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Peugeot fait un premier bilan de son puit de carbone forestier du Brésil

Depuis 1999, le puits de carbone financé par Peugeot montrerait un gain de 55.000 tonnes de CO2. Toutefois ce bilan positif reste pour l'instant essentiellement lié à l'arrêt des activités humaines initialement présentes sur le site.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
L'élément carbone est stocké sous différentes formes dans l'environnement et dans différents réservoirs : par exemple sous forme de carbonates dans les océans, sous forme de molécules organiques dans les êtres vivants ou sous forme de gaz dans l'atmosphère (CO2) ; les échanges entre ses réservoirs constituent le cycle du carbone. La notion de puits de carbone s'intéresse aux échanges entre atmosphère et végétation basés sur la photosynthèse qui permet aux végétaux d'absorber du CO2 atmosphérique pour leur croissance. En théorie, ce phénomène de stockage pourrait donc être utilisé voir accentué pour diminuer la quantité de CO2 d'origine anthropique dans l'atmosphère. Les spécialistes de l'International Panel for Climate Change (IPCC) considèrent que les écosystèmes terrestres fixent autant de CO2 que les océans tandis que 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) proviennent de la déforestation.
En 1997, le Protocole de Kyoto a attiré l'attention du monde entier sur la nécessité de la lutte contre l'effet de serre et encourage les investissements dans des pays du Sud pour développer des projets conduisant à des réductions d'émissions. C'est dans ce cadre qu'à été lancé le projet de puits de carbone au Brésil, intégralement financé par Peugeot et ayant pour ambition d'étudier à grande échelle et à long terme (40 ans), la relation entre reforestation, captation du carbone atmosphérique et régulation des climats. Le projet consistait à remettre en état un terrain dégradé par l'activité humaine en plantant des arbres, à suivre les flux de gaz à effet de serre tout en cherchant à développer la biodiversité et à associer la population locale au projet.

Le projet a démarré en 1999 avec l'acquisition de la Fazenda São Nicolau située sur la rive du Rio Juruena dans une région confrontée à un afflux de population et des défrichements importants. La propriété couvre une superficie de 10.000 ha, répartis au démarrage du projet, en 7.000 ha de forêt naturelle, 2.000 ha de pâturages et 1.000 ha de forêts dégradées en bordure de rivière, cibles principales des plantations.
De 1999 à 2003, près de 2.000 ha ont été intégralement replantés, avec environ 2 millions de plants répartis en 50 espèces différentes natives de la région.
L'impact du puits sur l'effet de serre a été apprécié en comparant les émissions de gaz à effet de serre observées lors des mesures avec les émissions d'un scénario de référence correspondant à la poursuite de l'activité d'élevage réalisé par l'ancien propriétaire. Les flux de GES sortants (les feux de végétation, la consommation en carburant, la décomposition du bois mort, la rumination du bétail) ont donc été opposés au flux de GES entrants (croissance de la végétation naturelle et plantée et stockage dans les sols).

Les premiers bilans carbone effectués montreraient que le gain de carbone depuis 1999 est d'environ 15.000 tonnes, soit 55.000 tonnes équivalent CO2 (téqCO2). Ce gain de carbone proviendrait surtout du retrait du bétail et des feux évités, donc indirectement de l'annulation du scénario de référence. Les plantations auraient aujourd'hui un impact modéré sur le gain carbone, car les peuplements sont au début de leur croissance. Progressivement, la croissance de ces plantations devrait devenir prédominante. Le gain moyen en carbone sur toute la durée du projet est estimé à 1.200.000 téqCO2.

En ce qui concerne le suivi de la biodiversité, les premiers résultats sont encourageants. Les pâturages où les plantations ont été effectuées présentent une faible biodiversité, alors que la forêt naturelle à proximité renferme un grand nombre d'espèces. L'objectif principal du suivi de la biodiversité est d'observer le retour des espèces dans les pâturages plantés, d'apprécier la vitesse de « recolonisation » et d'identifier les liens entre essences plantées et espèces animales. Il a été constaté un retour progressif de l'avifaune qui profite des plants de plusieurs mètres de haut pour échapper aux prédateurs. Enfin, l'étude a identifié plus d'une vingtaine d'espèces menacées d'extinction dont 20% de mammifères.

