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Eolien : des schémas régionaux ambitieux mais irréalisables selon les industriels

Alors que la plupart des schémas régionaux de l'éolien ont été adoptés, France énergie éolienne analyse leurs objectifs quantitatifs et qualitatifs. Si plus de 25.000 MW sont prévus par les SRE en 2020, de nombreux obstacles limiteront les projets.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Eolien : des schémas régionaux ambitieux mais irréalisables selon les industriels

Entre 25.000 et 30.000 mégawatts (MW). C'est l'objectif total de puissance éolienne installée à l'horizon 2020 selon les schémas régionaux éoliens (SRE), élaborés après concertation par les Présidents de région et les Préfets de région, comme le prévoit les lois Grenelle. Pourtant, ce chiffre ambitieux sur le papier est bien éloigné du volume des projets qui pourront effectivement voir le jour. En effet, des barrières qualitatives, administratives et financières (identifiées dans les premiers schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables) devraient freiner sur le terrain l'aboutissement de certains projets.

 
55.000 MW d'éolien installés en 2030 Pour FEE, en 2030, 55.000 MW d'éolien peuvent être installés en France, ce qui représenterait 25% de l'électricité produite. Pour cela, l'association mise sur 40.000 MW d'éolien terrestre et 15.000 MW d'éolien en mer.
Au 1er janvier 2013, 7.196 MW d'éoliennes terrestres étaient raccordés au réseau. En tête, les régions Champagne-Ardenne et Picardie, qui comptent respectivement 1.052 MW et 939 MW installés. Suivent la Bretagne (738 MW), la Lorraine (679 MW) et la région Centre (672 MW). Les mauvais élèves sont l'Aquitaine et l'Alsace (0 MW raccordés), l'Ile-de-France (19 MW), la Franche-Comté (30 MW), le Limousin (33 MW) et la région PACA (47 MW).
Quant à l'offshore, seuls 1.920 MW devraient être raccordés d'ici 2016. S'y ajouteront, d'ici 2021-2023, deux projets d'une puissance installée de 1.000 MW, qui font actuellement l'objet d'un appel d'offres.
 

Six schémas sont jugés insuffisants

En comparant le potentiel chiffré de l'éolien et la définition des zones favorables des SRE, France énergie éolienne (FEE) a tiré un premier bilan de ces schémas. Sept sont jugés positifs pour le développement de l'éolien, 8 sont jugés corrects et six apparaissent insuffisants aux yeux des industriels. A noter que trois régions sur 21, les Pays-de-la-Loire, le Limousin et le Languedoc-Roussillon, n'ont pas adopté définitivement leurs schémas.

"Il y a parfois une inadéquation entre les objectifs quantitatifs et la définition de zones favorables", souligne Vincent Masureel, directeur du développement chez Nordex France et délégué régional de FEE. En effet, les schémas régionaux doivent identifier les contraintes environnementales, patrimoniales de chaque territoire et définir les zones où l'implantation de parcs éoliens sera possible. La région Centre, par exemple, n'a défini que très peu de zones propices au développement de l'éolien, très clairsemées sur son territoire, alors qu'elle vise 2.600 MW de puissance installée. Résultat : "Les surfaces proposées ne suffisent pas à installer la puissance visée".

Deux régions sont au contraire considérées comme les "locomotives" de l'éolien en France : la Picardie et la Champagne-Ardenne. Avec respectivement 939 MW et 1.052 MW d'éolien raccordé au réseau début 2013, elles sont également les régions les plus ambitieuses avec des objectifs à 2.800 MW et 2.870 MW en 2020.

Le Languedoc-Roussillon affiche aussi une belle ambition avec 2.500 MW visés et un territoire jugé propice dans sa quasi totalité. Jugés bons élèves également la Bretagne, les Pays-de-la-Loire, la Bourgogne et le Nord-Pas-de-Calais, qui visent respectivement 1.800 à 2.500 MW, 1.770 MW, 1.500 MW et 1.346 MW et ont défini de grandes zones favorables.

L'Ile-de-France, malgré un objectif de 200 à 540 MW d'ici 2020, est jugée "très réaliste et très ambitieuse" par Vincent Masureel.

En revanche, certaines régions, comme Poitou-Charentes ou l'Auvergne, "n'ont pas fixé des objectifs en phase avec leur potentiel".

