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Equilibre électrique : la crise offre une année de répit

Compte tenu de la croissance nulle de 2012 et probablement de 2013, RTE n'anticipe pas de problème d'équilibre avant 2016. Au delà, les marges de sécurité s'amenuisent mais l'équilibre devrait rester de mise, sauf événement exceptionnel.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Equilibre électrique : la crise offre une année de répit

"Je n'ai pas de scoop à vous annoncer." C'est en ces termes que Dominique Maillard, président du directoire de RTE, a introduit ce mardi 9 juillet la présentation du bilan prévisionnel à cinq ans de l'équilibre offre-demande de l'électricité en France. Pas de scoop, certes, mais une évolution des prévisions par rapport au bilan présenté il y a un an.

En septembre 2012, l'opérateur du réseau public français de transport d'électricité à haute et très haute tension estimait que la sécurité de l'alimentation électrique était assurée jusqu'en 2015 et que la situation serait plus tendue à partir de 2017. Cette année, le constat est similaire, si ce n'est que la marge de sécurité se réduira à partir de 2016 et non plus 2015.

La crise économique se prolonge

En cause ? La crise économique qui "pèse sur l'évolution de la demande", explique RTE. L'entreprise anticipe une croissance de la consommation brute de 2,1% en 2012 par rapport à 2011, soit une stabilité en consommation corrigée des variations saisonnières (en particulier de la vague de froid de février 2012) si l'on intègre la stabilité des besoins pour l'enrichissement de l'uranium.

Compte tenu d'"une conjoncture dégradée et des perspectives économiques de court terme incertaines", RTE a révisé ses prévisions de croissance économique. Ainsi, en 2013, le scénario de référence actualisé anticipe une croissance nulle, soit la prévision correspondant au scénario bas de 2012. L'an dernier, la prévision de référence pour 2013 était de l'ordre de 1%.

Une telle révision entraîne un décalage dans le temps d'environ 2 ans des prévisions précédentes. Bilan, RTE considère que la demande sera réduite de 7 térawattheures (TWh) à l'horizon 2017, par rapport à sa prévision précédente. De même, l'opérateur du réseau de transport électrique juge que les besoins de puissance n'apparaitront qu'en cas de relance économique, car si les marges se réduisent à partir de 2016, RTE n'anticipe pas de défaillance en 2017 et 2018 dans son scénario de référence.

Plus précisément, c'est la consommation des industriels qui pâtit de la crise. Alors que l'an dernier RTE anticipait un retour au niveau de 2011 pour 2017 ou 2018, cette prévision n'est plus d'actualité. Pire, le niveau de 2012, en baisse par rapport à 2011, devrait tout juste être retrouvé en 2018… Du côté des ménages, la croissance de la consommation se poursuit mais à un rythme moindre, compte tenu de la réduction des nouvelles installations de chauffage électrique.

Les EnR progressent et le thermique décline

Du côté de la progression des capacités de production, RTE évoque l'installation de quelque 800 mégawatts par an entre 2014 et 2018, ceci pour l'éolien comme pour le photovoltaïque.

S'agissant de l'éolien, RTE qualifie de "dynamique" la croissance du parc, même si les prévisions d'installation à l'horizon 2018 restent inférieures à l'objectif fixé dans le cadre du plan de marche français construit pour atteindre l'objectif de 23% d'énergies renouvelables dans le mix de 2020. Par contre, l'objectif 2020 calculé à partir des schémas régionaux du climat, de l'air et de l'énergie (SRCAE) est de l'ordre de 30 GW, contre un peu moins de 20 GW pour l'objectif national. Mais, pour matérialiser les 30 GW annoncé dans les SRCAE, "il faudrait une hausse très sensible des installations constatées ces dernières années", prévient Dominique Maillard.

Pour le solaire, le constat est différent puisque l'objectif national pour 2020 pourrait être atteint dès 2014. Quant à l'objectif SRCAE, il se situe à environ 14 GW, quand le plan national fixait un objectif à 5,4 GW installés en 2020.

Les moyens de production thermique devraient pour leur part être impactés avec l'entrée en vigueur de normes environnementales plus strictes au 31 décembre 2015. RTE anticipe donc la fermeture de centrales au fioul ou au charbon d'ici là, pour un total de plus de 7 GW de capacité. A l'inverse, deux unités "cycle combiné gaz" devraient ouvrir en 2015 et 2017 si les conditions de rentabilité, aujourd'hui précaires, ne se dégradent pas. La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) en 2016 devrait être compensée par le couplage au réseau de l'EPR de Flamanville (Manche) à la fin de cette même année.

Enfin, les capacités d'effacement tarifaire, tels que le tarif Tempo, devraient progressivement disparaître, passant d'environ 2 GW de capacité en 2012 à un peu plus de 750 mégawatts (MW) en 2018. Cette baisse devrait être compensée avec l'apparition de l'effacement de marché qui atteindra plus de 1,5 GW en 2018, contre moins de 500 MW aujourd'hui.

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