défectueux, gestion des déchets et nuisances, etc.

Ces espaces restaurés peuvent en effet être victimes de leur attractivité retrouvée. Pique-niques, barbecues, baignade, attroupements, circulation d'engins motorisés, etc. peuvent créer autant de nuisances. D'où la nécessité de travailler en étroite collaboration avec les communes, les services techniques et la police municipale en particulier. « Le week-end, les sites sont livrés à eux-mêmes alors que la fréquentation du public est plus importante », confirme Franck Boittin du Syndicat de l'Orge, qui songe à créer une brigade verte dotée de pouvoirs de police.

Or, la question du « ressenti » est essentiel dans ces projets, explique Éric Chanal. « La propreté du site est garante de la vision que vont en avoir les usagers », explique-t-il. « On est là à la confluence entre différentes politiques de la ville », ajoute le directeur du syndicat qui n'a pas hésité à faire appel à des universitaires pour traiter la dimension sociologique de l'aménagement.

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