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Actu-Environnement

Cigéo : le panel citoyen estime que le calendrier n'est pas réaliste

Le panel de citoyens consulté dans le cadre du débat public sur Cigéo juge que des études complémentaires sont à réaliser avant de décider d'enfouir ou non les déchets radioactifs. Il n'est cependant pas hostile par principe à Cigéo.

Risques  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

"Pour nous, il n'y a pas réellement d'urgence à décider du projet [Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) de déchets nucléaires de haute et moyenne activité à vie longue], puisque les déchets actuels vont devoir refroidir au moins 60 ans, avant toute possibilité de stockage en profondeur". Telle est la principale conclusion de l'avis adopté à l'unanimité, lundi 3 janvier, par les 17 citoyens du panel chargé de compléter le débat public tronqué relatif au projet porté par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

Avant de trancher sur l'enfouissement définitif des déchets radioactifs, les 17 membres du panel suggèrent "d'une part, de se donner les moyens de trouver des solutions alternatives ou complémentaires, et d'autre part, de réaliser une expérimentation en grandeur réelle".

En conséquence, il "[considère] qu'il faut un temps supplémentaire et que le calendrier actuel des autorisations officielles prévu par l'Andra ne [lui] parait pas réaliste sans une phase d'expérience grandeur nature".

Le calendrier actuel prévoit une demande d'autorisation de création en 2015, un décret d'autorisation en 2018, la mise en service industrielle en 2025, après autorisation de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et un premier bilan en 2030.

Pas d'hostilité de principe

De manière plus générale, "le groupe n'est a priori pas hostile à Cigéo, aux conditions que le temps soit pris (…) pour répondre aux questions que nous développons dans cet avis".

Les questions soulevées abordent en particulier les risques d'incendie, un aspect qualifié d'"essentiel", et les risques concernant la ventilation et la dispersion d'éléments nocifs dans l'atmosphère, ainsi que la récupérabilité des déchets, qui va au-delà de la réversibilité.

"Il nous apparait important de s'assurer de la récupérabilité des colis le plus longtemps possible car la récupérabilité est une condition sine qua non de la réversibilité", estiment les 17 citoyens du panel, ajoutant que "contrairement à ce qui est dit dans le document « réponse de l'Andra à la question 428 du débat public », cette récupérabilité jusqu'à la fin de la période d'exploitation nous semble nécessaire".

Enfin, concernant la géothermie, "l'incertitude demeure quant au caractère exploitable du site en accord avec la loi", rappelle l'avis, précisant qu'"il s'agit pour [lui] d'une question juridique fondamentale". Il recommande des études pour connaître son caractère exceptionnel ou non, notamment dans le cadre du procès en cours.

L'Andra satisfaite

En réaction à cet avis, le porteur du projet, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), "relève que le panel n'est « a priori pas hostile à Cigéo », sous certaines conditions". S'agissant des études demandées par les 17 citoyens, l'Andra indique qu'elle "prend acte de la demande d'un démarrage progressif de Cigéo, qui complète et renforce la démarche qu'elle avait présentée à l'occasion du débat public : développement par étapes du stockage avec des points de rendez-vous réguliers, sous le contrôle de la société".

Par contre, il semble qu'elle ne partage pas l'avis du panel sur le calendrier et l'absence d'urgence. En effet, Cigéo doit aussi accueillir 70.000 m3 de déchets de moyenne activité à vie longue "qui n'ont pas besoin de refroidir et dont plus de la moitié est déjà produite", met en avant l'Agence.

S'agissant de la place accordée à cet avis au sein du débat public, l'Agence note qu'il "vient compléter les nombreuses expressions locales et nationales pendant le débat public (154 cahiers d'acteurs, plus de 1.500 questions, plus de 600 avis)".

Quant au réseau Sortir du nucléaire, il réagit dans une lettre ouverte envoyée au ministre de l'Ecologie, Philippe Martin. "Que font Cigéo (…) dans [le] projet de loi [sur la transition énergétique] ?", interroge le réseau précisant qu'"il semblerait qu'en ce début d'année, la rédaction de la partie consacrée aux déchets nucléaires soit bien avancée". Il semblerait, selon les informations rapportées par le réseau, que la réversibilité du stockage, les procédures d'autorisation et les missions de l'Andra, autant de points liés à Cigéo, pourraient être abordées dans la loi de transition énergétique.

Alors que Cigéo devrait faire l'objet d'une loi à l'horizon 2015/2018, le réseau se demande si "[on a] l'intention de glisser très discrètement le feu vert à l'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux, au sein d'une loi généraliste, en grillant les étapes officielles ?".

