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Stocamine : Ségolène Royal envisage de faire retirer plus de déchets que prévu

Ségolène Royal a demandé le retrait du site de Stocamine du maximum possible des déchets contenant du mercure. Une solution qui ne satisfait pas Destocamine qui déplore que cela ne représente que 12% des déchets enfouis.

Déchets  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, demande à l'exploitant de Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin) de retirer "un maximum" des déchets dangereux enfouis, jusqu'à 93% du mercure, sauf à ce que les difficultés techniques soient trop importantes.

En décembre 2012, le gouvernement avait validé la fermeture de cette ancienne mine de potasse servant de centre de stockage pour déchets industriels. Le projet de fermeture prévoit le retrait d'un peu plus de la moitié des déchets enfouis, conformément aux recommandations formulées en juillet 2011 par les experts du comité de pilotage. Des scellements efficaces et une surveillance de la nappe phréatique doivent complèter le dispositif de fermeture du site d'enfouissement géré par Stocamine, filiale à 100% des Mines de potasse d'Alsace (MDPA).

De 56 à 93% du mercure

"Pour tenir compte des attentes exprimées par les élus et la population, j'ai décidé de retenir un scénario prévoyant un retrait plus important que celui arrêté en décembre 2012, qui consistera à retirer un maximum de déchets mercuriels et arséniés soit jusqu'à 93% du mercure contenu", indique la ministre dans une lettre envoyée le 5 août à des élus locaux et rendue publique par la sénatrice PS du Haut-Rhin Patricia Schillinger.

Reste que la ministre ajoute dans la foulée qu'"il sera néanmoins demandé à l'exploitant, compte tenu des incertitudes et aléas techniques précités, d'inclure également dans son dossier de fermeture un scénario de repli en envisageant l'hypothèse d'un retrait moindre, mais d'au moins 56% du mercure contenu dans les déchets".

Dans une lettre adressée à la commission de suivi de site et datée du 8 août, la sous-préfecture confirme le nouveau scénario privilégié par la ministre.

De 6 à 12% de l'ensemble des déchets

Destockamine, l'association qui milite pour le déstockage complet des déchets, estime pour sa part que "le compte n'y est pas". "Ce seront donc quelque 12% des 44.000 tonnes de déchets de Stocamine qui seront retirés de la mine Joseph Else à Wittelsheim", explique l'association, ironisant sur l'ambition des scénarios ministériels : "après les laborieux 6% de Delphine Batho en 2012, Ségolène Royal double la mise avec 12%, quelle audace!".

Selon les scénarios soumis à consultation publique du 15 novembre 2013 au 15 février 2014, le coût du déstockage varie de 84 à 150 millions d'euros (déstockage total) et sa durée de 7 à 11 ans. L'entreprise Stocamine privilégie pour sa part le confinement des déchets.

Quelque 44.000 tonnes de déchets dangereux (déchets cyanurés, arséniés, chromiques, mercuriels ou amiantés et des résidus de galvanisation et du traitement de fumées d'incinération) ont été accumulés dans des galeries souterraines entre 1999 et 2002. En 2002, un incendie, au cours duquel des salariés avaient été exposés à des fumées toxiques, a mis un terme à l'exploitation du site de Stocamine. Néanmoins, d'un point de vue règlementaire le site reste en activité.

En juin, la Cour des comptes avait dénoncé l'inertie des pouvoirs publics et chiffré à 45 millions d'euros le coût de "l'absence de décision de l'Etat" sur le traitement final des déchets stockés sur dans l'ancienne mine.

Réactions7 réactions à cet article

 

Et on les met où ces déchets après, Madame la Ministre?
Quel est le traitement final? Existe-t-il? ActuE peut-il approfondir (sans jeu de mot)?
Merci d'avance !

Albatros | 26 août 2014 à 10h29
 
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L'autre question intéressante : c'est qui paye la note au final ?

Pascal | 26 août 2014 à 15h11
 
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Bien sûr , ces questions méritent réponses, mais depuis 10ans, on attend des acres et voilà , la réversibilité démarre! et permet de préparer la suite,patience, c'est positive. 12

arthur | 30 août 2014 à 21h25
 
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La réversibilité est prévue depuis le début du laboratoire de stockage, donc Madame Royal a produit des paroles et aucun acte. Je n'arrive pas à me figurer concrètement la nature d'un "acte" comme le démarrage de la réversibilité. La suite doit se préparer sur un terme bien plus long que l'existence de Madame Royal, si importante que soit cette considérable personne.

Albatros | 01 septembre 2014 à 17h45
 
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Toutes ces gesticulations sont ridicules : la nappe phréatique se trouve 500 m au-dessus des déchets. La probabilité pour que quoi que ce soit remonte par capillarité dans le sel vers la nappe est nulle puisque la porosité du sel est nulle ! Le sel des mines de potasse est là où il est depuis 40 millions d’années justement parce que l’eau n’y a pas accès. C’est aussi la raison pour laquelle le stockage des déchets ultimes avait été jugé satisfaisant. Il y a plus de dix ans que des experts du CNRS ont conclu qu’il était non seulement inutile mais dangereux pour l’environnement et pour les mineurs de les retirer. Mais par pure démagogie on a fait croire aux mineurs qu’ils avaient encore de beaux jours devant eux à retirer les déchets qu’ils avaient placé au fond. Et on les mettra ou ? Dans le Sahara ? On va les balancer sur les terroristes de l’Etat Islamique ? Nous faire croire qu’on peut les retraiter ? Un bon conseil : qu’on occupe ces braves mineurs à retirer toutes les plaques d’Eternit bourrées d’amiante situées sur les toits des anciens hangars à sel. On fera un grand pas vers la préservation de l’environnement et de la santé des habitants de Wittelsheim.

Hans Im Schockeloch | 12 septembre 2014 à 10h19
 
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Les déchets de Stocamine iront dans une autre mine de sel, en Allemagne, c'est aussi simple que ça.

ami9327 | 28 novembre 2014 à 20h40
 
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Ces déchet on va les stocker dans des mines de sel en Allemagne, comme c'était le cas avant la construction de Stocamine. Mais évidemment pas au même prix. Il faut savoir que les mineurs allemands avaient proposé de venir éteindre l'incendie puisque les pompiers du SDIS local avaient "un peu la trouille" de descendre dans un endroit qu'il ne connaissaient pas. Mais on a préféré laisser tranquillement bruler pendant le délai nécessaire à la fermeture définitive des mines de potasses (non exploitation pendant un certain temps...)
On passe pour une belle bande d'amateurs aux yeux des allemands Fransoze ! :)

Hans Im Schockeloch | 01 décembre 2014 à 12h54
 
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