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Actu-Environnement

L'Anses retire 132 autorisations de produits à base de glyphosate

Agroécologie  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) retirera, à compter du 15 décembre, les autorisations de mise sur le marché (AMM) de 132 produits phytopharmaceutiques à base de glyphosate. Actuellement, 190 produits contenant cette substance ont une AMM en France, rappelle l'Anses. Les fabricants des 132 produits concernés n'ont pas déposé de demande de renouvellement d'autorisation, a précisé l'Anses, le 29 novembre. L'Agence vient de notifier aux industriels la fin de validité au 15 décembre des 132 AMM, "avec un délai maximal d'utilisation des produits déjà détenus par les professionnels au 15 juin 2019". Pour les professionnels, la fin de vente et de distribution des produits est fixée au 15 mars 2019 et la fin d'utilisation des produits et des stocks par les agriculteurs interviendra le 15 juin 2019. L'Anses rappelle que l'utilisation du glyphosate et de tous les produits phytosanitaires sera interdite à partir du 1er janvier 2019 pour les jardiniers amateurs.

L'Agence révise actuellement les AMM des produits contenant du glyphosate, pour lesquels les fabricants ont fait leur demande d'autorisation ou de réautorisation. Suite à la réapprobation de la substance active glyphosate au niveau européen en décembre 2017, 58 dossiers de demande de renouvellement et 11 nouvelles demandes d'AMM ont été déposées à l'Anses.

L'évaluation des demandes d'autorisation par l'Agence sera finalisée avant le 31 décembre 2020. Le plan gouvernemental de sortie du glyphosate prévoit de mettre fin à la majorité des usages du pesticide à cette échéance et sous cinq ans à la totalité. Pour les produits à base de glyphosate, les usages "pour lesquels il existe une alternative répondant aux critères de substitution seront donc interdits", a souligné l'Anses. Le rapport de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), paru en décembre 2017, montre que des alternatives au glyphosate existent déjà pour près de 90 % des surfaces agricoles. L'Anses s'appuiera sur ce rapport de l'Inra. Elle comparera, pour chaque usage, les produits à base de glyphosate "avec les méthodes non chimiques de prévention ou de lutte disponibles".

En juillet 2016, l'Anses avait déjà retiré du marché 126 préparations associant le glyphosate au co-formulant POE-tallowamine. L'Etat vient de mettre en ligne une plateforme de suivi des agriculteurs français engagés à sortir de l'usage de l'herbicide glyphosate d'ici fin 2020.

Réactions10 réactions à cet article

 

Etant donné le succès rencontré par l'Appel des Coquelicots contre les pesticides de synthèse (www.nousvoulonsdescoquelicots.org), est-il envisageable de permettre à tout invité à lire cet article intéressant d'y accéder par un lien ?

Merci

Sagecol | 03 décembre 2018 à 10h30
 
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Puisque 132 fabricants de produits contenant du glyphosate ne renouvellent pas leurs demandes d'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour ces marques, l'ANSES ne peut que retirer l'AMM, parce que ces produits ne seront plus fabriqués par ces fabricants...

Il demeure que 69 dossiers de demande d'AMM pour des produits contenant du glyphosate ont été déposés, et sont en cours d'examen.

Le rapport INRA de novembre 2017 est enrichissant et édifiant. Sa conclusion, très construite, ne conclut ni dans un sens ni dans l'autre, ce sur quoi il insiste à plusieurs reprises.

Son "résumé introductif" précise que la saisine de l'INRA "ne concerne pas les risques toxicologiques et écotoxicologiques associés aux différents usages du glyphosate": soit, mais dont acte, car chacun peut se rappeler ou apprendre que ces risques sont quasi-inexistants pour autant que les valeurs limites d'exposition ne soient pas dépassées et que les prescriptions d'utilisation soient respectées.

Autre remarque à propos d'un manque de rigueur scientifique par préjugé: l'avant dernière phrase du "résumé exécutif" indique que le glyphosate est "rarement et fort heureusement retrouvé dans les denrées agricoles". L'adverbe "heureusement" est de trop: Il infère gratuitement que la molécule présenterait un haut danger pour l'homme qui, à l'instar de toute autre espèce de la classe des mammifères, ne la métabolise que très peu ou pas, en l'état actuel des connaissances.

