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Stations de ski : un modèle de développement obsolète face aux enjeux climatiques

Les stations Rhônalpines pâtissent d'une gouvernance et d'une organisation inadaptées aux enjeux climatiques selon la Cour des comptes. Malgré une première alerte en 2011, la vulnérabilité s'accroît. Un nouveau modèle de développement s'impose.

Aménagement  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Stations de ski : un modèle de développement obsolète face aux enjeux climatiques

Courchevel, Tignes, Chamonix… La France compte sur son territoire de nombreux domaines skiables, qui la placent, selon les saisons, au premier ou au second rang mondial avec les Etats-Unis. Mais cet atout touristique et économique majeur va-t-il perdurer ? Les changements climatiques impactent déjà ces stations et si la saison 2017-2018 ne manque pas de neige, ce n'est pas le cas tous les ans.

Meteo France a suivi depuis 1960 l'enneigement du Col de Porte (1325 m) par exemple, dans le domaine de la Chartreuse (Isère). En 40 ans, cette station a gagné 0,4°C de température moyenne chaque décennie et perdu, au même rythme, 14 cm d'enneigement. Une évolution lente mais durable que toutes les stations constatent. Alors comment s'y préparent-elles ? Mal, selon la Cour des comptes.

Des remèdes pires que le mal

Dans son rapport annuel présenté le 7 février, l'institution rend compte d'un audit réalisé par la chambre régional des comptes Auvergne-Rhône-Alpes sur 17 domaines skiables de la région. La cour régionale avait pour mission de réaliser un bilan suite à de premières recommandations formulées en 2011. L'une d'elles conseillait fortement aux stations "d'intégrer pleinement les préoccupations environnementales dans l'élaboration des projets et la prise de décision". Peine perdue. Sept ans après, la Cour des comptes constate un "statu quo voire l'aggravation de certains déséquilibres". Le réchauffement climatique affecte toutes les stations, mais celles de moyenne et surtout de basse montagne sont davantage fragilisées. Les jours d'exploitation diminuent d'année en année et la viabilité économique de certaines stations devient incertaine.

Pour gagner des jours skiables, les communes investissent de plus en plus mais la Cour des comptes constate qu'elles privilégient le court terme : aménagement de nouveaux espaces skiables, déplacement en altitude, remodelage des pistes, apports de neige artificielle... Aujourd'hui, 32% des stations sont équipées de canons à neige mais ces infrastructures nécessitent des températures assez basses pour fonctionner, de grandes quantités d'eau et de l'électricité. Une équation qui ne tient plus la route.

Par exemple à Tignes, la production de neige s'appuie sur 355 canons à neige. Le volume de neige produit a progressé de 20% entre 2007 et 2015 pour permettre un taux d'ouverture du domaine satisfaisant. Mais le coût de l'enneigement artificiel a progressé de près de 30% du fait de la hausse du prix de l'électricité. En Chablais, la station des Gets (1500 m d'altitude moyenne) s'est équipée de 161 canons à neige, couvrant 35% du domaine. La production de neige a requis, en 2014/2015, un volume d'eau près de trois fois supérieur à la capacité de stockage existante, qu'il est prévu d'accroître par de nouvelles retenues collinaires.

Des reconversions à mener avec prudence

Cette course à l'enneigement n'est plus compatible avec les enjeux et les finances publiques. La Cour des comptes conseille de passer à un autre mode de développement : "Outre une contribution nécessaire aux préoccupations environnementales, le tourisme en montagne doit rechercher une diversification prudente de l'offre d'activité et préparer la reconversion des sites les plus menacés." Les grandes stations d'altitude pourraient sortir leur épingle du jeu, tandis que les stations de basse altitude doivent envisager une transition rapide vers "un tourisme de proximité diversifié et mieux réparti entre les saisons" pour "limiter des cessations d'activité traumatisantes."

Cette évolution doit être prise en main à l'échelle des massifs. Les communes de montagne vont devoir se regrouper et travailler ensemble à la reconversion de leurs domaines. La Cour des comptes souligne la création de nouveaux outils potentiels en la matière. La loi Montagne II du 28 décembre 2016 a réformé la procédure des unités touristiques nouvelles prévue au code de l'urbanisme, à laquelle peuvent recourir les autorités organisatrices pour gérer des projets de grande ampleur. La création d'une UTN nécessite l'examen de l'équilibre économique et financier du projet, ainsi que son impact environnemental.

Réactions1 réaction à cet article

 

Souhaitons de voir cet article ,et le rapport de la Cour de comptes mis sous les yeux de M.Wauquiez qui vient de prendre toutes les mesures financières opposées à cette analyse .

sirius | 13 février 2018 à 09h48
 
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