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Agrocarburants : l'UE donne un agrément à sept mécanismes de durabilité

Malgré les critiques, l'Union européenne persiste dans la voie des agrocarburants. La Commission vient de reconnaître sept organismes de contrôle de durabilité de ces carburants. Pourtant, les critères d'évaluation font encore débat aujourd'hui.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Agrocarburants : l'UE donne un agrément à sept mécanismes de durabilité
   

Alors que les critères de durabilité des agrocarburants font toujours débat, la Commission européenne a délivré le 19 juillet sept agréments (valables cinq ans et applicables dans les 27 Etats membres) à des mécanismes volontaires de certification des agrocarburants. Ceux-ci seront chargés, après vérification, de délivrer un ''label'' garantissant leur durabilité. Cette reconnaissance permettra notamment aux producteurs de bénéficier d'un soutien public et d'une comptabilisation aux fins de la réalisation des objectifs nationaux obligatoires en matière d'énergies renouvelables.

L'Union européenne a pour objectif d'atteindre 10 % d'énergies renouvelables dans les transports d'ici à 2020. ''Nous devons nous assurer que la totalité de la production de biocarburants et de la chaîne d'approvisionnement correspondante sont durables. C'est pourquoi nous avons fixé les normes de durabilité les plus exigeantes du monde. Les mécanismes reconnus aujourd'hui à l'échelon de l'UE constituent un bon exemple d'un système fiable et transparent qui assure le respect de ces normes strictes'', a déclaré le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger.

La durabilité des agrocarburants pas encore définie…

L'UE entend soutenir des agrocarburants durables : ''les biocarburants ne peuvent être produits dans des zones présentant une grande valeur pour la biodiversité, telles que les zones protégées, ou dans des zones renfermant des quantités importantes de carbone, telles que les forêts et les tourbières''. En outre, les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble de la chaîne de production doivent être inférieures d'au moins 35 % à celles de la chaîne de production des combustibles fossiles. Ce seuil sera relevé progressivement (50 % en 2017 puis 60 %).

 
Sept organismes de certification reconnus Les sept mécanismes volontaires de certification agréés par la Commission sont ISCC (mécanisme financé par des fonds publics allemands pour tous les agrocarburants), Bonsucro EU (initiative pour les agrocarburants à base de sucre de canne, principalement axé sur le Brésil, à laquelle participe le WWF), RTRS EU RED (initiative pour les agrocarburants à base de soja, principalement axé sur l'Argentine et le Brésil, à laquelle participe plusieurs ONG environnementales), RSB EU RED (initiative concernant tous les types d'agrocarburants, à laquelle participent l'UICN et le WWF), 2BSvs (mécanisme mis au point par des producteurs français avec le Bureau Veritas et couvrant tous les types d'agrocarburants), RSBA (mécanisme mis en place par la société Abengoa pour sa chaîne d'approvisionnement) et Greenergy (mécanisme mis en place par la société Greenergy pour l'éthanol brésilien obtenu à partir de sucre de canne). Au total, 25 demandes d'agrément ont été déposées. La Commission poursuit l'examen des dossiers.
 
Seulement, la question de la prise en compte du changement d'affectation des sols indirects (CASI) dans les impacts environnementaux des agrocarburants n'est toujours pas tranchée. La Commission européenne reconnaissait, dans un rapport publié le 22 décembre 2010, que la prise en compte du CASI dans le bilan carbone des agrocarburants pouvait ''atténuer les résultats''. De nombreuses études, publiées par l'IEEP, l'Ifpri pour la Commission européenne ou encore l'ADEME, vont plus loin et affirment que la prise en compte du CASI peut plomber le bilan environnemental des agrocarburants. La Commission devrait publier en septembre prochain un rapport sur la question. Cette ''analyse approfondie'' pourrait être ''le cas échéant accompagnée d'une proposition législative concernant la modification des directives sur les ENR'' afin de réduire ''les effets secondaires négatifs'' des agrocarburants.

Autre enjeu : la définition de ''zones riches en biodiversité''. La Commission devrait préciser cette question à l'automne prochain.

Les principales instances internationales demandent une suppression des subventions

Les impacts économiques et sociaux des agrocarburants sont régulièrement dénoncés, en ces temps de tensions sur le marché des matières premières. En mai dernier, la FAO, l'IFAD (Fonds international pour le développement agricole), le FMI, l'OCDE, le CNUCD, le Programme alimentaire mondial, la Banque mondiale et l'OMC demandaient, dans un document d'orientation intitulé ''Volatilité des prix des marchés alimentaires et agricoles : réponses politiques'', une suppression des subventions aux agrocarburants et des dispositions qui les rendent obligatoires, à cause de leurs impacts sur les pauvres et sur les prix alimentaires.