(...)

Euplectes | 03 décembre 2018 à 11h14
 
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(...) Dans un très court paragraphe 3, l'INRA tente d'évaluer le surcoût économique susceptible d'être induit par le projet de suppression du glyphosate. L'évaluation est considérée comme "délicate": bel euphémisme! On aurait cependant pu prédire et produire, à partir de retours d'expérience et avec les réserves d'usage, des estimations au cas par cas ou plus globalisées.

Au 1-3 de l'introduction, les auteurs soulignent que, par manque de temps imparti, "l'étude n' a pas été conduite selon les principes de la charte d'expertise scientifique institutionnelle sur laquelle l'INRA s'est engagé": Biais majeur, disqualifiant pour le rapport, mais autocritique toute à l'honneur scientifique de l'INRA.
L'analyse complète du 1-3 de l'introduction est édifiante.

Selon moi (avis largement partagé), la mise en pratique de l''écologie raisonnée, dont un des nombreux volets est la diminution de l'emploi des pesticides, devrait se doter d'études plus approfondies et moins approximatives, études scientifiques et sociologiques, qui permettraient d'asseoir et de conforter les choix des décideurs. La transition écologique ne pourra être une réussite que si l'on voulait bien prendre le temps qu'il faudra pour étudier, exactement informer et décider.

Bon courage à tous ceux qui sont de bonne volonté.

Euplectes

Euplectes | 03 décembre 2018 à 12h07
 
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Retirer 132 AMM dont le renouvellement n'a pas été sollicité par les fabricants constitue un fait d'armes inouï !!! C'est donc sur les 58 restantes plus 11 nouvelles que se jugera la fermeté de l'ANSES...
Sachant que la vente de produits au glyphosate sera interdite à compter du 1er janvier prochain pour les particuliers, il va y avoir foule de jolis bidons de glyphosate sous le sapin ce 25 décembre en prévision des temps difficiles qui s'annoncent !

Pégase | 03 décembre 2018 à 14h56
 
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Bonjour,
C'est plutot une bonne nouvelle mais: méfiance à titre d'exemple le lindane dont l'amm a été retiré en 1998, est toujours détecté et de maniére non négligable dans les Hauts de France.Ce type de mesure doit être accompagner de sanctions pénales et/ou financiéres.

PVN | 03 décembre 2018 à 15h11
 
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Bonjour Sagecol,

Oui vous pouvez mettre un lien sur l'article en mentionnant Actu-Environnement.com.

Merci. Cordialement

Rachida Boughriet Rachida Boughriet
04 décembre 2018 à 09h51
 
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@ Euplectes : "mise en pratique de l'écologie raisonnée" ? Si c'est bien un lapsus, il est très révélateur du fond de votre pensée !
Demander de prendre le temps de conduire des études prétendues sérieuses, remettre en cause celles qui ne conviennent pas aux intérêts des fabricants de pesticides, tenter de semer le doute dans les esprits : le procédé est cousu de fil blanc et éculé puisqu'il s'agit uniquement de faire gagner du temps, donc de l'argent, aux firmes et à leurs actionnaires (or, quand on voit l'évolution du cours de l'action Bayer, on commence à douter de la pertinence de la stratégie).
Un avis qui est lui largement partagé par le plus grand nombre de citoyens : basta les pesticides, glyphosate compris !
Mais bien évidemment, l'avis des citoyens compte peu pour les décideurs, qui ont d'autres intérêts à cajoler. Comment s'étonner alors de l'exaspération qui s'exprime actuellement dans les cités françaises ? Le déni de démocratie finit mal en général.

Pégase | 04 décembre 2018 à 10h49
 
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Ni lapsus linguae, ni lapsus clavis, encore moins glissement sémantique de ma part (Je ne joue pas dans cette cour là).

