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Donald Trump mobilise des mesures d'urgence pour soutenir le charbon

Il y a un an, le président Donald Trump annonçait le retrait de Washington de l'Accord de Paris. Aux Etats-Unis, des dizaines d'entreprises, d'institutions, de villes et d'États continuent malgré tout de revendiquer leurs engagements pour le climat.

Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
  Donald Trump mobilise des mesures d'urgence pour soutenir le charbon

A l'occasion de la date anniversaire du retrait annoncé par Donald Trump de l'Accord de Paris, le 1er juin, les gouverneurs de seize États et de Porto Rico, qui composent l'Alliance américaine pour le climat, ont renouvelé leurs engagements en annonçant une nouvelle vague d'initiatives pour accélérer et intensifier l'action climatique.

"L'US Climate Alliance représente maintenant 40% de la population américaine et une économie de 9.000 milliards de dollars, soit plus que le troisième plus grand pays du monde, et les Etats membres de la Climate Alliance vont atteindre leur objectif d'ici 2025", a déclaré cette coalition bi-partite d'Etats américains.

Formée le jour du retrait annoncé par Donald Trump il y a un an, la US Climate Alliance comprend les gouverneurs de Californie, Colorado, Connecticut, Delaware, Hawaii, Maryland, Massachusetts, Minnesota, New Jersey, New York, Caroline du Nord, Oregon, Porto Rico , Rhode Island, Vermont, Virginie et Washington.

Dans une tribune publiée dans Usa Today le 1er juin, les co-présidents de l'Alliance et les gouverneurs démocrates Jerry Brown de Californie, Andrew Cuomo de New York et Jay Inslee de Washington écrivent : "L'annonce du président Trump l'année dernière était centrée sur son allégation selon laquelle l'Accord de Paris blesse l'économie américaine, le fait que nos économies collectives soient plus fortes que celles des pays non-alliés prouve le contraire".

''Les États de l'Alliance réduisent non seulement leurs émissions plus rapidement que le reste du pays, mais nous augmentons aussi deux fois plus rapidement notre production économique par habitant.'' L'Alliance des gouverneurs pour le climat souligne également que la réalisation des objectifs les plus ambitieux de l'Accord de Paris devrait permettre au monde d'économiser 30.000 milliards de dollars en dommages économiques évités.

Une clause de guerre pour renflouer le charbon et le nucléaire

Le même jour, le 1er juin, le média Bloomberg a diffusé une note du Département de l'énergie (DOE) adressée au Conseil national de la sécurité selon laquelle l'administration Trump prévoit d'invoquer une clause d'urgence pour exiger des exploitants de réseaux qu'ils achètent de l'électricité auprès des centrales thermiques ou des centrales nucléaires non rentables.

Donald Trump entend ainsi utiliser les pouvoirs d'exception qui lui sont conférés par la loi sur la production de défense (Defence Production Act), qui date de la Guerre froide, pour renflouer First Energy qui menace de fermer ses centrales thermiques et nucléaires afin de voler au secours de l'industrie du charbon. First Energy a en effet demandé au ministère américain de l'Énergie d'ordonner au gestionnaire du réseau électrique PJM Interconnexion de négocier et de fixer des prix spéciaux (plus élevés) pour l'électricité produite par ses centrales nucléaires.

Une coalition de six associations de producteurs de gaz naturel et d'énergies renouvelables opposée à cette mesure estime que celle-ci n'a pas de justification légale, rapporte l'ONG Nexus, mais il n'est pas établi que cette ordonnance puisse être contestée devant un tribunal. Selon les critiques, il s'agit d'un geste de complaisance de la part du président des Etats-Unis en direction de l'industrie du charbon autant que d'un abus de pouvoir en termes de sécurité nationale.

De fait, le distributeur d'électricité PJM, présent dans douze Etats américains, a déclaré que le retrait des centrales thermiques et des centrales nucléaires de ce réseau interrégional ne créerait pas une situation d'urgence et n'entraînerait pas de problèmes de fiabilité du réseau.

Une étude du think tank Climate Policy Initiative, publiée en octobre 2017, a indiqué que le coût du renflouement des centrales thermiques et nucléaires de la zone d'interconnexion desservie par PJM et dans trois autres grandes régions d'exploitation pourrait atteindre près de 12 milliards de dollars par an. Une facture amère pour les contribuables américains.

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