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Bio : les réseaux spécialisés veulent résister à l'appétit de la grande distribution

Le marché du bio poursuit sa croissance et les réseaux de vente historiques font face à une concurrence de plus en plus forte de la grande distribution. La filière a regardé chez les voisins européens comment maintenir ses parts de marché.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Bio : les réseaux spécialisés veulent résister à l'appétit de la grande distribution

Le marché de la distribution bio a progressé de 18 % entre 2016 et 2017. Son succès ne se dément pas au fil des années. Pour répondre à cette forte demande, les circuits de distribution suivent la dynamique. Le nombre de magasins a progressé de 15 % en un an et comptait, fin 2017, 2.700 magasins spécialisés. "En un an, 265 points de vente bio ont été ouverts en France, soit plus de cinq par semaine", souligne Natexbio, qui publie son bilan annuel.

La fédération a également enquêté chez les voisins européens pour voir comment la distribution spécialisée s'organisait face à la concurrence. Car le succès du bio emmène de nouveaux acteurs sur le marché, face aux acteurs historiques et aux réseaux spécialisés. De nouvelles enseignes spécialisées font leur apparition, les grands acteurs mangent les plus petits et la grande distribution crée ses propres réseaux bio, en plus d'étoffer les rayons de ses grandes surfaces (6.000 références aujourd'hui).

 
Une marge de progrès importante Le bio représente en France 4,4 % de la consommation globale des produits alimentaires. S'il a doublé en cinq ans, ce marché peut encore progresser. Au Danemark, le bio représente 10 % des ventes alimentaires.
 

"La bio change d'échelle. Le marché se partage", constate Claude Gruffat, le président de Natexbio. La grande distribution pèse pour 45 % du marché, contre 36 % pour les réseaux spécialisés. Le restant se partage entre ventes directes, marchés et les Amap… "Cette forte croissance pose la problématique de l'origine des matières premières. L'offre ne va pas suivre, elle doit s'organiser. Les réseaux spécialisés ont déjà structuré leurs filières d'approvisionnement, ils arrivent à répondre à la demande. Les autres ont plutôt tendance à miser sur les importations avant de créer une offre, s'ils prennent la peine de la construire…", analyse Claude Gruffat. Le fait que la grande distribution grappille, année après année, des parts de marché inquiète également la profession, qui cherche des pistes pour renverser la tendance.

Miser sur la proximité

En Allemagne, en Italie et en Belgique, la distribution spécialisée a rencontré la même problématique. "En Allemagne, il y a eu une récession d'activité pendant deux ans, les acteurs de la grande distribution prenant de plus en plus de parts de marché. Mais les réseaux spécialisés ont repris du poil de la bête. Ils ont davantage travaillé sur les origines des produits, les filières, le local, sur lesquels ils ont une meilleure capacité à capter l'offre", explique Claude Gruffat. Un temps tentés par une guerre des prix avec les grandes enseignes, les réseaux spécialisés allemands semblent désormais vouloir se recentrer sur leurs fondamentaux, et notamment la proximité.

En Italie, la perte de parts de marché perdure. "Ils n'ont peut-être pas la même implication avec les filières locales", analyse le président de Natexbio, alors que le consommateur italien est particulièrement sensible aux produits du terroir… En Belgique, la distribution spécialisée retrouve ses parts de marché de 2015 alors que les grandes surface sont en perte de vitesse. De nouveaux acteurs émergent et se font une place au soleil. Des concepts urbains voient également le jour, autour de la création de "lieux de vie et de consommation durable".

Jouer sur l'innovation plutôt que les prix

Si le paysage de la bio n'est pas le même selon les pays, ces expériences montrent que les réseaux spécialisés doivent évoluer pour résister à la concurrence. "Ils doivent conserver une relation de proximité avec les clients, miser sur les circuits courts, les relations humaines, la confiance…", résume Claude Gruffat. La traçabilité des produits, la question du revenu des producteurs font partie des valeurs fondatrices à réaffirmer. Pas besoin de rentrer dans une guerre des prix, au contraire, explique Claude Gruffat : "Les prix sont à mettre en relation avec les origines des produits et la juste répartition de la valeur sur la chaîne. Les consommateurs font davantage confiance aux réseaux spécialisés pour respecter ces valeurs là. La différence de prix est donc compréhensible, jusqu'à un certain seuil".

Les magasins bio doivent également continuer à innover, comme ils l'ont fait en développant la vente en vrac, ou en augmentant le choix des références vendues et des produits proposés. D'autant que les catégories de produits bio ne sont pas les mêmes selon les réseaux de distribution. Si les grandes surfaces ont la part belle sur les oeufs et le lait bio (plus de deux tiers du marché), les consommateurs ont tendance à davantage se tourner vers les magasins spécialisés pour les fruits et légumes, le pain et l'épicerie.

Réactions3 réactions à cet article

 

Le bio dans les grandes surfaces n'est pas en vrac. Il est sous sacs plastiques. Certains sont dans des barquettes cartonnées, d'autres dans des barquettes en plastique !! A priori j'ignore ceux dans des barquettes plastiques et ceux venant de très loin comme kiwi de Nouvelle Zélande. J'avoue me méfier des produits bio venant d'Italie. La mafia n'est peut être pas loin ! Il faut vraiment des magasins spécialisés.

Vonvon | 22 novembre 2018 à 10h36
 
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On ne sauve plus la planète. On sauve la Saint Marge.
Vite, Générations Futures, sortez "une étude" pour plomber les méchants et bien foutre la frousse aux religieux du "bio" bien intégriste !
La supercherie du "bio" commence à sérieusement se voir...
Alors qu'il suffit juste de lire le règlement pour comprendre le foutage de gueule absolu de cette religion...

Albatros | 22 novembre 2018 à 11h51
 
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Là, on ne rigole plus car il s'agit de préserver la Sainte Marge.
Une des options est de demander "une étude" à un Générations Futures quelconque pour dire du mal des méchants...
Où on constate que le lobby des gens en place est assez efficace (assez pour censurer ma réaction).
Merci et excellente journée !

Albatros | 27 novembre 2018 à 07h44
 
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