Sur le plan de l'intégration sociale, un programme d'éducation environnementale est conduit auprès des élèves de la région et plus de 1.500 élèves ont déjà découvert l'utilité de ces espaces naturels en visitant la Fazenda Sao Nicolau.
Un grand programme de donation de plants à destination de petits propriétaires agro-forestiers a également été mis en place pendant toute la phase de plantation. Durant cette période, près de 80.000 plants ont été distribués mais à priori, la plantation d'arbres ne constitue pas la préoccupation majeure des petits propriétaires. Comme ces derniers cherchent même plutôt à éliminer la végétation forestière pour la transformer en terres cultivables, ils ont dû trouver des bénéfices à la plantation à travers des utilisations diversifiées : constitution de haies vives pour délimiter les terrains, protection des cours d'eau, formation de systèmes sylvo-pastoraux où le bétail peut profiter de l'ombre des arbres, etc.

Le projet intégralement financé par la marque Peugeot à hauteur de 10 millions d'euros est exécuté par un maître d'œuvre, l'Office National des Forêts (ONF), via sa filiale ONF International. Plusieurs scientifiques pour la plupart brésiliens se sont associés au projet au sein d'un Comité Scientifique Consultatif. Ce site espère devenir une référence en matière de suivi du carbone et un modèle d'aménagement en intégrant les activités traditionnelles de la région (élevage et gestion forestières).

La société Peugeot a précisé qu'elle avait fait le choix de ne pas inclure ce projet dans les Mécanismes de Développement Propre mis en place par le protocole de Kyoto. Pourtant ces mécanismes autorisent une entreprise d'un pays industrialisé à engranger des crédits (en tonnes de CO2) au titre d'un investissement mené à l'étranger. Dans le cas de Peugeot, aucun crédit carbone ne serra sollicité pour son propre compte et si cela devait arriver, la société s'engage à les réinvestir dans l'objet social du projet. Bizarrement Peogeot insiste sur le fait qu'il ne s'agit en aucun cas de compenser les émissions des voitures qui ne sont pas le fait des constructeurs automobiles mais bien de l'usage fait des véhicules : la politique de communication environnementale du constructeur reste difficile à cerner.

Réactions3 réactions à cet article

 
agir à la source

merci Monsieur Peugeot de planter des arbres en amazonie , pour absorber du co² ;mais il serait nettement préferable de limiter les émissions de co² et autres particules à la source.Donc de produire des voitures moins lourdes ,moins puissantes , de nous proposer du "stop and go" ,
des modèles à récupération d'énergie , des filtres à particules sur tous les modèles ....De ne plus nous abreuver de pubs macho...Et pourquoi pas de planter des arbres le long des routes de France : mais attention,pas des arbres qui se précipitent sur les automobilistes imprudents !!!

jerome
 
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Anonyme | 19 mai 2006 à 11h31
 
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Re:agir à la source

bonjour!
il est suggéré à M Peogeot de limiter ses émissions de co2 !
est-il le véritable pollueur ou c'est l'usage de ses fabrications qui le sont?

notre association, reboiserlesahara@yahoo.fr, félicite M Peogeot pour l'initiative prise de créer un puit de carbone ..au Brésil

Ce que nous demandons à M Peogeot pourquoi les industriels "pollueuses" ne l'imiteraient pas

en d'autres termes, pourquoi l'on ne poussent les industries pollueuses en co2 d'aider des opérations de plantations dans le but de créer des puits de carbone, là où il sera possible de part le Monde?

1/ tenter de restaurer les forêts détruites, à l'état actuel les forêts perdent 2 ha par seconde
2/ augmenter les superficies forestières par un reboisement dans les zones désertes en particulier au Nord de l'Afrique, région du Sud de l'Europe qui commence à souffrir des mésfaits du réchauffement et des changements climatiques (l'Espagne est en train de se désertifier et les glaciers des Alpes en cours de fontes)

Au niveau de la page précédente, nous félicitions la ville de Narbonne pour avoir créé un puit de carbone dans la région

ce qu'il serait à souhaiter: que les pollueurs soient amenés à financer les puits de carbone là où il possible de la faire
c'est la conviction de notre association, reboiserlesahara@yahoo.fr, A+

DAOUD Alger | 02 février 2008 à 15h21
 
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