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Stress tests européens : un processus biaisé selon les eurodéputés Verts

Alors que la Commission doit tirer ce mercredi les premières leçons des stress tests, les députés Verts européens jugent dans une étude que ces évaluations de sûreté nucléaire sont incomplètes et manquent de transparence et d'indépendance.

Risques  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Stress tests européens : un processus biaisé selon les eurodéputés Verts
La centrale de Dukovany en République Tchèque où une menace à la bombe a été proférée en 2000
© peteri
   

La Commission européenne doit adopter, mercredi 23 novembre, un rapport intermédiaire sur les stress tests européens. Celui-ci examine la manière dont les tests ont été effectués, sans aborder le contenu propre des évaluations. Les résultats définitifs des stress tests seront présentés en juin 2012, une fois les trois étapes des stress tests (évaluation par les exploitants nucléaires, rapports nationaux par les régulateurs et examen par les pairs) auront été achevées.

Aujourd'hui, les eurodéputés Verts ont publié leur propre étude sur le sujet. Ils reviennent sur les choix initiaux opérés par la Commission : "Les «stress tests» (tests de résistance) des centrales nucléaires tels que définis par l'ENSREG (European Nuclear Safety Regulators Group) ne répondent pas aux exigences du Conseil, ni aux attentes et aux préoccupations des citoyens européens pour une approche globale en matière de sûreté nucléaire".  Lors des négociations européennes post Fukushima, de nombreux désaccords étaient apparus et le point de vue des régulateurs européens de la sûreté nucléaire avait fini par l'emporter. Les Verts européens soulignent le manque d'indépendance des experts et regrettent que ceux-ci soient les mêmes qui ont été responsables de la sûreté nucléaire dans le passé. "Par conséquent, l'ensemble du processus est biaisé. Les citoyens qui s'interrogent légitimement sur le risque nucléaire n'ont pas de réponse indépendante".

Des tests incomplets, ne tirant pas les leçons de Fukushima

"Les tests pourraient éventuellement donner des résultats utiles concernant la résistance des réacteurs à quelques phénomènes météo extrêmes (séisme et inondations)", estiment les députés Verts européens. Selon eux, le processus est incomplet et élude de nombreuses questions de sûreté. Pourtant, "la leçon la plus importante de l'accident de Fukushima est que la gestion d'une centrale doit être testée, évaluée et vérifiée en fonction des normes modernes en matière de sûreté nucléaire. Cela n'avait vraisemblablement pas été fait pour Fukushima, ou en tout cas, la combinaison de différents scenarios n'avait pas été envisagée". Les manques sont nombreux, estiment les élus européens.

"Le test européen se concentre uniquement sur les mesures et les scenarios existants après qu'un accident soit survenu", regrettent les élus verts. Or selon eux, les scénarios pris en compte sont incomplets : les incendies, les surtensions électriques, les fuites de tuyaux, les dysfonctionnements des valves, des défaillances humaines ne sont pas étudiés. "Surtout, la combinaison de ces différents événements est exclue du périmètre des tests. Les scenarios externes comme l'impact d'un crash d'avion ne sont également pas pris en compte". La gestion de la sécurité et les politiques internes de management de sécurité au sein des centrales ne sont pas analysées.

Autre manque : la qualité des systèmes de sécurité et des composantes du réacteur comme le matériau des tuyaux, de la cuve du réacteur, des vannes et pompes, des équipements de contrôle et d'instrumentation ne sont pas testée. L'effet de la dégradation et du vieillissement des centrales et du matériel ne sont pas pris en compte. Aucun critère n'est défini pour déterminer la robustesse d'un réacteur.

"En outre, le «stress test» ne suit pas les méthodes usuellement utilisées pour des études techniques ou examens indépendants, et se base principalement sur le rapport des opérateurs eux-mêmes".

Compléter les tests et être davantage transparent

Pour que les stress tests permettent d'appréhender pleinement la question de la sûreté nucléaire des centrales, les eurodéputés Verts estiment que ceux-ci doivent être complétéspar l'évaluation des accidents d'avion, du risque terroriste (qui selon le choix de la Commission doit faire l'objet d'une autre évaluation) et des mesures de prévention des centrales nucléaires contre les accidents nucléaires. Des critères d'acceptation devraient être définis pour classifier les différentes qualités de robustesse d'un réacteur. Des exigences plus précises et plus strictes pour les données et les documents sont à définir.

En outre, "les rapports existants sur la sûreté des réacteurs devraient être structurés de manière à donner plus de transparence et constituer une base solide pour la comparaison des dispositions de sécurité des les réacteurs". Ceux-ci et les principaux documents sous-jacents devraient également être accessibles au public. Enfin, les résultats du processus d'examen par les pairs (questions et réponses) doivent être complètement documentés et publiés.

Réactions2 réactions à cet article

 

On ne retire aucune information intéressante de la lecture de cette prise de position des députés européens verts : la critique est systématique, rien ne trouve grâce à leurs yeux. En fait toutes ces lignes pourraient être résumées en trois mots : "non au Nucléaire", qui est d'ailleurs une position tout à fait honorable.

geologue | 23 novembre 2011 à 12h04
 
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Les Verts Européens se sont discrédités quand ils ont fait capoter la résolution présentée au Parlement Européen qui visait à :
- renforcer les exigences de sûreté,
- à rendre autonome et indépendante l'expertise,
- à "mutualiser" les experts européens...
sous le prétexte évidemment fallacieux que cette résolution n'allait pas assez loin !


En outre, la sûreté et la sécurité sont bien distinctes. La confusion permanente n'aide pas le grand public à s'approprier le sujet. La sûreté, c'est l'accidentel. La sécurité, c'est l'intentionnel.

Polybutadiène | 23 novembre 2011 à 17h43
 
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