Des coûts de raccordement parfois élevés

La loi Grenelle 2 prévoyait également que soient adoptés par le gestionnaire du réseau RTE, six mois après la publication des Schémas régionaux climat, air, énergie (SRCAE), qui comprennent le schéma éolien, des schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables (S3REnR).

Alors qu'au niveau national, la méthodologie pour leur élaboration est en discussion, plusieurs documents ont déjà été adoptés (Picardie, Champagne-Ardenne, Bourgogne, Alsace) ou sont en cours de discussion (Centre, Midi-Pyrénées, Auvergne).

La loi prévoit que ces schémas définissent les lignes ou postes électriques à renforcer ou à créer pour atteindre les objectifs fixés par les SRCAE. Ils doivent également définir "un périmètre de mutualisation entre les producteurs du coût des ouvrages électriques à construire afin de permettre l'évacuation de l'électricité produite à partir de sources d'énergies renouvelables". Cette quote-part due par les producteurs s'ajoutera aux frais de raccordement propre à leur installation.

Or, dans certaines régions, les coûts de raccordement peuvent mettre en péril certains projets, estime FEE, en doublant la contribution propre. En Midi-Pyrénées, par exemple, ce surcoût est évalué à 81 k€/MW alors qu'en Alsace, il est nul, RTE ayant estimé que les objectifs fixés pour l'éolien ne nécessitent pas de renforcement de réseau. Dans les autres régions, le coût estimé par les S3REnR va de 20 k€/MW (Centre) à 59 k€/MW (Picardie). FEE, qui rappelle que, dans son avis du 21 février 2012, la Commission de régulation de l'énergie avait émis plusieurs réserves sur les surcoûts engendrés par ce dispositif, a déposé en octobre dernier un recours devant le Conseil d'Etat.

Quid des autres barrières administratives ?

FEE rappelle que d'autres barrières freinent le développement de l'éolien, comme les Zones de développement de l'éolien, la règle des 5 mâts minimum par parc et le statut ICPE. L'association se dit néanmoins confiante dans la volonté affichée par le gouvernement de simplifier le cadre règlementaire de l'éolien. Plusieurs dispositions dans ce sens ont d'ailleurs été intégrées à la proposition de loi Brottes sur la tarification progressive de l'énergie, dont l'examen va se poursuivre le 17 janvier.

Par contre, les professionnels se disent davantage inquiets quant à l'avenir du tarif d'achat. En mai dernier, le Conseil d'Etat a en effet renvoyé devant la Cour de justice européenne un recours déposé par le collectif Vent de Colère pour annuler l'arrêté tarifaire, jugé illégal car non notifié à la Commission européenne en tant qu'aide d'Etat. FEE demande au gouvernement de prendre sans tarder un arrêté tarifaire notifié, afin de sécuriser les investissements, et donc la filière.

Réactions10 réactions à cet article

 

Comment est-on sûr de l'indépendance de France énergie éolienne qui regroupe dans son conseil d'administration plusieurs représentants du lobby pro-nucléaire avec EDF et GDF Suez ...
Par contre, on ne trouve pas de représentant de ERDF dont il est question à longueur de paragraphe
Je reste perplexe !

Bernard | 11 janvier 2013 à 11h05
 
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Ces schémas ont été mis en place aux dépens de toutes les valeurs esthétiques des paysages,( donc touristiques )
En Rhône-Alpes, ce sont plus de 75 % des communes qui se voient déclarées favorables à cette industrie ,même celles qui abritent les plus emblématiques des sites .Saou par exemple, que tous les géographes connaissent comme cas unique de synclinal perché.

sirius | 11 janvier 2013 à 22h07
 
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Nous souhaitons savoir combien d'Eoliennes seront nécessaires en 2016, date envisagée pour fermer la Centrale de Fessenheim , pour assurer les besoins d'energies ,y compris du photovolyaîque, de la Région ALSACE,
considérée comme mauvais élève?

arthur | 12 janvier 2013 à 16h19
 
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N'avez-vous pas oublié un détail ? la plupart de ces SRE sont et seront contestés au TA dès leur publication.
Les ZDE seront supprimées , sur demande du syndicat des promoteurs.Quelle pagaille en vue!
Plus de ZDE, pas de SRE...

