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Toxicité des nanoparticules : l'INERIS au cœur du principe de précaution

A l'occasion de la publication de son rapport scientifique 2007-2008, l'Institut national de l'environnement industriel, créé en 1990, fait le point sur ses missions d'accompagnement des processus d'innovation.

Risques  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
   
Toxicité des nanoparticules : l'INERIS au cœur du principe de précaution
© Denis Nikolenko
   
Les évaluations des risques chimiques permettent d'estimer dans quelle mesure les individus ou les populations peuvent être affectés par leur exposition à des produits chimiques présents dans l'environnement ou les lieux de travail. Ces tests font appel à des données animales ou obtenues in vitro pour estimer les effets potentiels sur la santé humaine. L'INERIS a testé la toxicologie des nanoparticules et les effets des nanotubes de carbone sur les voies respiratoires. Par leur très petite taille, un milliardième de mètre, les nanoparticules confèrent des propriétés nouvelles aux matériaux existants. Par exemple, des matériaux réputés isolants se transforment en conducteurs d'électricité, de très fines particules possèdent une très forte résistance mécanique. Plusieurs secteurs industriels, tels que la cosmétologie, la micro-électronique, le bâtiment, l'automobile comportent déjà des produits issus des nanotechnologies. La population risque donc d'être exposée. Lors du Grenelle de l'environnement, il a été décidé de demander aux pouvoirs publics de réaliser un bilan coûts/avantages systématique de la mise sur le marché de produits contenant des nanoparticules ou nanomatériaux. A partir des résultats des études en cours, des dispositions seront prises pour renforcer l'information et la protection des salariés et de la population. Ces particules étant susceptibles de se trouver en suspension dans l'air, un des principaux risques d'exposition à considérer concerne les voies respiratoires.

Au coeur de l'incertitude

Les nanoparticules induisent-elles une réponse inflammatoire ou un stress oxydant ? Altèrent-elles ou détruisent-elles les cellules pulmonaires ? Autant de questions abordées par l'étude de l'INERIS sur la toxicité des nanoparticules manufacturées et, en particulier, l'étude de nanotubes de carbone introduits dans l'appareil respiratoire. L'étude conclut provisoirement que les nanotubes de carbone (NTC) ne semblent pas passer la barrière pulmonaire et sont éliminés au sein du poumon. Contradictoirement, les premières études portant sur la toxicité des nanotubes de carbone ont conclu à l'induction de marqueurs biologiques et du stress oxydant. Les résultats sont intrinsèquement liés à la méthode d'expérimentation. De plus, le traceur qu'est le nickel a permis d'observer que les NTC restent présents pendant un mois dans le poumon.
Par ailleurs, l'INERIS se lance dans deux autres programmes sur les nanos. Les eaux souterraines constituent un des réceptacles potentiels de la dissémination dans l'environnement des nanoparticules. Le projet AQUANANO a pour objectif d'identifier les processus impliqués au cours du transfert d'une sélection de nanoparticules manufacturées dans des conditions proches de celles des aquifères Français. Il quantifiera plus particulièrement les principaux facteurs contrôlant leur mobilité et leur dégradation en fonction du contexte hydro-géologique, chimique et minéralogique, et fournira les premiers éléments nécessaires à l'évaluation du risque de présence de nanoparticules dans les eaux souterraines. Le programme NANOFEU, dont l'INERIS assure la coordination, a pour vocation d'étudier la réaction au feu de matériaux polymères incorporant des nanoparticules. NANOFEU s'attachera à développer une méthodologie afin d'améliorer la connaissance des mécanismes selon lesquels les nanocharges influent sur la dégradation thermique et la combustion des polymères. Un inventaire des risques inhérents à l'utilisation de tels matériaux polymères sera établi afin d'en réduire, voire d'en éliminer les effets.
L'INERIS développe par ailleurs des études sur des domaines aussi sensibles que le risques liés au stockage géologique du CO2, la prédiction des propriétés d'explosibilité des substances chimiques, la sécurité de l'hydrogène, et la toxicologie prédictive, dans le cadre du règlement européen Reach.

Réactions1 réaction à cet article

 
Droit de réponse

Oui l'hydrogène est dangereux car il y a un risque d'explosion avec des taux relativement faibles. Même sans flamme vive. Simple taux de concentration dans l'air. C'est vrai pour les voitures (batteries au plomb) mais aussi pour les sous-marins.
Aussi aujourd'hui de nouvelles batteries plus performantes se développent, comme sur la voiture de Bolloré, la Blue Car. Il serait bon d'en étudier la faisabilité sur sous-marin (peut être que d'autres pays ont ce type de batterie). On y gagnerait par l'absence de risque d'explosion. Les sous-mariniers nucléaires n'auraient alors plus peur de les utiliser (danger minime mais réel, surtout quand on ne sait pas, quand on ne fait pas, comment fait-on sur sous-marin diésel ?). On y gagnerait aussi en capacité batterie, donc en cas d'alarme (arrêt du réacteur), intempestive ou non car cela donnerait plus de temps pour la nouvelle divergence (relance du réacteur nucléaire).
Il faut faire travailler les batteries et ne pas les laisser en "floating" (tampon), sinon elles s'abîment et perdent en capacité. La sûreté nucléaire en dépend aussi de la capacité à savoir utiliser les batteries et le diésel au schnorchel, car c'est une condition de re-divergence et d'alimentation des auxiliaires qui refroidissent le réacteur en cas d'alarme. Ne pas entretenir le savoir faire batteries revient à faire une impasse sur la sûreté du réacteur nucléaire. Grave, très grave.
Il faut aussi les nettoyer régulièrement, y compris à la mer, pour les conserver propres et ne pas avoir de défauts d'isolement (risque incendie électrique). Il faut aussi s'entrainer régulièrement à faire du schnorchel à la mer. Sinon on ne sait plus faire et on peut noyer un groupe électrogène. Impact sur la sûreté nucléaire.
Et si on ne sait plus faire, on réapprend, en commençant à quai, puis on prend le temps de le faire à la mer, tranquillement. Il est étonnant que de telles mauvaises habitudes, qui sont de véritables impasses sur la sûreté nucléaire, ne soient pas signalées par les officiers entraineurs ou les chefs des services techniques.

rené-pierre Hémon | 27 novembre 2008 à 14h58
 
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