Par "écologie raisonnée", j'entends un ensemble de mesures concrètes mises en place après que leur pertinence, leur cohérence et leur justesse aient été passées au crible de la logique, de la science et de la raison. Par "raison", j'entends information, explication, discernement, bon sens. Voilà, cher Pégase, le fond de ma pensée quand je parle d'écologie raisonnée.

Une illustration d'actualité: Il est maintenant question de déterminer dans quelle mesure l'utilisation du sulfate de cuivre (CuSO4 pour faire court), pesticide bien connu et très employé du monde Agricole, pourrait être réduite. Notons d'emblée qu'il est question de réduire, mais non de supprimer: Idée d'écologie raisonnée?
Mais l'idée, ainsi recevable, pourrait aussi répondre, peu ou prou, à la farouche et abrupte volonté de certains de se passer définitivement de la molécule, en vertu et à l'aide du principe de conditionnement idéologique de masse.

Au risque de vous déplaire, cher Pégase, Je ne peux que rappeler que le CuSO4, même très peu biodégradable au sol et peu écotoxique, est très peu toxique pour l'homme. Car comme pour le Glyphosate, les études de toxo-cinétique chez l'homme n'ont pas montré d'accumulation de cuivre dans l'organisme chroniquement exposé, qui l'élimine rapidement (sauf en cas de rare maladie de Wilson). Il en va ici de même pour le glyphosate et pour le CuSO4.
...

Euplectes | 04 décembre 2018 à 18h32
 
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(...) Pour l'exposition chronique au CuSO4 d'une part (Voir INRS fiche toxicologique n° 294) et au glyphosate d'autre part (Voir INRS fiche toxicologique n° 273) les effets génotoxiques, cancérogènes, sur la fertilité et la reproduction sont nuls à rares.

Pour l'exposition aigüe, notons quand même la DL50 (rat) à 2g/kg pour le CuSO4, que l'on compare à la DL50 (rat) à 4,87g/kg pour le glyphosate(nota : la souris est deux fois plus sensible à la toxicité du glyphosate que le rat). - Source: "the Merck Index, 14ème édition, 2006 -.

Il devient dès lors plus aisé de constater deux points importants:

1/ On s'accorde à considérer, preuves à l'appui, que la toxicité aigüe du CuSO4 est de 1,4 à 2,8 fois supérieure à celle du glyphosate, chez l"animal de laboratoire.

2/ Le CuSO4 et le glyphosate présentent, GROSSO MODO, une toxicité sub-chronique et chronique identiquement faible.

MAIS ON S'ACCORDE AUSSI à considérer, pour ces deux molécules, que les études de toxicité chronique disposent de données encore incomplètes et ne sont pas encore suffisamment approfondies, comme l'indiquent d'ailleurs leurs auteurs, la plupart du temps.

C'est pourquoi je soutiens qu'il conviendrait de prendre le temps de conduire de nouvelles études, après avoir réuni le maximum d'éléments acquis et d'éléments nés de nouvelles expérimentations qui, de l'avis même des rédacteurs de travaux scientifiques, sont nécessaires pour les appuyer et mieux étayer leurs conclusions.

...

Euplectes | 04 décembre 2018 à 19h21
 
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(...) C'est pourquoi je me permets de critiquer (terme ni péjoratif ni belliqueux en sciences) le rapport de l'INRA de décembre 2017, ses auteurs l'ont fait avant moi.

C'est pourquoi je ne tente pas de semer le doute dans les esprits (je ne joue pas dans cette cour là, je le répète). Je ne suis pas le "porte-flingue" de l'industrie chimique ou de tel ou tel groupement d'Agriculteurs.

C'est pourquoi j'essaye, au contraire, de lever le voile d'incertitude, d'inquiétude, qui assaille certains de nos concitoyens, via l'ignorance et la peur qui leurs sont massivement instillées par la propagande des croisés anti-glyphosate (et bientôt anti-sulfate de cuivre?)

Encore la vieille ficelle, direz vous, cher Pégase? Voire.

Euplectes

Euplectes | 04 décembre 2018 à 19h43
 
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