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Glyphosate : la Commission européenne veut prolonger son autorisation pour 10 ans

Bruxelles propose un renouvellement de 10 ans de l'autorisation de la substance herbicide glyphosate. Le texte sera une nouvelle fois soumis au vote des Etats membres. Les eurodéputés veulent peser dans le débat.

Agroécologie  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

La Commission européenne a décidé le 16 mai de relancer la procédure visant à renouveler l'autorisation de mise sur le marché de la substance herbicide controversée glyphosate, pour 10 ans, dans l'Union européenne. Cette substance active, notamment du Roundup de Monsanto, est la plus utilisée dans le monde.

Le 30 juin 2016, alors que l'homologation du glyphosate arrivait à son terme, la Commission avait décidé de la prolonger de 18 mois, faute d'accord trouvé par les Etats membres. Au sein du comité d'appel, présidé par la Commission, les représentants de la France et Malte avaient alors voté contre ce renouvellement. Sept autres pays s'étaient abstenus : Allemagne, Autriche, Bulgarie, Grèce, Italie, Luxembourg et Portugal.

Les commissaires européens ont donné leur accord pour "redémarrer les discussions avec les Etats membres sur un possible renouvellement de l'autorisation du glyphosate pour 10 ans", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la Commission. D'autant que cette dernière attendait le feu vert de l'Agence européenne des produits chimiques (Echa) qui a jugé le 15 mars que les connaissances scientifiques disponibles ne permettaient pas de classer le glyphosate comme substance cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction (CMR).

Chaque Etat membre garde le droit d'autoriser ou non l'utilisation de pesticides à base de glyphosate sur son territoire, a également rappelé la Commission.

Les eurodéputés reprennent position

Les eurodéputés socialistes et radicaux ont à nouveau dénoncé cette décision "au nom du principe de précaution". Le glyphosate est considéré comme probablement cancérogène pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer de l'OMS (Organisation mondiale de la santé). "Notre volonté n'est pas de porter atteinte aux agences européennes mais de connaître l'exacte vérité dans la conduite des études afin d'assumer au mieux notre responsabilité de co-législateur", ont déclaré les eurodéputés socialistes français Eric Andrieu et belge Marc Tarabella, membres de la commission Agriculture du Parlement. Avant de présenter sa nouvelle proposition, la Commission doit attendre que lui soit officiellement transmis le rapport de l'Echa, ont-ils souligné.

Le groupe socialiste proposera une question orale sur la question du glyphosate et des Monsanto papers avec une demande de débat à la Commission pour le 12 juin prochain, suivie d'une audition conjointe des commissions de l'Environnement et de l'Agriculture du Parlement. "Si nous n'obtenons pas une réponse satisfaisante de la Commission européenne, les socialistes et les démocrates, à l'unanimité, se sont accordés pour demander la création d'une commission d'enquête parlementaire ou d'une commission spéciale à ce sujet", ont ajouté les députés.

Le Parlement européen avait voté en avril 2016, en plénière, en faveur d'un renouvellement de l'autorisation du glyphosate pour 7 ans. L'eurodéputée Angélique Delahaye du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens), membre de la commission de l'Environnement, a appelé le Conseil des ministres de l'UE à prendre en compte ce vote. "Même si le glyphosate suscite des inquiétudes, il n'y a pas d'alternative économiquement viable et garantissant la protection de la santé humaine à proposer aux agriculteurs. Il est donc urgent de réfléchir à moyen et à long terme à la meilleure solution et ne pas s'en tenir à une simple opposition de principe. L'Union européenne doit débloquer des moyens financiers pour développer la recherche et l'innovation afin de trouver des alternatives", estime de son côté la députée française.

A l'instar des eurodéputés socialistes, l'ONG Générations futures a fustigé la position de la Commission qui " fait fi de l'initiative citoyenne européenne (ICE) qui a déjà recueilli 750.000 signatures en 4 mois demandant l'interdiction du glyphosate (…). La France a recueilli le nombre de signatures nécessaire (55.500)". Si l'initiative obtient un million de soutiens, la Commission disposera d'un délai de trois mois pour dire si oui ou non elle accède à la demande des citoyens européens.

Réactions1 réaction à cet article

 

Les groupes de pressions (pour parler français) vont-ils encore gagner aux dépens des générations futures ?

Pas besoin d’utiliser des saloperies avec la permaculture

Sagecol | 18 mai 2017 à 06h14
 
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