Entre 2000 et 2009, la production mondiale de bio-ethanol a quadruplé, principalement portée par les politiques de soutien. En moyenne, entre 2007 et 2009, 20 % du sucre de canne à sucre, 9 % des oléagineux et céréales secondaires et 4 % du sucre de betterave étaient utilisés pour la production d'agrocarburants, avec une influence sur le prix de ces matières premières, mais pas seulement. Les agrocarburants ont également une influence sur des produits qui ne jouent pas un rôle majeur en tant que matières premières dans leur production, comme le blé, en raison des relations étroites entre les cultures, tant du côté de la demande (en raison de la substituabilité des consommations) et du côté de l'offre (dû à la concurrence pour les terres et autres intrants), notait le rapport. Ainsi, au niveau international, les prix des cultures sont de plus en plus liés aux prix du pétrole, en raison des coûts de production de biocarburants.

Réactions5 réactions à cet article

 

Dédier nos cultures pour rouler ou voler alors que d'autres meurent de faim dans le monde... ça ne vous dérange pas?

Renaud | 21 juillet 2011 à 09h55
 
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Bonjour

Selon la FAO ( Food and Agriculture Organisation ; organisation
mondiale de l'agriculture et de l'alimentation) , la nourriture est
actuellement produite en quantité record , le problème est le prix de
cette nourriture et le pouvoir d'achat des populations , ce prix qui
est lié à la montée du prix du pétrôle ( qui ne fera que monter du fait
de sa raréfaction) et des spéculateurs financiers .

Les investisseurs qui ont subit de lourdes pertes dans l'immobilier
(subprime) se sont retournés sur les biens de consommation et
l'alimentation ; ils ont institués une sorte d'indexation artificielle
du prix des produits alimentaires basé sur le prix du pétrôle , de
sorte qu'ils sont sûr d'engranger des bénéfices : de fait lorsque le
pétrôle augmente , les bénéfices sur les denrées alimentaires
augmentent pour les investiseurs spéculateurs .

On pourrait imaginer doubler ou plus , les surfaces agricoles utiles
pour l'alimentation , on ne ferait jamais baisser le prix des denrées
alimentaires car évidemment le problème de la faim des populations
pauvres (française comprise) est le prix de la nourriture et non
l'abondance produite dans le monde.

Par contre si l'on développait les agro-carburants ( sur des surfaces en jachère) il y aurait un effet de levier sur le prix du baril de pétrôle , de par effet de concurrence , sans parler de la mane financière pour nos
agriculteurs ( en déclin)

bipbip58 | 21 juillet 2011 à 12h23
 
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Nos champs transformés en pétrole vert et ce qui restera de nature servira d'ornement de décoration au milieu des zones industrielles, ont nage en plein délire !

Et ces "nécro-carburants" seront bien evidemment issus de plantes GM arrosés de pesticides chimiques qui au fil du temps rendront les terres complétements stériles et incultes !

bravo le developpement durable !

quel monde de dingues, c'est à devenir complétement schizophréne !

albator | 21 juillet 2011 à 12h24
 
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De plus, la famine actuelle dans la corne de l'Afrique est liée à la sécheresse , si vous changiez l'affectation de certaines terres fertiles en Europe et mises en jachère ( pour éviter la surproduction donc la chute des prix de revient ...), et que vous passiez d'agro-nutrition à agro-carburant ,celà ne changerait rien là-bas, sans eau rien ne pousse, la problèmatique se trouve donc bien ailleurs , là-bas (construire des puits...)
L'horreur finale ne serait elle pas que certains et ce consciemment ,
ne laissent mourrir de faim une partie de la population mondiale pour
en contrôler la démographie , car il est vrai qu'il doit exister une
limite physique de surpopulation sur la terre et la capacité de nourrir
tout le monde , quand cette limite sera t elle atteinte ? quel est le
chiffre maximal à ne pas dépasser ? , en tout cas pour le moment
personne ne s'en préoccupe de cette surpopulation et de cette limite ,
au contraire , en France , on se rejouit d'un taux de natalité de 2.5
...

bipbip58 | 21 juillet 2011 à 12h48
 
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Cher albator

intéressez vous à la méthanisation à la ferme (déchets de tontes,d'abattoirs, de cantines (fermentation anaérobie)) ou transformation thermo-chimique (gazéification) de la biomasse (déchets d'exploitation forestière,pailles, déchets verts(en déchetterie)) pour la production d'hydrogène et piles à combustibles ...donc transformation de multiples éléments appelés aujourd'hui ''déchets'' qui de toutes façons ne serviraient jamais ni à l'alimentation animale , ni humaine.

bipbip58 | 21 juillet 2011 à 15h13
 
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