Et si le problème de l'éolien, c'était que personne n'en veut ?

lorine | 12 janvier 2013 à 19h27
 
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Si la transition énergétique ne s'effectue pas rapidement en France, le pays sera contrant d'acheter au prix fort de l'énergie renouvelable venue des pays européens voisins, qui sont en train d'effectuer leur reconversion.
Je pense particulièrement à l'Allemagne ou les pays nordiques, car des jonctions sont en train de se faire, entre les différentes productions, éolien, biomasse, cogénération, solaire, etc...

pectine | 15 janvier 2013 à 07h59
 
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Que Pectine se rassure, en provenance de la vertueuse Allemagne (pays de l'UE aux plus fortes émissions carbonées par habitant), l'électricité produite est fortement teintée de lignite à plus de 60%.

Albatros | 15 janvier 2013 à 11h21
 
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Bonjour. Je pense que chacun a droit à défendre sa façon de voir.
Je pense aussi que pour les éoliennes, nous devrions d’abord regarder le coté rentabilité de la bête et non se dire, c’est bien parce que c’est de l’énergie avec le vent quelle devrait être gratuite. Mais malheureusement ce n’est pas le cas, car si on n’oblige pas ERD d’acheter le KW a un pris 5 fois plus cher que celui que l’on nous le vend avec les centrales, ces superbe éoliennes ne verraient pas le jour.
A titre d’info le kw des centrales est a 3 a 4 centimes ttc d’euro pour 65 centimes pour les éoliennes et photovoltaïque. Demain, si ERD ne paie plus ces kw, c’est le plongeon assuré pour tous les installateurs et clients qui ne veulent que faire de l’argent.
Pour moi 2 système sont a conserver les hydrauliciennes et les photovoltaïques et de plus en baissant le prix du kw a l’achat, cela obligerez les constructeurs à faire de meilleures études de rentabilité.

martino | 18 janvier 2013 à 11h26
 
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Personne n'y comprend rien. Commencez d'abord à apprendre qu'une puissance installée n'est pas une puissance produite tant en éolien qu'en photovoltaïque, les mégawatts heures ne donnent pas leur équivalent en mégawatts, les kilowatts crête ne donnent pas leur équivalent en kilowatts. Quand vous aurez compris cela vous saurez alors qu'ils sont tous en train de vous rouler dans la farine, vous les naïfs aux beaux yeux verts. Et vous le paierez sur votre facture comme vous l'avez payé depuis déjà plusieurs années. Répétez vous que tout ce qu'ils vous disent, qu'ils soit de droite ou de gauche c'est faux.
Avec ma sympathie tout de même !!!

Saint Martin | 19 janvier 2013 à 18h26
 
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Bonjour,
Martino, je t'invites à revoir ta copie :

L’article 10 de la loi n°2000-108 du 10 février 2000 précise les modalités d’établissement des tarifs d’achat.

Pour l’éolien, L’ arrêté du 17 novembre 2008 fixe les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations utilisant l’énergie mécanique du vent. Il s’agit d’un tarif fixe d’achat garanti pendant une durée donnée, actualisé en fonction d’un indice des coûts horaires du travail et d’un indice des prix à la production. Dans les conditions de 2006, pour l’éolien terrestre, les contrats sont souscrits pour 15 ans, le tarif est fixé à 8,2 c€/kWh pendant 10 ans, puis entre 2,8 et 8,2 c€/kWh pendant 5 ans selon les sites. Pour l’éolien en mer, les contrats sont souscrits pour 20 ans, le tarif est fixé à 13 c€/kWh pendant 10 ans, puis entre 3 et 13 c€/kWh pendant 10 ans selon les sites.

Et à quel prix payez vous votre électricité mon chère Martino ?

Matino tu as tout faux | 25 avril 2013 à 11h17
 
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La France fait fausse route dans son programme de l'energie renouvlable! La France est le pays du monde le mieux placé pour exploiter l'energie maré-motrice, c'est à dire l'energie des courants maritimes. Il fau comprendre que l'eau a une densité de 1.025 gm/cm3, a comparer avec 0.001204 g/cm3. Il y a donc 875 fois plus d'energie dans l'eau que dans l'air et une tourbine sous-marin peut remplacer 875 éoliennes! En plus le raport d'energie d'une tourbine des courants maritimes peut être prédit pouur des annés dans le futur. Voir:

http://www.aviso.oceanobs.com/en/data/products/auxiliary-products/global-tide-fes2004-fes99/description-fes99.html

Rordorf | 26 novembre 2013 à 15h50
 
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