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Actu-Environnement

Pesticides perturbateurs endocriniens : Générations futures tire la sonnette d'alarme

L'association Générations futures s'est penchée sur les données concernant la qualité des cours d'eau des agences de l'eau. Elle met en lumière la présence de pesticides perturbateurs endocriniens dans les cours d'eau en fonction des départements.

Risques  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com

Quelle est la présence de pesticides perturbateurs endocriniens dans les cours d'eau en France ?  Pour répondre à cette question, l'association Générations futures s'est plongée dans les relevés d'observation sur la qualité des cours d'eau des agences de l'eau. L'association a compilé les résultats de son analyse sous la forme de quatre cartes. La première indique le nombre de pesticides perturbateurs endocriniens (PE) retrouvé par département dans les eaux de surface. Une seconde carte souligne l'ampleur du phénomène. Dans les grandes lignes, le nombre de substances quantifiées est de 41 par département sur une moyenne de molécules recherchées d'environ 183. La situation est toutefois très hétérogène : le nombre de substances retrouvées peut varier par exemple de quatre pour la Corse du sud à 90 pour le Calvados.

Une troisième carte montre les trois pesticides perturbateurs endocriniens les plus identifiés. La situation est là encore très variable selon les départements. Néanmoins, des tendances se dégagent. Le glyphosate arrive ainsi en tête dans 37 départements. En deuxième et troisième position de ce triste palmarès, on retrouve des substances interdites au niveau européen : Atrazine-Déséthyl, la plus retrouvée dans 30 départements et le Métolachlor domine dans 15 départements.

La dernière carte reflète la présence du glyphosate dans les cours d'eau, en fonction des départements.

Des données non homogènes

Générations futures regrette le manque d'homogénéité et le retard dans les remontées d'information dans la base de données des agences de l'eau.

"Ces différences peuvent bien sûr s'expliquer, en partie, par des situations géographiques et des contextes agro-industriels divers, mais le fait que les pratiques analytiques soient si disparates (notamment pour ce qui est des seuils de quantification) ne permet pas, à notre sens, une analyse optimale des différences interdépartementales", indique-t-elle.

L'association a ainsi dû se baser sur des relevés de 2015 pour disposer d'un même niveau d'information pour toute la France. Elle pointe toutefois que les données 2016-2017 devraient prochainement être intégrées sur les cartes, la base de données des agences de l'eau ayant été complétée dernièrement.

Interdire les épandages près des points d'eau

Générations futures appelle à des évolutions pour améliorer la qualité de l'eau des nappes superficielles. "La France s'est dotée, en avril 2014, d'une première stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) qui n'a pas permis de réduire fortement l'exposition des populations et de notre environnement à ces substances", regrette-t-elle.

Et pour l'association, la seconde stratégie en cours d'élaboration devrait être plus ambitieuse. "Depuis la fin de la consultation publique en date du 8 février, nous avons participé à une réunion du Groupe Santé Environnement qui fixe le cadre des actions politiques à mener en France sur ce sujet, indique-t-elle. Lors de cette réunion qui s'est tenue le 21 mars, notre association a regretté la frilosité des représentants politiques censés impulser le changement sur ces dossiers". L'association Générations futures souhaiterait que les pesticides perturbateurs endocriniens avérés et suspectés soient exclus de la mise sur le marché. L'association demande une révision de l'arrêté du 4 mai 2017 sur l'utilisation des pesticides pour l'interdiction des épandages à proximité des lieux de vie et de tous les points d'eau. Elle appelle également à ce que le gouvernement et les élus se positionnent au niveau européen pour garantir une protection contre ces polluants.

Réactions2 réactions à cet article

 

En ce qui concerne le glyphosate, l'étiquetage "perturbateur endocrinien" est, en l'état actuel de la science, une affirmation gratuite.
Si l'on se réfère à la note contingentée par les tenants pré-proclamés de la suppression de tout ce qui ressemble à un pesticide, le pesticide glyphosate serait un perturbateur endocrinien. Monsieur le Pr S... et Madame la Ministre L... n'en doutent apparemment pas.

Il devient donc nécessaire de soumettre à l'une et l'autre de ces éminentes personnalités, par souci de vérité, les observations suivantes:

- La note signée de Clair E., Message R.,Travert C., Seralini G., intitulée "Un herbicide à base de glyphosate peut induire in vitro une nécrose et une apoptose des cellules testiculaires du rat ainsi qu'une diminution de la testostérone à de faibles niveaux d'exposition (Toxicologie in vitro 2012; 26: 269-279)" précise dans son commentaire en forme de conclusion: " Il ressort de cette étude que le Roundup POURRAIT AGIR COMME un perturbateur endocrinien, car il perturbe le niveau de testostérone dans les cellules testiculaires à des doses de 1-10 ppm" ... "La pertinence du modèle in vitro utilisé pour évaluer les effets sur le développement et la fonction reproductrice MERITERAIT UN EXAMEN APPROFONDI DEPASSANT LE CADRE DE CETTE NOTE" (sic).
Note donc considérée et reconnue insuffisante par les auteurs eux mêmes, qui demandent de l'aide pour affirmer le caractère de perturbateur endocrinien du glyphosate (...)

Euplectes | 18 avril 2019 à 21h06
 
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(...)

Ce qui n'empêche nullement ces mêmes auteurs de qualifier de façon péremptoire et "ex nihilo", dans ce même texte, le glyphosate de xénobiotique (molécule polluante et parfois toxique à faibles ou très faibles concentrations).

Nous sommes là dans le vif du sujet: Comment peut-on décerner à une molécule la propriété de "perturbateur endocrinien", dès lors que l'on estime nécessaire de diligenter des examens plus approfondis pour en apporter la preuve?

- Dans le même registre, madame la Ministre C.L... dévidait récemment la pelote de son bréviaire idéologique annonciateur de fin du monde et encourageait à deux tiers de mot "l'hyper-judiciarisation": pourquoi pas, après tout. Souvenons nous toutefois qu'il n'y a pas si longtemps, Madame la ministre ne se disait pas opposée et prônait même le transgénique...

Ce n'est pas depuis peu que la sagesse populaire prévient de se méfier des personnages qui soufflent, au gré de leurs humeurs stratégiques mais toujours en accord avec leur "religiosité", le chaud et le froid.

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 18 avril 2019 à 21h39
 
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