Réactions5 réactions à cet article

 

Je cite " [la] récupérabilité jusqu'à la fin de la période d'exploitation nous semble nécessaire" Quel sens donner a LA FIN D'EXPLOITATION? Le stockage longue durée porte sur des dizaines de siècles. On sait aujourd'hui déjà quelle partie des déchets ne seront jamais "recyclables"= ceux dont on ne pourra jamais accélerer la destruction. En réalité beaucoup dans le public cultivent le mythe d'un possible "retraitement" qui "ferait disparaitre la radioactivité. Seulement il faut savoir que 1° la radioactivité est inéluctable (rien ne peut l'arrêter ou accélerer 2°pour décomposer dans un réacteur atomique (quel qu'il soit) des matières radioactives on génére presque TOUJOURS d'autres produits radioactifs et le pire est que les durées de vie des nouveaux produits sont d'une part quelconque et d'autre part prévisibles. Durée de vie quelconque signifie qu'on peut être dans une gamme qui va du milliardième de seconde a plusieurs milliards d'annés.
Si nous trouvons encore aujourd'hui des minerais radioactifs d'Uranium ou de Thorium c'est que certains isotopes ont une durée de vie de plusieurs milliards d'année. Garantir la sécurité d'un stockage sur des dizaines de siècles n'est possible qu'en ayant enterré les colis dans un site présentant lui m^me des garanties de stabilité géologique.

ami9327 | 04 février 2014 à 16h27
 
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@mi9327

Le sens a donner à "fin de l'exploitation" est celui donné par l'Andra. Il ne s'agit pas de la durée de vie du site, mais de la durée durant laquelle le site sera "ouvert" et durant laquelle des hommes y travailleront (pour y placer les déchets et pour assurer le suivi). On parle d'un peut plus d'un siècle (de mémoire)

wareika | 05 février 2014 à 17h38
 
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Si c'est juste le calendrier qui est remis en cause ... Le projet en lui même est une véritable aberration, Laisser pendant des milliers d'années, des déchets radioactifs les plus dangereux sans pouvoir intervenir en cas de problème, à 500 mètres sous terre, c'est CRIMINEL. Les nappes phréatiques et les générations futures ne vous disent pas merci d'avance pour ce cadeau EMPOISONNÉ pour l'éternité.
Les déchets radioactifs doivent RESTER au plus près de leurs lieux de production afin de :
- limiter leur transport qui est source de danger
- surveiller l'évolution de ces déchets et intervenir en cas de besoin
- ne pas étendre la pollution à d'autres endroits
- respecter les décisions prises par les citoyens lors du premier débat public.

Rémifasol57 | 06 février 2014 à 09h49
 
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100 ans d'exploitation. C'est bien aussi ce que j'ai en tête. 100 ans alors que certains déchets viendront à peine de refroidir. Je comprend que les citoyens cherchent à avoir des garantie après ces 100 ans là. Mais cela résume assez bien l'étendu du problème des déchets radioactif et de leur coût. On sait les "gérer", mais pendant combien de temps …
D'oû le problème de coût ... comment chiffrer la gestion d'un déchets alors que celui ci ne sera traité que dans 1000 ans ou plus.

Terra | 06 février 2014 à 13h31
 
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En somme personne ne sait quoi faire des déchets! Mais en vérité le nombre de possibilités pour un stockage de TRES LONGUE durée est trés limité: impossible de les garder en surface, donc il faut les mettre dans le sous-sol depuis qu'on s'est interdit (un peu vite...) de les immerger dans les Fosses océanique sous des kilomètres d'eau.
Comme il ne reste que le sous-sol on a les choix suivants: 1° colis blindé posés dans une galerie rocheuse, 2°idem dans une mine de sel, 3° colis blindé enterré dans de l'argile.
Les solutions qui emploient des galeries ETAYEES n'offrent pas de garanties dans le trés long terme.
La confection des colis blindés pour en garantir la solidité ET la stabilité est un problème qui a des solutions dans la mesure ou on sait prévoir les risques présentés par les charges de déchets. La décomposition radioactive a ceci d'étrange qu'un métal peut se décomposer en gaz qui exerce alors une pression. Or RIEN n'arrête la radioactivité.
Certains demandent que les dechets ne soient plus transportés et restent sur place, ce ne peut pas être LA solution. Beaucoup craignent que "la mémoire des sites de stockage" s'efface. L'histoire nous montre que de grandes constructions peuvent traverser les siècles, il y a une piste explorer dans le cas des sites de stockages.

ami9327 | 15 février 2014 à 17h58
 
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