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Forage de Total en Guyane : sept ONG déposent un recours contre l'Etat

Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Ce mercredi 12 décembre, sept ONG environnementales ont annoncé avoir déposé un recours contre l'Etat au tribunal administratif de Cergy pour annuler les autorisations de forage accordées au groupe pétrolier Total au large de la Guyane. Les associations plaignantes sont Greenpeace France, Les Amis de la Terre - France, Guyane Nature Environnement, Nature Rights, Sea Shepherd France, Surfrider Europe et ZEA.

En octobre dernier, Total a reçu le feu vert du préfet de Guyane pour un forage d'hydrocarbures offshore. Un premier forage d'un puits d'exploration, en zone centrale, devrait être réalisé à partir de la fin 2018 jusqu'à la fin mai 2019.

Pour Chantal Jouanno, présidente de la commission nationale du débat public (CNDP), "l'autorisation a été délivrée à Total sans respect du droit de la participation, puisque nous, CNDP, aurions dû être saisis du dossier". Dans un communiqué commun, les ONG déplorent cette absence de saisine "obligatoire" de la CNDP. Elles estiment qu'un débat public aurait dû avoir lieu. Les associations fustigent "un déni de démocratie", des "irrégularités" et des "zones d'ombre" qui ont permis à Total d'obtenir, en octobre, l'autorisation de commencer les travaux. Elles regrettent une validation de ce projet "climaticide", "malgré 7.173 avis défavorables émis lors de l'enquête publique". Les ONG critiquent également les "lacunes de la modélisation en cas de marée noire et des risques pour les pays et territoires voisins". Elles dénoncent aussi "l'absence d'expertise et l'incompréhension du dossier des commissaires-enquêteurs chargés d'émettre un avis argumenté sur l'étude d'impact environnemental de Total".

Ces forages "auront lieu à quelques kilomètres d'un écosystème unique et vulnérable : le Récif de l'Amazone", ajoute Greenpeace. L'agence environnementale brésilienne vient d'annuler les projets des forages de Total "dans cette même région" de l'embouchure de l'Amazone, "présentant des risques similaires", préviennent les ONG. "Bien que les récifs coralliens se trouvent à environ 20 km de la zone de forage, le préfet [de Guyane] a décidé, dans [un] esprit d'extrême précaution, de la mise en place d'une surveillance supplémentaire et spécifique de la flore et la faune de la zone concernée", a assuré le ministre de la Transition écologique, François de Rugy.

Réactions2 réactions à cet article

 

"l'autorisation a été délivrée à Total sans respect du droit de la participation, puisque nous, CNDP, aurions dû être saisis du dossier". C'est Mme JOUANNO qui le dit, es qualité de présidente de la CNDP (certes, son passé à l'Ademe doit la disqualifier d'office aux yeux de certains commentateurs...).
Le préfet de Guyane, voyons, ne serait-ce pas celui-là même qui enjambe le débat public dans le cadre du projet Montagne d'or (https://www.actu-environnement.com/ae/news/Montagne-or-Etat-passer-force-prefet-guyane-32413.php4) ? Belle constance en matière de contournement du droit public ! Et belle performance pour un représentant de l'Etat.
La Guyane est-elle donc toujours considérée comme le bagne pour ceux de la préfectorale qu'on y envoie de hauts fonctionnaires avec une telle mentalité ? Est-elle si loin de la métropole que certains se sentent autorisés à "adapter" le droit national ?
Et comment s'étonner ensuite de l'affaiblissement de la considération par le public du rôle de l'Etat ?! C'est consternant et grave, car ce genre de personnage mine le respect des valeurs de notre république.

Pégase | 13 décembre 2018 à 13h50
 
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Forfaiture :
violation par un fonctionnaire public des devoirs essentiels de sa charge.

mot inconnu dans le monde des préfets et cependant pratiqué

cf. les cas ci-dessus et, en exemple supplémentaire, infraction au Code de l'Environnement, complicité du Préfet de Région et de Département (à propos des deux projets de microcentrales lauréats passés en fraude à l'appel d'offres ministériel).

les devoirs essentiels de la charge de préfet c'est d'être au service du public et non d'intérêts particuliers, et en charge de faire respecter les lois.
C'est l'abus du "droit à la propriété" lucrative qui détruit la planète.

Butimage | 14 décembre 2018 à 11h41
 
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