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Vélib' : Smovengo lance son plan de sortie de crise

Smovengo a présenté un plan en trois étapes pour résoudre la crise du Vélib' à Paris et en proche banlieue. Le service de location de vélos électriques est suspendu jusqu'à ce que l'entreprise ait correctement électrifié les stations.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Vélib' : Smovengo lance son plan de sortie de crise

Jeudi 3 mai, Smovengo a présenté les mesures d'urgence qu'elle compte mettre en œuvre pour sortir de la crise que connaît le service Vélib' et achever son déploiement. L'entreprise entend "stabiliser" le service avant de le redéployer correctement. A court terme, la location de vélo électrique fera les frais de cette stratégie. Le plan du consortium qui a repris le service lancé il y a dix ans par JC Decaux doit se dérouler en trois phases : un plan d'urgence pour rétablir au plus vite un service minimum, un plan de redémarrage pour fournir "un service simplifié dans un périmètre maîtrisé", et un plan de redéploiement (à définir) pour atteindre les objectifs fixés dans le contrat.

Pour rappel, la reprise du service Vélib' par la société Smovengo vire au fiasco : alors que le déploiement du service devait être achevé fin mars, seules 800 des 1.400 stations prévues sont effectivement en service début mai. Mercredi, la maire de Paris Anne Hidalgo, le président de la métropole Patrick Ollier et la présidente du syndicat Autolib' et Vélib' Métropole Catherine Baratti-Elbaz ont donc donné 48h au groupement pour proposer un plan de relance du service.

Abandon de l'alimentation des stations par batterie

Oui, le service Vélib' "connait une forte dégradation depuis la mi-avril", reconnaît Smovengo, expliquant que les problèmes sont dus "à une généralisation d'un fonctionnement des stations sur batterie et à d'autres problèmes techniques". Au cœur de la crise figurent les difficultés rencontrées par Smovengo pour remplacer les anciennes stations JC Decaux. Les nouvelles nécessitent une puissance électrique supérieure pour permettre la recharge des vélos électriques. Or, l'entreprise a expliqué en mars rencontrer des difficultés pour raccorder ses stations sur le réseau alimentant le mobilier urbain et les feux de signalisation. Pour pallier ces difficultés, Smovengo a déployé une alimentation sur batteries. Mais cette solution temporaire s'éternise et "génère des dysfonctionnements en chaine qui provoquent une embolie du système technique et d'exploitation". La grève engagée mi avril par une partie des salariés de l'opérateur a porté le coup de grâce au service, selon Smovengo. Les grévistes réclament une rémunération du travail de nuit identique à celle qu'ils avaient avec JC Decaux (un salaire supérieur de 45%, contre 10% avec Smovengo).

Le plan d'urgence, qui doit être mis en œuvre "jusqu'au 8 mai prochain, et au besoin au-delà", prévoit plusieurs mesures liées aux difficultés d'électrification des stations. Tout d'abord, la solution d'alimentation par batterie est abandonnée : depuis le 25 avril, toutes les nouvelles stations mises en service sont reliées au réseau électrique. L'entreprise explique que le rythme d'électrification des stations s'intensifie. Pour les stations sur batterie existantes, Smovengo va continuer à changer chaque jour "plus de 200 batteries" pour garantir leur bonne alimentation. Début mai, 300 stations sont raccordées au réseau, indique Smovengo. Parallèlement, l'entreprise va retirer les quelque 3.000 vélos bloqués en station. Elle en a déjà retiré 2.000 et prévoit de retirer "jusqu'à 400 vélos par jour selon la nécessité jusqu'à fin mai". Le service apporté aux clients sera aussi amélioré, avec notamment le doublement des effectifs du centre d'appel et le déblocage des comptes bloqués à cause des vélos considérés comme non restitués.

Retrait temporaire des vélos électriques

Parallèlement au traitement de l'urgence, les mesures du volet "redémarrage" du plan de Smovengo sont mises en œuvre entre début mai et fin juin "au plus tard". La mesure la plus radicale est le retrait temporaire des vélos à assistance électrique (VAE), jusqu'à ce que toutes les stations en service soient totalement électrifiées. "Les VAE ne peuvent être rechargés efficacement tant qu'il y aura des stations sur batterie", justifie l'entreprise. De même, Smovengo suspend le système "Park+" censé permettre aux usagers de déposer les vélos plus facilement et palier le manque de stations. "Son fonctionnement n'est pas bien compris", estime l'entreprise qui y voit malgré les difficultés "une des innovations majeures" de son service. La poursuite des remplacements des vélos bloqués en station, du déploiement et de l'électrification des stations, ainsi que des efforts de communication sont aussi au programme.

Enfin, "une fois le service stabilisé", Smovengo mettra en œuvre un plan de redéploiement. Il sera défini avec le syndicat Autolib' et Vélib' Métropole, la Mairie de Paris, et la Métropole et aura pour objectif le déploiement des 1.400 stations et de toutes les fonctionnalités prévues.

Réactions1 réaction à cet article

 

Chers amis journalistes d'investigation, tellement pointus pour dénoncer ce qui est le "mal", à quand un bilan financier et environnemental complet des Vélib', issu d'une investigation sérieuse?
Ici, pardonnez moi, mais vous relayez fort complaisamment la comm' de la Mairie de Paris (qui dispose pourtant d'un budget conséquent).
Merci d'avance pour la prise en considération de ma demande.
Sincères salutations.

Albatros | 11 mai 2018 à 11h37
 
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